Château de Vincennes à la russe avec 18 clichés (en tout) à la clef (mâtin, quelle pléthore !) et logorrhéique epiphrase, part. 1/2

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Après un petit-déjeuner hautement calorique façon « continental » (c’est à dire salé sucré et plus si affinité) avalé par Oleg A. & Svetlana P. (amis moscovites déjà fréquentés ici-même, à retrouver sur le blog du côté du mois d’août 2012 pour les plus avides de michèlémisme parmi les plus curieuses des émules michèlémiennes et / ou pour celles qui n’ont toujours pas téléchargé l’édifiant livre premier de l’auteur « Michel M., Une existentielle vie« , qui n’est autre que la version papier du blog courant sur une période de plus ou moins six moins), François B. (non visible dans ce billet bien que présent à cet instant chez Elena A., mais sa (re)venue dans la vie de l’auteur fera l’objet du prochain billet, lui aussi tout plein de photographies) et les deux héros de l’aventure michélèmiste, Elena A. et Michel M., le troisième prend congé des quatre autres qui ont prévu d’aller visiter le château de Vincennes.

Le temps de sortir Ripley puis de lui prodiguer quelques gentillesses,

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de filer un coup de main à Svetlana P.,

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puis de poser pour le Nikkon D800 de son mari Oleg A. (en Russie aussi, les femmes peuvent garder leur nom de jeune fille après mariage), la troupe est prête pour affronter les frimas vento-neigeux d’une fin de semaine placée sous le haut patronage d’un hiver qui n’a pas donné son dernier feu.

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La suite (après trois jours de latence tout de même : les fils de conversation de marianne.net seraient donc à Michel M. à ce point plus intéressants que la rédaction de son propre blog ? Bon sang, tout fout le camp : c’est véritablement la crise pour tout le monde, palsambleu !).

Ainsi (la narration reprend ses droits après quelques auto-flagellations bien appuyées), une fois la chienne Ripley rassasiée de caresses et débarrassées de ses déchets organiques, les quatre touristes d’un samedi s’en vont à Vincennes afin d’y visiter son château. Pour ce faire, ils utilisent l’automobile du narrateur, tant sont vifs les frimas et tellement il serait crétin de perdre du temps dans dans les transports en commun lorsque l’on dispose d’une voiture aussi confortable qu’un Citroën Picasso de 2006 (+ ou – 92 500 km au compteur, très bon état général et révisions annuelles dûment effectuées par un agent de la marque aux chevrons et avec factures à l’appui, mais de tout façon Michel M. ne compte pas le vendre dans l’immédiat). Et pour ce qu’il en est de la pollution au gazole, il s’en tape ses deux coquillards, car après lui le déluge, et comment d’abord, non mais oh, HE.

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Mais, c’est arrivée sur place que la troupe s’aperçoit à quel point il caille, nom de celui qui n’existe pas ! Et là intervient cette notion, relativement nouvelle au demeurant, à laquelle les services météorologiques habituent désormais le commun des mortels. Michel M. aborde ici la notion de différentiel entre ce qui est envisagé et ce qui est réel, entre un froid mesuré et un froid ressenti. Et là, Michel M. arrête la déconne parce que c’est du sérieux, les gars, parce qu’on doit s’imaginer se trouver soi-même seul face aux éléments naturels, à l’instar d’un sans domicile fixe qui est aux premières loges quand il saisit qu’on se fout de sa gueule quand on lui annonce, par le biais du torche-cul quotidien, généreusement distribué chaque matin des jours ouvrables de la semaine ainsi que toute l’année (excepté les mois d’été, car en été, la désinformation du peuple s’arrête à profit des congés payés (enfin pour ceux qui peuvent, et y’en a de moins de moins à ce qu’il parait, c’est bien bizarre en vérité), distribués, donc, par des à peines mieux lotis que le SDF ci-dessus évoqué car payé au lance-pierres, mais la n’est pas le propos. Bref, il y a le froid qu’on lit dans le journal, qu’en entend à la radio et qu’on voit à la téloche : « Oui alors demain, on attend un petit moins deux degrés sous abri (ça, c’est trrrès important, le coup de l’abri ; seulement au début, on n’y prête pas attention et c’est un tort) ainsi qu’une ‘tite bise d’Est bien désagréable, et patati et patata… ». « Et bien alors quoi, pourquoi il précise sous abri », se dit le SDF innocent ? Et c’est là que tout se révèle. L’auteur, décidément en logorrhéique verve ce soir (ça valait le coup d’attendre n’est-ce pas, chères émules ?) s’en vient jouer tantinet de sa avec lyre politique à la ramasse (pléonasme au demeurant, mais comme il parait que « la politique » c’est un truc sérieux, Michel M. ajoute « à la ramasse » pour faire le teigneux, ben tiens il va se gêner).

Prenons la brave vieille dame qui doit aller à la poste récupérer sa pension de retraitée, pour laquelle est a cotisé durant toute sa vie « active », pour laquelle elle a payé des impôts sur ses revenus salariaux durant toute sa vie « active » mais sur laquelle elle paye désormais encore des impôts (merci qui ? Ce brave et si sympatoche J.C. (l’autre), mais ça, c’est de la contestation, à la ramasse itou) dans la dernière partie de sa vie, l’inactive donc. Enfin bref, elle doit y aller quoi.

Manque de bol, comme elle écoutait la radio, lisait les torche-culs et regardait la télévision*, ces fenêtres et autres ouvertures sur le monde du dehors dans lesquelles on (lui) disait que les gens comme elle « ressentent un sentiment d’insécurité » (et pas que pour aller récupérer son pognon, hein, car elle, c’est tout le temps qu’elle le ressentait, ce truc pas plaisant ; mais bon, comme elle est morte depuis, tout va mieux pour elle et c’est tant mieux car il ne s’agit, pour Michel M., que d’une extrapolation limite métaphorique, d’un exemple utilisé afin de corroborer ses écrits sur le froid et le SDF, ni plus, ni moinsss, mais attends, ça vient).

Aussi, cette brave gentille petite vieille dame si menue (toutefois capable des pires saletés quand elle et ses pairs sont en nombre) doit-elle donc se rendre à la Poste. Après avoir descendu les 7 étages d’escaliers de son modeste 12,7 m² en vingt-et-deux minutes douze secondes (un record de vitesse pour le coup, précise l’auteur), elle entre-baille la (très lourde) porte de l’immeuble de ville faite de métal et de verre, le tout pesant bien ses deux cent trente milles grammes à bout de gonds et de groom, et regarde à gauche, à droite, en haut, en bas enfin bref, elle se rassure quant à la non présence proche de louches loustics à même de la suivre afin de la dépouiller : c’est ce que l’on appelait alors le « sentiment d’insécurité » car en vérité, elle demeure dans un quartier bien tranquilliste de la ville ; et puis il y a des caméras tout partout qui rassurent abondamment les habitants du coin. Bien : son repérage fait, la vieille peau s’extrait de sa forteresse puisque ses yeux lui ont prouvé qu’il n’y avait rien à craindre, mais pour le moment seulement car en effet, ses yeux lui disent quelque chose mais le cerveau lui commande d’être trouillarde, et c’est comme ça que se concrétise le « sentiment d’insécurité », un truc irrationnel quoi et pourtant, et pourtant…

Le voyage jusqu’à l’agence postale (qui va bientôt fermer car non rentable désormais, mais ce n’est pas grave puisque le protagoniste, si brillamment mis en branle par Michel M., ne verra pas cette fermeture se produire du fait qu’il claquera avant) se déroule sans encombre, des habitués du coin l’ont même saluée : elle en eût été ravie si sa trouille ne la chevillait pas au corps comme la bobinette qui a chu laisse béante la porte de son angoisse.

Au guichet, on lui file son flouze son encombre : elle est aussi connue que le loup blanc, dont elle a emprunté la couleur par sa chevelure, et même sans carte d’identité, on la lui donnerait sa pension. C’est ce qu’on appelait « le commerce de proximité » qui aidait au lien social, des concepts d’une absolue désuétude puisque d’avant l’économie mondialisée qui est bonne pour l’homme mais qui l’a rendu si dépendant et si fragile (paradoxe ? Mais nan, paradigme, truffe !).

Voici donc notre retraitée veuve et toujours valide ainsi que brave vieille dame qui doit incontournablement inspirer de la gentillesse à son endroit sur le chemin du retour avec, et plus que jamais, son « sentiment d’insécurité » qui l’imbibe comme une éponge aspire l’eau jusqu’à s’y noyer. Et c’est là que, d’un sentiment, on bascule dans l’insécurité réelle : au détour d’un coin de rue, elle se fait taper par deux gars encapuchonnés, scène néanmoins dûment filmée par l’objectif d’une caméra bien placée mais d’une hurlante inefficacité (ben tiens, les caméras c’est fait pour rassurer les imbéciles, ça ne remplacera jamais la peur du flic sur patte, pardi !). La malheureuse, choit telle la bobinette et se cogne durement le crâne sur le sol pendant que les deux fumiers cavalent dans l’anonymat de leur terrain de prédilection, la ville, avec le sac de la mourante.

Voici donc comment on bascule d’une angoisse qui ne correspond à strictement rien d’autres qu’à un discours anxiogène servit à longueur de propagande par les médias quand en simultané, on détruit l’esprit civique et les moyens de le faire vivre et être respecter par chacun, dusse-t-il être épaulé par la présence de flic au minimum, à un fait divers des plus banals.

Et alors, quid de ce SDF et de son vrai / faux froid ? Hé bien c’est le même principe : on lui dit qu’il va faire froid, on le prépare à un truc contre lequel il pense s’être prémuni mais une fois advenues, les conditions s’avèrent bien pires car la réalité, c’est un vent glacial qui transperce la double épaisseur de carton dont il s’est entouré et le ressenti lui fait penser à une température plus proche des moins quinze plutôt qu’à « un petit moins deux degrés sous abri ». « Ah les cons ! », se fait-il la réflexion juste avant de sombrer dans un ultime sommeil, car en sus du froid pénétrant environnant, la bouche d’aération du métro sur laquelle il se croyait en sécurité calorifique se révèle bien peu efficace : sans doute un employé zélé de la RATP aura-t-il fermé un sas et, se faisant, interrompu le doux zéphyr sous lequel le pauvre gars sans domicile fixe avait cru trouver son salut ou, plutôt, de quoi survivre une nuit de plus…

Les quatre touristes qui se sont extraits de l’automobile afin d’aller voir de plus près ce château ne sont pas nés de la dernière glaciation, qui moins est du fait que les trois quarts d’entre eux sont russes ou d’origine russe : il n’y a que l’alcool qui peut sauver lorsque l’on bouge dans le froid. C’est ainsi qu’ils ont prévu une bonne petite bouteille de Baileys (précédemment achetée par Elena A. & Michel M. dans l’aéroport de Rome en zone « Duty Free », lors de leur retour d’Italie) qu’ils vont se siffler à quatre avec du café bien chaud. Très chères michèlémiennes émules qui venez de vous coltiner 10 paragraphes de michèlémistes élucubrations pas piquées des vers, il faut absolument que vous essayiez ce breuvage amélioré : vos intérieurs vont se ragaillardir dès que la boisson les inondera, c’est comme un velours qui soudain enveloppe vos viscères et vous fait peut-être approcher la sensation qui doit être celle de l’embaumement de son vivant ou, plus facile à réaliser, celle consécutive au suicide par tranchage de ses veines dans dans un bain bien chaud…

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Tiens, un encapuchonné : serait-il du genre à taper une vieille dame ? Mais nan, avec un aussi avenant faciès, c’est le bon dieu qu’on lui filerait sans confession, s’il existait…

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Oh ! Et voici une pilosité fort bien venue auprès de laquelle celle de l’« Origine du monde » de Gustave Courbet fait office d’un bien pâle duvet

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Fichtre ! Deux russes à Vincennes ! Ma parole, Méribel ne leur suffit donc pas ?!!

A suivre, neuf clichés relatifs à la visite du château : que les lecteurs et trices ne ressentent donc pas à leur tour un sentiment d’incertitude quant à l’idée d’avoir prochainement à se taper à nouveau les délires morbides d’un narrateur un tantinet barré (et pourtant sobre ce soir…).

YoUpIe !!!

* Utilisation de l’imparfait car tout est fini désormais : il n’y a plus de sentiment comme il n’y a plus d’insécurité du tout, non non non. Maintenant, il y a de la stigmatisation envers des minorités (à ce propos, les vieux craintifs en font-ils partie eux-mêmes de ces minorités, didonc ? C’est bien possible en y réfléchissant, en fait…).
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