Beaujolais & maires (Ibrahim Maalouf * + Robert Wyatt * + Talk Talk * & Mark Hollis + Stephan Eicher en fond musical, c’était du lourd, indubitablement)

D’un côté, il y a ces deux êtres dont le doux sentiment amoureux ne peut en aucun cas passionner plus de 1 % de l’humanité tant les gens heureux ne sont pas intéressants pour le commun des mortels, forcément malheureux et envieux, ce qui représente tout de même un fieffé paradoxe puisque la culture émotive humaine est essentiellement constituée d’histoires d’amour qui mettent en scène un couple hétérosexuel (bon sang que ça va devenir démodé, palsambleu) dont l’aventure confine au symbole éternel vers lequel est sensé tendre l’humanité ; d’un autre côté, il y a ce vieux bonhomme, cette encyclopédie vivante, cette source d’anecdotes toutes plus désuètes les unes que les autre, et pourtant relatives à une histoire politiquement humaine animée par des gars doués d’esprit, à défaut de convictions pour les moins bons, une histoire politiquement humaine qui se situe à des années lumières de celle déballée actuellement, qui voit de sales types uniquement mus par cette insoutenable transparence et bestiale envie d’être le premier, qui n’ont aucun mérite, aucune ossature, qui ne sont que des loques pétries d’arrivisme, et qui parviennent, justement grâce à cela, à pérorer sur de médiocres médias ayant pignon sur rue, dirigés par leurs jumeaux avides à leur tours de retour d’ascenseur. Leur sens de la vie, quoi…

Une honte pour certains, un délice pour d’autres : chacun sa bouteille de jaja (et les deux furent sirotées) en ce samedi 17 novembre 2012, du côté de Châtillon, histoire d’honorer le cru 2012 : cette propriété propose un excellent breuvage, indubitablement. Seulement, achetée 6,30 euros la bouteille à prix coûtant (selon le patron du Café du Musée qui la propose aussi) et vendue 24 au restaurant de Châtillon, la culbute est remarquable de la part du restaurateur, qui néanmoins se plaindra de la dureté des taxes et tout ça… SALE VENDU, va !

Heureusement que l’existence michèlémienne est dorénavant imbibée de et par la présence d’Elena A., de et par cette représentante de l’autre sexe, autrefois genre irrémédiablement considéré comme source de tous les maux, d’un létal concessionnisme, archétype de la nuisance faite à l’homme (et à la femme, peut-être : mais c’est à elle de le démontrer ceci étant, Michel M. ne cause ici que de ce qu’il sait être vrai pour lui) par la morale sociétale selon laquelle il faut être à deux pour vivre au mieux cette existence impartie, être deux pour assumer cet incontournable dessein dont la procréation est l’ultime but…

Point d’issue pour celui ou celle qui ne souhaite pas procréer, suspicion envers celui et celle qui optent pour le célibat (donc solitude choisie, bon sang !), bien plus souvent jugé comme prison plutôt que comme liberté par ceux-là mêmes qui se sont goulument enfermés dans la norme du couple, meilleure solution pour ne pas être soi-même, l’une des plus belles morts de l’individu qui soit, éminemment encensée par les morale et religion universalistes (essentiellement occidentales semble-t-il), sous prétexte d’une symbiose annoncée comme étant à même de répondre au mieux à la perpétuation de l’humanité, mais si peu vécue par la multitude ou alors, au prix de tellement de sacrifice et autre mensonge sur soi que l’on finit par ne plus exister.

Michel M. hait cette imagerie du couple modèle qui voit tant de gens rester muets face aux travers de l’autre par crainte de le blesser, là où se taire est le terreau du reproche  : dire, c’est respecter et taire, c’est mentir (marronnier michèlémien, au demeurant).

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Heureusement que l’existence michèlémienne est dorénavant itou « encombrée » par la présence d’« Atchoum », ce druide toujours « en fonction » qu’Adrien Marulier-Grandmesnil, ô combien atypique personnage, certes, mais les fréquentrices et teurs de l’endroit sont, depuis quelques temps déjà, au fait de cela : les photographies régulièrement exposées ici-même dudit AGM font foi de cette (omni)présence aux côtés de l’auteur, du lundi au vendredi, du druide du VIIème.

Maintenant, que Michel M. en profite pour y trouver de quoi alimenter son blog par quelques considérations par forcément amènes vis-à-vis dudit druide, il n’y a pas là de quoi le rendre malhonnête ni médiocrement moqueur à son endroit, certes non : Adrien G-M. est le premier à montrer à son nouveau secrétaire (en a-t-il seulement disposé d’un, un jour ?) à quel point il aime la relativité des choses : encore aujourd’hui lui a-t-il rappelé que tous deux devraient travailler la semaine prochaine sur le texte de son oraison funéraire.

Vendredi matin, dommage collatéral consécutif à une participation assidue au congrès des maires : à peine arrivé dans le bureau de Michel M. (qui, pendant ce temps, prenait son café avec quelques collègues, histoires de se préparer pour cette nouvelle et dure journée de labeur), Adrien G-M. pique un roupillon.

Alors que l’auteur réintègre son bureau, il tombe sur cet homme sans domicile fixe à qui il a volontiers prêté une place dans son bureau : c’est bel et bien du 50/50 qui est ici institué, quand bien même Michel M. doit-il être vigilant du fait de certaines propensions, chez le druide Adrien, à s’étaler bien plus que la décence qu’il s’autoriserait s’il avait un durable chez lui…

Des milliers de bouts de papiers : il peut en jeter des tonnes un jour, le lendemain il en trimbalera autant. Depuis le début de leur rencontre, Michel M. pense à un escargot lorsqu’il voit cela : quelle triste vie de l’homme que celle qui en voit un traîner derrière lui son existence constituée d’une valise pleine de papier qui, seulement pour lui, ont une raison d’être.

Nous vivons tous la même situation, sauf que nous les rangeons, ces papiers, ces photos qui nous racontent, nous les mettons de côté jusqu’à ce que, après notre mort, ils deviennent le témoignage de ce que nous avons été dans notre existence auprès de ceux qui rangent ces papiers, ces photos qui nous racontent, alors que notre lieu d’habitation doit être rendu/vendu.

Mais en attendant, il faut assurément que Michel M. soit bel et bien vigilant s’il ne veut pas se faire envahir par cette grandissante cellulose dans son bureau tel un sournois Blob : au vu de cette image, il est certain que le danger est dors et déjà présent et que s’il n’y prend pas garde, il ne pourra plus travailler dans de dignes conditions un de ces matins, tant le capharnaüm aura gagné, bon sang. La limite est constituée par ce panier en métal que l’on devine en bas de la photo à gauche et qui ne doit contenir que des demandes de travaux  faites auprès de Michel M. : à deux reprises déjà, il a du virer des choses appartenant à M. Adrien G-M. Va-t-il devoir élever la voix sur ce petit grand homme afin qu’il cesse son développement hyperbolique ?

A suivre, assurément.

Mine de rien, il aura fallu près  de six heures à l’auteur pour rédiger ce truc (éminemment sans intérêt, c’est sa griffe), sous la très haute inspiration musicale des artistes ci-dessous mentionnés : on est à des années lumières et sonores de certains sons métalliques choisis pour d’autres billets, palsambleu : Michel M. a toujours été très éclectique dans ses goûts musicaux, une autre de ses signatures (pour ne pas écrire « empreinte », tant il a su amener des millions d’individus de par ses relations à s’ouvrir l’esprit sur des sonorités néanmoins pas toujours aisées, ainsi qu’essentiellement non commerciales, donc parfaitement novatrices, ceci écrit en toute modestie, qui est la troisième et dernière caractéristique michèlémienne révélée (ou réaffirmée) ici cette nuit/ce jour).

Six heures pour ça, c’est dire à quel point il a du erré en des éthers sonores bien lointaines du (non)sujet évoqué ci-dessus… Passionnant, non ?

A suivre, mais oui mais oui.

* Ibrahim Maalouf :  » Diagnostic  » (2011) – Robert Wyatt :  »  For The Ghosts Within  » (2010) –  Talk Talk :  » Spirit of Eden  » (1988),  » Laughing Stock  » (1991)  » – Mark Hollis :  » Mark Hollis » (1998) – Stephan Eicher :  » L ‘envolée  » (2012)
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