Par temps de vaches maigres, les chiennes font un idéal photogénique pis-aller : Ripley

Terreur d’un jour, cauchemar de toujours d’un cliché : mais quel est donc ce sujet canin qui ainsi ferait passer le père fouettard pour un aimable guignol ? Quelle est donc cette remarquable dentition, aussi pointue et prometteuse d’une mort certaine que fut aigüe la cigüe « offerte » à Socrate afin qu’icelui taise sa parole, auprès de laquelle celle d’un grand blanc de la pire humeur passerait pour aimable plaisanterie ?

Hé bien il ne s’agit ni plus ni moinsss que d’une jouisseuse Ripley, animal de compagnie de la brune, russe et mie de l’auteur, Elena A., alors que les caresses sur elle (sur Ripley, éminente représentante canidé, non pas sur Elena A., patentée représentante du sexe féminin) pleuvaient comme autant de moribondes feuilles racornies malmenées par un vent d’automne ainsi que choyant sur le corps alangui d’un innocent dormeur, allongé sous un lourd noyer à l’ombre si dense qu’un coup de froid est toujours craint par les mères de tout campagnard enfant sujet à fréquenter tel environnement.

Et maintenant, la même terreur, mais désormais en admiration devant son nouveau maitre (l' »appartenance » d’une chienne à sa maitresse devient rapidement dépendance à la présence de l’homme qui fréquente la susdite maitresse : ainsi est faite la nature, le fait est bel et bien là que la fidélité est un trait de personnalité aussi définitif que l’est la reconnaissance du ventre, pardi), c’est à dire Michel M. en personne lui-même-t-il, et je.

Regard éperdument intense : au moindre mouvement, et quand bien même fut-elle quasiment paralysée du train arrière, Ripley suivra jusqu’en enfer (enfin, il s’agit d’une métaphore, l’enfer et Dieu n’existant évidemment pas ni l’un ni l’autre) son nouveau maitre, Michel M. en l’occurrence.

Ainsi donc en est-il de la fidélité d’une femelle (terme, ceci étant, réservé au monde animal chez les latins, mais uniformément usité pour les humains et les animaux chez nos amis anglo-saxons : à chacun de s’en faire une opinion pardi, mais, tout de même…), mais sans doute peut-on extrapoler sur le fait qu’il puisse se produire la même chose avec un mâle, allons allons : il est indéniable que celui qui a le plus bel organe se fait indubitablement obéir. Hé oui, c’est la plus grosse voix qui fait assurément vibrer en profondeur son âme au chien.

On bascule désormais du côté de l’ex femelle de l’auteur, c’est à dire du côté de Torpille, ex chienne de sa vie antérieure, c’est à dire de francilien du Nord (mais toujours en vie à ce jour).

Mais c’est à suivre : il est tard, la journée a été travailleuse ainsi que la soirée musicale*.

(« How The West Was Won » & « Houses of The Holy »)

 

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