Matérialisme spiritualiste (photo à l’appui) : environnement « Geek » d’un quinqua ou non ?

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Que les émules michèlémiennes sachent que jouxté à ce cliché, pulse dans ses ouïes à l’auteur les albums « Birds of Fire« , suivi de « Visions of The Emerald Beyond«  (son préféré) du légendaire Mahavishnu Orchestra (enfin, « légendaire » tout au moins pour les quadragénaires au minimum car en-deçà, la référence est indubitablement cacochymesque pour peu qu’elle en soit seulement une) : ainsi seront-elles à même d’imaginer l’ambiance éhontément masculiniste ainsi que péniblement glaciale (pléonasme ?), puisque sommet dans ce genre musical que l’on étiquetait alors « Jazz-Rock », mais devenu par la suite « Fusion », peut-être parce que ce terme possédait une connotation plus lyrique, mais qu’importe, puisque cette veine depuis belle lurette disparue (aucun regret dans cette constatation) est totalement inaudible en ces belles années 00 qui ont vu les directeurs financiers définitivement détrôner leurs homologues artistiques afin d’étendre leur main-mise sur l’art musical jusqu’à ne plus qu’en faire un produit de consommation courante, juste bon à générer des retours sur investissements par le biais d’une lancinante radiodiffusion façon gavage de cerveau, qui moins est servie par des émissions télévisuelles avec recyclage d’ancienne « gloire » à la clef venues cachetonner là comme autant de nécessiteux prématurément sevrés, pauvres coquilles vides à l’imagination à jamais tarie tant elles ont été pressées par ces financiers sans vision, ainsi va le monde et c’est ça la modernité mon pote, éhontément masculiniste ainsi que péniblement glaciale qui fait se retourner Michel M. vers sa si lointaine adolescence : ne jamais oublier ce que l’on fut afin de bien comprendre ce que l’on est par le chemin parcouru.

Allez, fissa l’ami de ces stylesques salmigondis, place désormais au corps du billet en lui-même et, présentement, en cet édifiant cliché qui pourrait logiquement en édifier plus d’un parmi les jeunes gens, tant ce qu’il expose leur est connu (mais la logique a-t-elle ici sa place quand, chez ces « futurs maitres du monde », décideurs endoctrinés par La Fabrique du Consumérisme (aucun lien à suivre car chaque lien mène au nombrilisme d’un bloggeur, pardi) chez qui le paraitre (au détriment de l’essence ?) est à ce point vénéré (fessbouquiste grégarité oblige) qu’en d’autre caste, l’actuelle régnante sur une civilisation décadente, à l’image d’une Rome corrompue qui brûle, l’est le pognon) Michel M. faisant ici allusion à ces jeunots « futurs maitres du monde », vingtenaires ou trentenaires consumés (et patentés consuméristes), imbus de leur parfaite connaissance du monde numérique (maitrise bien bancale car tellement détachée du concret), univers qu’ils imaginent entièrement entre leurs mains tant ils ont la certitude d’en connaitre les moindres arcanes puisque maitrisant sa technologie numérique, mais frêle rempart face au risque permanent de mise en abîme de soi quand il faut se dire à l’autre, s’exposer aux yeux d’autrui jusqu’à se toucher, quand il leur faut s’investir dans l’univers du sentiment qui souvent blesse hélas, mais sans blessure point de progression dans la connaissance de soi.

Cliché ci-dessus : comment un vieux gars de cinquante deux balais peut-il ainsi se mouvoir dans un univers aussi « geek » (« passionné » en français, mais cette définition parait bien palote au regard de la symbolique que trimballe le terme, jamais bien loin de l’insulte, au demeurant) ? Ni plus ni moinsss que l’aboutissement de la première et plus longue partie d’existentielle vie de l’auteur, après avoir été foudroyé par l’amour à dix huit ans, après avoir été père une première fois à vingt-et un an, divorcé à vingt-cinq, à nouveau père à vingt-huit, tout ça pour en arriver à se retrouver « seul » par choix car nécessité, avec pour compagnon de semaine un ordinateur transportable épaulé par un matériel de haute-fidélité enfin adapté à ses souhaits.

Aparté : voici certes là deux objets appartenant à un monde très matérialiste et technophile, mais outre le fait qu’il n’a jamais été question pour l’auteur de systématiquement cracher sur les bienfaits d’une confortable modernité, la présence de l’ordinateur permet à Michel M. d’animer le présent blog (ce qui génère bon nombre de réflexions michèlémiennes du plus haut intérêt) quand le matériel Hi-Fi nourrit lui aussi son âme par des sentiments venus parfois de très loin dans son passé et qui, eux aussi, lui donnent un plaisir intellectuel certain.

Michel M. ne triche pas lorsqu’il répond, à qui lui demande comment il va, qu’il est un homme heureux, épanoui et serein, quand tant autour de lui se plaignent de leur vie alors qu’ils possèdent le même environnement, et plus encore… Ces gens-là attendent toujours plus, ils n’ont pas réagi afin de ne plus se sentir mal dans leur existence une fois pour toute : la peur de la solitude est un frein redoutable. Pourquoi la solitude ? Parce que selon l’auteur elle seule permet de se trouver soi-même : ne compter que sur soi, ne plus se reposer sur personne d’autre que soi, voici les clefs de la liberté, de sa liberté. Cela fait des années que sa vérité se dessinait en lui sans qu’il ne puisse la saisir. Il lui aura fallu une bonne dizaine d’années pour qu’elle murisse, pour qu’il devienne cet homme transformé, un travail sur soi qui ne cesse toujours pas d’ailleurs, car la mutation n’est pas achevée et peut-être ne cessera-t-elle qu’à l’heure de sa mort.  » Qu’importe la fin du chemin, puisque ce qui est important, c’est le chemin « , Gilbert T.

Après avoir regardé la photographie ci-dessus exposée et s’être fait la réflexion selon laquelle il n’était peut-être pas si loin que cela de vivre dans un univers geek plus ou moins affirmé, il chercha un test de mesure de sa geekitude sur le net, qu’il trouva immédiatement. En voici le résultat.

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Conclusion : Michel M. est Geek à 16,5 %.

Et c’est tout pour ce soir car il est bien tard en vérité.

A suivre, probablement.

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