Pas assez spiritualiste, le Michel M.

A force d’attirer à lui les gens comme un jeune vicaire fraichement installé des nuées de bigotes du fait d’une puissante personnalité pour l’auteur et d’une sainte curiosité de la part des susnommées quant au fait que ce sera désormais à ce nouveau confesseur qu’elles devront révéler leurs turpitudes existentielles, Michel M. a fini par trouver sur son cheminement intellectuel un représentant du monde des chapelle-confrérie-association-syndicat-complots et autre regroupement d’individus. Non pas qu’il n’ait jamais rencontré de croyants, syndiqués, complotistes et tout ce folklore réunissant des personnes qui ont l’instinct grégaire chevillé au corps tant la crainte de n’être qu’eux mêmes les terrorise (appartenance à un groupe sous prétexte d’oeuvrer pour le bonheur du monde, comme de bien entendu), mais c’est juste que pour la première fois (et la dernière parait-il avec ces gens-ci), Michel M. a été « officiellement » approché par un frère (un franc-maçon, quoi) en vue d’une intromission* au sein de la loge à laquelle il appartient.

L’auteur, bien qu’en son for intérieur quelque peu flatté par cette proposition, n’y réagit pas plus que cela, se soupçonnant éminemment trop indépendant d’esprit pour sacrifier à toute appartenance à un groupe quel qu’il soit, avec ce que cela implique comme obligation à suivre un protocole, respecter une hiérarchie, en accepter les règles sans moufter enfin bref, tout ce contre quoi s’est (dé)battu Michel M. depuis une bonne dizaine d’années, c’est à dire lorsqu’il entama sa mue qui le fit passer d’un état d’homme normal au sein d’un couple (soumission, lâcheté, frustration, adultère, mensonge, crispation, cri, rage puis… rebelote) à celui d’un électron libre au dilettantisme (de plus en plus) affirmé : ne rien prendre au sérieux, surtout pas soi-même, ne rien n’attendre de rien ni de personne en prenant garde à ne pas emmerder autrui, et ne plus ressentir d’enthousiasme pour quoi que ce soit, les choses de la vie se déroulant de toute manière avec ou sans nous et certains sentiments irraisonnés étant générateurs de perturbation superfétatoire. Que les lectrices et teurs ne s’offusquent pas inutilement : cette attitude n’est pas négativiste pour deux ronds. Bien au contraire, puisqu’elle est en phase avec l’univers (rien que ça), c’est à dire ni bonne ni mauvaise, ni joyeuse ni triste, ni neutre façon le légiste qui a à faire son boulot sans faire de sentiment, ni impliquée comme la bigote avec ses apprentis communiants.

Un frère qui vous approche (le parrainage est obligatoire), cela implique habituellement une enquête sur vous, qui se déroule apparemment sous la forme d’entretien individuel approfondi (dans le cas de la GLNF). Du fait du grade du frère en question, Michel M., qui ne lui demanda jamais où en était cette affaire (il posa deux questions en l’espace de deux ou trois mois : « qu’est-ce que je peux apporter à la F-M. ? », suivie de son corollaire quelques semaines plus tard : « Qu’est-ce que la F-M. pourrait bien m’apporter ? », autant préciser aux lectrices et teurs qu’il n’y a pas de réponse), n’eut à subir aucune entrevue : il semble bien que ce frère seul fit sa propre enquête sur l’auteur.

Sa conclusion est tombée tout récemment, émise lors d’une rencontre au quotidien autour d’un café : pas assez spiritualiste, le Michel M. Cela ne fit ni chaud ni froid à l’auteur qui n’avait rien demandé. En revanche, il réfléchit à la raison invoquée et finit par avoir sa propre opinion quant à cette prévisible fin. Certes, Michel M. n’est pas croyant, il est même franchement athée, allant jusqu’à régulièrement proférer que Dieu n’existe pas, ce qui doit en heurter un certain nombre, il s’agit en effet d’une forme de provocation : mais qui s’occupe de l’athée qui chaque jour se voit confronter à l’omniprésence d’une religion qui a imprégné l’esprit commun au point que bien des tics de langages en sont pétris, hein, merdalors ?!! Aussi, que cette approche un chouïa agressive de l’athéisme ait chagrinée le parrain n’est en rien étonnant, ni qu’il s’en soit servi afin de laisser tomber cette intromission putative. En revanche et ce qui laissa dubitatif Michel M., c’est que son profil était connu depuis belle lurette par le frère, que sa misanthropie affichée n’était pas une posture (ce frère-ci connait parfaitement l’histoire de la SDSAR, il a même été destinataire de certains des derniers tomes « publiés »). Aussi, en fait d’un manque de spiritualisme chez lui, c’est évidemment son âme puissamment réfractaire qui lui aura fait manquer/éviter la chose franc-maçonne. Ainsi, réfractaire à quoi ? A l’autorité autoritariste, à la religion qui asservit, au fanatisme qui rend fou, à la permissivité qui rend mou, à l’incivilité qui rend pourri, à la bien pensance qui rend faux-cul, à la fabrique du consentement qui rend moutonniste, liste non exhaustive tant nombreuses sont les raisons d’être sur le qui-vive.

Difficile d’imaginer qu’une confrérie dans laquelle les rites sont omniprésents, la hiérarchisation très poussée, les obligations diverses éminemment contraignantes (c’est à lire ici) pour un séditieux (selon l’avis du druide Adrien G-M.) puisse accepter en son sein un empêcheur de tourner en rond comme Michel M. Qu’importe, ce non évènement est conforme à ce que l’on pouvait attendre d’une telle rencontre entre un ordre très structuré et un esprit libre comme celui qui meut l’auteur…

Dès lors, quelle pourrait être la prochaine rencontre, palsambleu : avec celui qui n’existe pas peut-être ?

2013_01_Dieu-MichelM

A suivre.

* Néologisme michélèmien à haute valeur ajoutée du fait de ce qu’il évoque à toute oreille un tantinet au parfum quant aux conséquences consécutives à tout embrigadement (et quand bien même la sodomie n’en ferait pas nécessairement partie). L’intromission fut inventée en 2007 par les membres fondateurs de la société discrète Sectis adorem rectum, société à but parodique s’il en fut. Il s’agissait d’un rituel bidon lors duquel le candidat Mais ces choses sont à lire dans les tomes 1 & 2 des « Actes des SAR » car développées par Michel M. En vrai, on dit  » initiation « .
PDF24    Envoyer l'article en PDF