Par temps de vaches maigres, les chiennes font un idéal photogénique pis-aller : Torpille

D’une magnifique chienne Golden Retreiver qui, bien qu’à moitié paralysée du train arrière (l’expression fait certes un tantinet médicale, mais il faut tout de même savoir que lorsque l’on évoque un chien, il est de bon ton de ne pas utiliser des termes trop liés à l’humain ; ou alors, c’est que l’on bascule dans l’anthropomorphisme façon mémère et pépère qui cause-cause à son chien-chien ; quoi que, bon nombre de personnes bien moins âgées que cela versent elles aussi dans cette tare absolue, selon l’auteur, qui consiste à tenir à son animal de compagnie des discours structurés, avec sujet + verbe + complément d’objet (in)direct, alors que cette bestiole ne doit entendre, pour son équilibre psychologique, que des ordres bsiques pour ne pas écrire binaires façon : oui, non, avance, stop, dégage, viens-là, la ferme etc.), fait bonne figure dans la rue, Michel M. va s’attaquer à un bon bâtard des familles, à un truc aussi improbable qu’un croisement entre un Basset Hound…

et un Labrador…

Ah ! Mais si, c’est parfaitement possible et ça donne même cela :

Alors bien sûr, Torpille approche désormais allègrement les quatre vingt balais tout de même, elle n’est plus de toute première fraicheur, elle n’est plus aussi svelte et touchante qu’il y a ne serait-ce que… deux années plus tôt :

époque lors de laquelle la moindre de ses cavalcades (oui oui, elle courait en ce temps-là) faisait trembler le sol lorsqu’elle vous frôlait, manquant de vous faire choir, la bougresse, pour peu qu’elle rata son virage…

Hélas, le poids du temps aidant (mais pas que ce poids-ci), elle s’est transformée en un véritable tonnelet sur pattes, au point de ne plus pouvoir se rouler (c’est paradoxal, certes, mais c’est ainsi) ni se gratter ni rien d’autre que de se poser sur le ventre quand elle est fatiguée, comme ci-dessous :

Imagine-t-on seulement la torture endurée, à ne plus pouvoir se gratter lorsque la mord une puce ? C’est trop horrible, et le fait que Michel M. ait quitté son ancienne maison lui épargne ces moches pensées.

A ce propos, il est intéressant de noter que le proverbe  » Loin des yeux, loin du coeur «  se vérifie vis à vis d’un chien, quand bien même est-il adoré lorsque l’on vit sous un même toit. Elena A. avait dû se séparer pendant six mois de sa chienne Ripley, alors que l’auteur était déjà installé à Paris : tous deux s’étaient séparément faits la remarque selon laquelle l’absence de la bête ne se faisait assez rapidement plus sentir, au point de totalement oublier qu’on avait eu un animal de compagnie, pourtant bien encombrant dans un intérieur lorsque l’on manque de se casser la figure en n’ayant pas vu que la sale bête était dans le passage, pardi. Et cela, cette absence de manque, sans en ressentir une quelconque culpabilité pour deux ronds : c’est juste que c’est comme ça, comme quoi on pense être attaché à son animal de compagnie, à en crever dans le cas d’une maladie, ou bien de sa brutale disparition, mais en fait il n’en est rien, la trépidante vie nous entrainant dans son maeström de vicissitudes et autres incessantes car permanentes sollicitudes…

Dorénavant, Torpille vit toujours à Herblay et Michel M. la retrouve lorsqu’il passe saluer son ex compagne et son fils cadet, Kévin M., mais l’affection s’en est bel et bien allée : la bête vient saluer son ancien maître, icelui lui gratouille les dessous de pattes (TOUS les chiens adorent cela : ça et le bas du dos, à la base de la queue). Bien entendu, s’il avait dû la récupérer dans son appartement parisien, les choses eurent été différentes, mais c’est ainsi : la bestiole finira par casser sa truffe, et cela tournera définitivement la phase propriétaire d’un cabot qui fut le lot de l’auteur durant près de dix années de joie, de peine, d’engueulades, de ramassages de crottes et/ou vomis dans le salon au matin, avant d’aller bosser, un véritable régal, sans compter les douches obligatoires consécutives à un roulage dans la merde bien pourrie qui trainait là dans l’herbe lors de la balade, infâme habitude propre aux chiens dit « de chasse » parait-il (sans compter que, bien souvent, ils la boulottent la selle ainsi laissée là, ces fumiers) et que Torpille souhaitait se mettre comme parfum sur le cou, la chienne !

Il va sans dire que lorsque la bête mourra, Michel M. se fera un plaisir/devoir d’écrire une bafouille saluant cette chère présence passée, qui lui permit de se promener dans les bois alentours plutôt que de rester vautré sur le canapé à faire du gras en regardant la téloche, bon sang de pal(pedigree)sambleu.

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