Tant de fils et si peu de couture, 2 (et définitif (?) car à trop attendre, on oublie, mais ça sera toutefois long)

(discographie Zero 7 en fond environnemental)

En juillet 1985, Michel M. réussit l’exploit de passer quasiment ses jours et nuits devant le Minitel, il n’a plus le temps d’aller bosser (comment une telle chose a t-elle pu être possible, deuxième mystère après celui de l’emprunt à son boulot de l’engin de perdition, ce Minitel de folie ?). Ainsi, à quoi occupe-t-il son temps ? A dialoguer sans cesse, avec tout un tas de gens qui se trouvent eux-mêmes face à cette extraordinaire découverte d’un moyen de communiquer aussi étendu qu’un désert tartariste, comme jamais on n’en avait eu depuis le début de l’univers post Big-Bang (pour sûr que ce n’était pas les néandertaliens qui auraient pu inventer un truc pareil, pardi).

Alors bien sur, comme avec tout nouveau média, ses utilisateurs se donnaient à fond là-dedans comme le font les fessebouquistes qui livrent tellement de choses d’eux-mêmes qu’il faut quasiment tout balancer dans leur compte pour trouver un os à ronger : Michel M. racontait sa vie en lisant celle des autres, il y avait des larmes et des rires, des angoisses et des rages, dégoûts et merveilles, tout plein de sentiments largement partagés et, en outre, exacerbés par l’âge des minitelistes d’alors (c’était aussi les débuts de l’informatique à taille humaine, en sus et mine de rien) dont la moyenne était proche des trente/trente cinq piges (l’auteur en avait à l’époque lui-même 25), des jeunots qui croyaient découvrir un nouveau monde, qu’ils pourraient évidemment dominer puisqu’ils en pratiquaient le tout nouveau média, pardi.

Photo de La Première rencontre miniteliste/lienne du serveur 3615 ANTIGEL dans un restaurant parisien, légendée au dos par un « dfreswkifg 1985 » : vu la tenue des gens, c’est l’été. Peut-être d’aucun/e protagoniste, ici figé/e pour une éphémère éternité, s’y reconnaitra-t-il/elle. Une chose sure : les pilosités exposées attestent que l’on se trouve bel et bien dans les années 80. Michel M., quant à lui, est caché par une femme, le résumé de toute la première phase de son existence quoi, jusqu’à ce qu’il comprenne le sens de sa vie ; mais ce ne sera pas avant sa quadragénèrité assumée, ainsi qu’ultérieurement narré dans ce blog, peut-être et encore que, bien et quoi que…).

Alors bien sur et bis, l’eau qui a coulé sous les arches n’ont laissé des triomphes envisagés que sables émouvants ainsi que souvenirs sans lendemain, forcément. Michel M. aura entre temps, et toutefois, rencontré la seconde mère d’un deuxième fils : peut-être qu’avec une troisième matrice aurait-il trouvé la solution idoine afin d’être géniteur d’une représentante du sexe féminin, cet éternel mystère féminin, afin de clore en beauté son rôle d’inséminateur. Car, bien qu’ayant été éduqué dans un gynécée constitué de trois soeurs, ainées, et d’une très méritante mère (reconstitution : le père a été « chassé » alors que le petit dernier, l’auteur, n’avait qu’à peine trois années, après qu’il ait copulé, le père, avec la meilleure amie de sa femme, la mère de Michel M., une femme trahie comme tant d’autres, qui dut par la suite, seule et, dans un premier temps, sans activité professionnelle ainsi qu’aidée par une minable pension alimentaire, s’occuper d’une telle progéniture (les oisillons qui réclament pitance au fond du nid ne représentent pas une trop forte métaphore, assurément)), donc, bien qu’ayant été éduqué dans un gynécée constitué de trois soeurs ainées et d’une très méritante mère, Michel M. ne comprend toujours pas grand chose au mode de fonctionnement du genre féminin mais, et cela doit être porté à sa décharge : l’irrationalité doit-elle obligatoirement être acceptée, bon sang ?

Au moins aura-t-il acquis cette certitude qu’entre lui, l’homme, et elle, la femme, il y a bien autant de différences qu’entre un paisible étang au fin fond de la Creuse et un vrombissant geyser islandais, palsambleu. Hélas, autant de certitudes (affirmativement) fondées du fait d’une observation impartiale, mais si peu de constatations étayées par une paternité monosexe (deux garçons, point de fille).

Et voici l’auteur aux prémices des années 2000 : sans déconner, d’une renaissance à cette fin de chapitre, 15 balais ont été évoqués (et non 15 chapitres ont été balayés, ah ah ah).

A suivre.

PDF24    Envoyer l'article en PDF