Agéèmisme, le retour (pour le pire ET pour le meilleur) : 1ère partie

Le pire

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D’après un programme (exposé plus loin dans le billet) dument concocté par le sacripant Adrien G-M. et tout entièrement consacré à la commémoration du décès de son maître absolu Edgar Faure disparu de la vie réelle le 30 mars 1988 il était prévu, après un hommage rendu à l’homme au pied de sa tombe, un recueillement devant le n°123 de la rue de Grenelle à 10 heures en ce frigorifiant samedi de Pâques. Bien que Michel M. lui avait fait savoir la veille qu’il ne serait présent qu’à compter de 11 heures (ben oui hein, un apéro (et plus si affinités) était prévu), il s’y présenta toutefois peu avant l’échéance programmée, souhaitant faire une surprise au vieux bougre ainsi qu’aux (très) nombreuses personnes qui ne manqueraient pas de l’accompagner.

Il fait froid dans la rue de Grenelle qui, bien qu’orientée Ouest – Sud-Est, subit la bise ô combien durable en cette fin mars, courant d’air gelé donc qui s’engouffre là-dedans comme une horde de Beagles au cul d’un chevreuil au galop. Autant dire que l’auteur trouve rapidement le temps long : de 10h15 à 10h30, il tente pas moins de quatre fois de joindre le druide afin de savoir où lui et sa troupe se trouvent. A la quatrième tentative, le fieffé perclus décroche et, tout surpris d’apprendre que son logeur diurne l’attendait devant le porche de la dernière demeure dans laquelle vécu l’auguste homme d’Etat, il invite Michel M. à se rendre sans plus attendre au café « Le Bourbon », à deux pas d’ici afin de l’attendre.  L’auteur découvre à cette occasion que le programme avait déjà subi deux accrocs quant à son déroulé : non seulement avait sauté le passage par la case cimetière de Passy mais, en outre, vu que Michel M. lui avait dit qu’il ne serait pas présent avant 11 heures, Adrien G-M avait effacé l’étape « 123 rue de Grenelle », d’où il en découle que le vieux galopin avait bel et bien imaginé que son hôte l’accompagnerait et qu’il aurait été la seule autre personne présente, ET au cimetière ET devant le n°123, comme un disciple qui suivrait jusqu’à la mort son guru ! Bon sang, quel égocentrisme ; parbleu, quel doux délire perpétuel que celui dans lequel se meut l’immature vieil homme ainsi qu’accessoirement, mensonge par omission à la clef : pas bien M. AGM, pas bien du tout. Conclusion de cette première partie : le pire = 0, le meilleur = 0 puisque Michel M. n’était pas (plus) prévu avant 11 heures.

Le pire, bis

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Parvenu au Bourbon Michel M., qui vient juste de s’avaler fissa un pain au chocolat dans la rue de Bourgogne, s’installe et se commande un double serré, histoire de compenser son terrible manque de sommeil consécutif à un indu lever tôt pour un samedi habituellement réservé, par sa brune mie et lui-même, à leur grasse matinée (Michel M. montre indubitablement là que l’esprit de la déconne sérieuse ne l’a pas quitté, malgré la disparition corps, âmes et biens de la société discrète Sectis adorem rectum autrefois modèle en ce domaine).

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Ci-dessus, le plan de la journée commémorative ainsi que l’addition qui fait foi de la présence en ce lieu de l’auteur à 10h55. Mais l’inconstance d’Adrien G-M. n’est pas prête de s’arrêter-là.

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Pour le moment, l’auteur sirote lentement son breuvage (pas mal du tout pour un double p’tit noir parigo, au demeurant) tout en pensant au billet qu’il ne manquera pas de rédiger sur cette journée forcément particulière, qui plus est alors qu’il se trouve dans l’un des endroits les plus importants de la République française, puisque l’estaminet en question, Le Bourbon, n’est autre que celui qui est situé tout juste dans le derrière de l’Assemblée nationale,

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c’est à dire de l’autre côté de la fière entrée qui fait face à la place de la Concorde. A chaque pause, à chaque complot à entreprendre, les députés s’en viennent là contracter les alliances qui leur permettront de faire sauter un ministre, un Gouvernement voire un président… Heu, on est en France et en 2013, rien de cela ne peut se produire voyons ! Ah la la, quel poète ce Michel M., décidément.

Alors qu’il prend tranquillement les photographies qui illustreront son texte, Michel M. voit soudain passer devant son objectif, tel un énorme boulet bleu et jaune, le redoutable responsable du mic-mac en cours, Adrien G-M en personne chargé comme un baudet.

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Le temps de déposer son barda, de se justifier sur un ton un tantinet agressif, tel une personne qui a fait une bêtise (il faut dire que Michel M. fait dans le cassant lorsqu’il s’estime être victime de la négligence, de la flemme ou de tout autre manquement au respect que l’on doit à autrui, qui plus est lorsque l’on a établi une feuille de route, palsambleu), il annonce à son partenaire de commémoration qu’il doit filer aussi sec afin de tirer du pognon. Il est alors 11 heures 30 bien sonnées.

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Voici désormais l’auteur devant le bazar du cacochyme, alors que la salle se remplie petit à petit car les cosmopolites adeptes du petit-déjeuner tardif sont désormais rejoints par d’autres cosmopolites amoureux du tôt déjeuner quant à eux. Et le temps va durer, durer, au point de rendre quelque peu mal à l’aise Michel M. (en plus de son agacement à l’encontre du vieil inconstant), qui n’a pas envie de reprendre un café et qui estime, en outre, qu’un kir avant midi, ce n’est pas terrible terrible comme régime pour un estomac qui n’a qu’un pain au chocolat et un double serré comme contenu (et puis ce n’est pas convenant dans un lieu de tel raffinement, et ce n’est surtout pas Jean-Louis B. qui le contredirait).

Midi passé (la visite de recueillement dans la basilique Sainte Clotilde n’est même pas évoquée), expliquant qu’à la Poste les queues sont longues (comme celles qui se baladaient dans la rue de Budapest au bon vieux temps, ajout de l’auteur), AGM s’en revient enfin pour de bon et commande derechef deux kirs : son crédit repasse pour le coup au positif, en susss du fait qu’il se lance dans l’un de ses monologues truffé d’anecdotes (soliloques qui peuvent être toutefois très rapidement soulants pour peu que l’on soit en train de bosser, par exemple…) qui régale Michel M. (sous la réserve précédemment émise).

Dorénavant, la journée s’est replacée sous la coupe de la feuille de route précédemment si ignorée… Manque de bol, icelle s’arrête à 13 heures ! Mais le druide a plus d’un tour dans son sac, et la suite s’avèrera la plus réussie de toutes les (in)organisations jusqu’alors données à vivre à Michel M. par Adrien G-M.

A suivre, bien évidemment (et YoUpIe !).

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En attendant qu’il se passe quelque chose

Voici la belle…

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… puis le bête :

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Ah mais, c’est qu’il en dispose de plusieurs tonnes de ce genre d’horreurs le Michel M. En remplaçant les boites à chaussures par des disques durs externes, on n’y a pas gagné en rationalisme : les clichés s’entassent désormais par millions mais on en a cure, ils sont tellement invisibles…

Seulement, a t-on pensé aux mouflets qui, quand les parents auront cassé leur pipe, devront se coltiner tous ces souvenirs qui ne sont pas les leurs ? Bonjour l’ambiance lourdingue devant le visionnage de la vie méconnue du géniteur. Enfin bon, on peut aussi aisément s’imaginer qu’ils effaceront tout ça au plus vite pour peu qu’ils aient un peu de jugeote : ayant déjà à l’esprit leurs propres centaines de millions de photographies non classées à s’occuper, il est à parier que le formatage du disque sera comme jamais d’actualité…

La vie, la mort, la routine quoi.

A (pour)suivre.

 

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Interludique et foutraque bric à brac (et tue la mort d’un si grisâtre dimanche)

Intérieur. L’intérieur michèlémien fait partie de ces endroits de vie au minimalisme flagrant, caractéristique qui se rencontre chez les êtres pourvus d’un esprit infiniment peu matérialiste (bien qu’appréciant le confort, car « non matérialiste » ne signifie pas inévitablement ascète) dans lesquels les preuves de leur occupation par un être vivant d’un lieu va du sol jusqu’à la mi-hauteur des murs, puisque iceux restent désespérément vierges de tout ornement quelque qu’il soit et que, dès lors, ne se découpent sur ces murs nus (et blancs en l’occurrence) que les objets posés qui au sol (lampadaire, lampes), qui sur les meubles (statues, lampes, plantes et toute chose glanée de-ci, de-là, lors des pérégrinations qu’a pu faire celui qui vit là). Aussi tel est le cas chez l’auteur, certes, mais cela ne doit pas pour autant empêcher que ne s’exprime son désir de voir punaisé certain objet qui, pour lui, ont une signification et / ou qui égaye un tantinet cette austérité somme toute bonhomme.

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Ainsi en-est-il de ce couloir menant au petit salon et sur les murs duquel viennent d’être exposés successivement une affiche qu’Adrien G-M. avait ramenée de l’Assemblé nationale (il y a ses entrées comme d’autres mendient sur le porche d’une église), d’après une peinture sur bois exposées au musée Carvanalet et dont la symbolique et la signification sont sans cesse d’actualité dans la vie de Michel M. tant les concepts de  laïcité, religion et maçonnisme font parties de la vie spirituelle et sont autant de fieffés marronniers lexicaux (et plus puisque affinité) du susdit.

Face à ce document Ô Combien symbolique, figure une carte du monde non moins porteuse de considérations intellectuelles qui ne peuvent que ramener les pensées de cet homme à son humanisme misanthropique (à moins que ça ne soit sa misanthropie humaniste… Enfin bon, l’un et l’autre étant indissociables chez l’auteur bien qu’antinomiques pour le sens commun), tant va mal ce monde du fait des exactions commise par l’homme, contre ce monde et contre ceux qui le peuplent. En outre, depuis cette fabuleuse AVN et, surtout,  depuis sa rencontre avec sa brune mie, les voyages se sont mis à pulluler dans la vie de Michel M. comme les cochenilles sur…

La plante qu’il a offerte à Elena A. il y a une année pour son anniversaire, et qui menacent de la zigouiller pour de bon, mais les deux transis ont pris le taureau par les cornes et s’en occupent désormais comme d’un mouflet.

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Autrefois si fournie (et même en fleur), elle est devenue comme un exosquelette pour le parasite.

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Le végétal ne demande qu’à vivre, c’est cela qui est le plus perturbant dans cette affaire : la guerre, jusqu’à présent larvée car quasiment à sens unique du fait du manque de réactivité des ses propriétaires, est désormais devenue intense. Michel M. ne manquera pas de faire savoir à ses lectrices et teurs la teneur de l’évolution du conflit.

Intérieur, suite. Après la révélation que fut le Viêtnam pour Michel M. (et pour ses compagnons d’aventure, indubitablement), les voyages se sont multipliés : après la Lettonie (Riga en octobre 2011), la Russie (Moscou et Saint Pettersboug en juillet – août 2012), Espagne X 2 (Alicante en septembre, puis Fuengirola en octobre 2012), Italie (Rome – Venise – Milan – Florence en février 2013), Suisse (Genève, 24 heures lors de leur séjour en Maurienne, Savoie, en mars 2013), sans compter ceux potentiellement à venir : Grande-Bretagne (Londres en mai prochain), l’ile de Rodes (en été 2013 ?) puis Russie (Kamtchatka en 2014 ?), disposer d’une telle mappemonde est un indispensable support afin et d’en rêver et de pointer les destinations passées et à venir, youpie.

Enfin, pertinente ironie ô combien voulue par l’auteur, ce détail de « La création d’Adam«  qui chapeaute le tout, façon triangulation si chère à tant d’obédiences mystico-secréto-religieuses éminemment élitistes, à visée humaniste ou non. Ainsi sont réunis les trois piliers de la sagesse michèlémienne : laïcité, Gaïa et athéisme (parfois un tantinet militant, il l’avoue volontiers). Pour l’anecdote, on aperçoit une statue-lampe d’appoint…

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…inspirée par la sculpture « Le Génie du travail » d’Emile Picault

Pour en finir avec ce sujet relatif au décorum dans lequel jouit de son existentielle vie Michel M., que les michèlémiennes émules admirent ci-dessous ces rideaux qu’enfin l’auteur a trouvés, après deux années passées en ce lieux…

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Non occultant mais permettant toutefois de déambuler nu dans son salon sans être scruté par de putatifs voyeurs (une telle pratique n’est pas dans les habitudes michèlémiennes car il n’est pas extraverti à ce point, pour sûr, mais cela reste du domaine du « çapourrait ») ou de rouler son cône en paix (à ce que l’on raconte, les caméras de rue alentours, bien entendu installées pour protéger, peuvent cependant tout mater chez les braves gens sans que la notion de sécurité ne soit plus aussi évidente) : avec ces rideaux, donc, l’auteur a enfin trouvé un tissu à motifs suffisamment neutres autant qu’éminemment classieux qui égayent son intérieur par ailleurs masculiniste à mort.

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Adrien G-M., mélanchoniste ? Ah mais non, un radical socialiste ne peut en aucun cas verser dans un tel mouvement qui a vis à vis du système économique une telle aversion affichée (mais bon, une fois à la place du kalif, on devine aisément ce qu’il en devient des convictions claironnées, n’est-ce pas), que nenni : c’est juste que le pauvre bougre, épuisé par tous les projets qui bouillonnent en lui comme une boue volcanique dans son trou (et peut-être aussi assommé par un p’tit coup de jaja de derrière la tête), s’est vautré dans l’escalier qui mène à sa chambre dans le centre d’hébergement d’urgence qui l’accueille la nuit, car pour ce qui est du jour, c’est toujours Michel M. qui fait l’hôte. Il est toutefois à signaler aux lectrices et teurs du présent blog (allôoo, il y a quelqu’un là-dedans ?), que le druide du VIIème a fait de tellement considérables progrès quant à l’étalage de sa vie matérielle dans le bureau de l’auteur, que sa présence est quasiment invisible aux visiteurs, pour peu que le bonhomme n’y soit pas : voici comment d’un dictateur on devient un charmant (chamanique ?) logeur (il faudra quand même que Michel M. fasse un cliché de l’état des lieux pour clore ce sujet qui aura bien duré 3 mois).

Et voici comment passer un dimanche gris et froid devant son écran, autrement qu’en rédigeant des commentaires dans un site aux mille et uns forums (ce qui ne signifie pas que ce n’est toutefois pas ce à quoi va dorénavant s’occuper l’auteur, pardi !).

Youpie.

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1983 – 85, souvenir du tarot du midi au P’tit Picpus et ce qu’il s’en suivit (avec les images, c’est moins pénible)

A l’époque, Michel M. travaille rue de Picpus, Paris XIIème. Il est jeune (il est né en juin 1960), encore marié (plus pour longtemps) et père d’un tout petit Guillaume M. (devenu très grand depuis, 1 920 millimètres croit-il se souvenir : il croit se souvenir car les rencontres se font très très rares entre l’auteur et son fils aîné (avec son fils cadet itou d’ailleurs, c’est la vie n’est-ce pas), pourtant les deux jeunes hommes sont franciliens comme papa) et il ne va l’importuner avec une question aussi incongrue). Le midi, après la cantoche, il se rend dans un estaminet du nom de P’tit Picpus, tenu par deux femmes plutôt âgées, ridées et girondes. Il ne sait pas comment il a atterri là, mais l’habitude est vite prise d’y jouer au tarot avec des jeunots du coin. Enfin « jeunots »… L’auteur n’a que 5 ou 6 années d’écart avec ces gamins qui fréquentent le lycée (privé) saint-Michel de Picpus.

De fil en aiguille, car charisme aidant n’est-ce pas, Michel M. va devenir comme une sorte de grand-frère pour quelques uns parmi ces taroteurs : Stéphane R., Marc R., Eric F., les deux frérots Pascal & Emmanuel C., et François B., pour ceux qui l’ont le plus marqué. Qui plus est grand-frère puisqu’il possède un trois pièces en banlieue (Ermont – Eaubonne) alors que toute cette bande vit chez les parents. Les soirées pétards s’enquilleront comme autant de délicieux enfilages de perles, quelques séances de Donjons & Dragons itou (mais l’une OU l’autre, car il y a incompatibilité entre fumer et jouer sérieusement (surtout qu’on risquait la mort avec ce jeu-là, palsambleu !)). Cette période va durer une petite année qui correspond à la durée du divorce de l’auteur (bin oui, comme tout le monde, mais toutefois avec une remarquable rapidité dans l’exécution des différentes étapes d’une relation hétérosexuelle : coup de foudre à 18 ans (juillet 1978) ; installation à deux (février 79) ; mariage (mai 81) puis enfant (novembre de la même année) ; séparation en septembre 84 et divorce prononcé en mai 85).

Suit donc une année en roue libre avec Minitel à la clef (11 000 Frs dépensés en l’espace d’un mois d’août 85 d’absolue folie, somme dont Michel M. ne disposait évidement pas, l’échéancier FT qui suivit s’étalera sur plus d’une année) et cette fameuse bande de mecs, à l’image d’une cours autour du roi Michel M. qui en avait bien besoin : rien de tel que d’avoir des admirateurs pour se refaire une santé psychologique. Pour ne rien gâcher de ce portrait faussement flatteur, l’auteur était d’une méchanceté parfaitement gratuite : il crachait son venin à coup de vannes blessantes (l’un de ses pseudonymes de miniteliste était d’ailleurs « In cauda venenum ») et autre pitoyable trait d’orgueil, car écraser l’autre pour se grandir se révèle très aisé lorsque l’on a l’esprit vif et que l’on est placé sur un piédestal. Le con…

Enfin bref, François B. (car il s’agit tout de même du sujet principal de ce billet) était, avec Stéphane R., le plus proche à tel point que l’un et l’autre finiront même par, plus ou moins, demeurer quelques temps dans cet appartement HLM, l’année du BAC étant là (la majorité civile avec) et les parents autrement permissifs que dans les années 00 : ils avaient toutefois rencontré à plusieurs reprises « le grand-frère » de leur fils, en qui ils avaient toute confiance (quand l’auteur parle de charisme, ce n’est pas du pipeau, ah mais).

Aparté. A notre époque, il est fort probable que les parents y regarderaient à deux fois avant de laisser filer leur rejeton entre les pattes d’un homme à peine plus âgé que leur enfant, déjà père et divorcé à 25 ans : et s’il s’agissait d’un pervers, en susss d’un père jeune, bon sang ?!! Et si cet échec affectif le faisait sombrer dans l’homosexualité (limite pédophilie en l’occurrence), bouhhhh… Pour sûr que les temps changent, ma brave dame…

Après un texte d’une telle densité, d’une aussi profonde signification, quelques illustrations en provenance directe de cette époque seront autant de pauses fort bienvenues afin que s’apaisent les esprits et que retrouvent leur équilibre les âmes ainsi secouées par tant de richesses mémorielles.

Ci-dessous, une scène d’une infinie banalité mais qui, toutefois, possède ce qu’il faut de michèlémisme pour être exposée sans plus de façon qu’une puissante saga éminemment photogénique.

Il s’agit d’un brouet (des flocons d’avoine à l’eau et juste salés, si les souvenirs de l’auteur sont encore dignes de confiance, à moins que ça ne fussent une platée de flageolets sans le cassoulet qui va autour) que François B. et Michel M. goûtent, plus qu’ils de dégustent semble-t-il… La scène se déroule dans la maison de campagne des parents de Stéphane R., du côté de Fontainebleau : les élèves qui fréquentaient le lycée Saint-Michel de Picpus provenaient d’un milieu social nettement plus élevé que celui de l’auteur, mais cela ne posa pas de problème puisque seul Michel M. disposait alors d’une auto. Il s’agissait en l’occurrence, d’une Toyota Carina bleu-métalisé double-carbu, direction assistée, 5 vitesses et petit volant, autant de caractéristiques qui la rendait certes fort jolie autant qu’idéale pour la frime, mais aussi très casse-gueule : une chance, l’auteur serra néanmoins le moteur (rouler sans huile finit toujours pas provoquer ce genre de chose) avant que de n’avoir un accident qui, pour le coup aurait bien pu être multiplement létal, vu que la vitesse était autrement moins sujette à radar dans ces années merveilleuses années 80, et qu’à 7 dans un tel bolide, le moindre tonneau aurait été pour le moins délicat à supporter pour tous ces corps non attachés et, dès lors, se déplaçant et se cognant les uns contre les autres comme autant de mannequins en cours de désarticulation que l’on utilise lors des essais de choc automobile (« test-crash » en étranger). Mais place à l’imagerie.

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Deux cobayes en action : il y avait d’autres personnes (environ 5 ou 6) lors de cette expérience culinaire, mais seuls ces deux jeunes hommes ont bien voulu prendre le risque d’un tel plat, comme seuls des hommes aguerris acceptent d’avaler sans moufter. Le fait d’être photographié permet aussi toutes les audaces : ne sont-ce point les prémisses mêmes de ces émissions de téloche (que tant d’abrutis vénèrent parait-il), façon « Fear Factor » et ce dans quoi à sombré depuis quelques années « Fort Boyard » ?

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Une stase dans l’expérience : François B. semble tout compte fait avoir renoncé, le ladre, préférant observer la réaction de son ami Michel M. qui, quant à lui, est dans cet instant d’intense perplexité, de dubitativité toute entièrement tendue vers la gustative inconnue. Peut-être, mais sans le savoir car il était bien trop jeune alors (25 ans) pour avoir une telle connaissance des choses de la vie et de la mort, se retrouve-t-il dans l’inconfortable situation qui était celle des goûteurs d’antan à cet instant précis que le cliché à immortalisé (merci à Emmanuel C. pour ces souvenirs désormais si chers à Michel M.).

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A moinsss qu’il ne s’agisse là pour l’auteur, et les lecteurs s’en souviennent s’ils se sont donnés la peine de lire le billet plutôt que de ne se contenter de mater les photos, de surjouer la chose tant il était à cet époque psychologiquement en pleine reconstruction suite à un divorce à peine prononcé et qui se montrait d’une méchanceté certaine vis à vis de ses jeunes émules les moins armées pour lui répondre, ainsi qu’animée d’une prétention sans borne, donc à moins de se la péter pour cause de photographe attentif, il semble bien que le susdit brouet fut plutôt d’un genre ignoble que gouleyant, ce qui fait bien rigoler ce fumier de François B. qui échappa ainsi à l’épreuve, de ces épreuves existentielles qui nous rendent plus aptes à comprendre le sens de la vie et dans le cas présent, qui est de ne pas fuir devant ses responsabilités, que lorsque l’on dit que l’on va faire quelque chose, il faut s’y astreindre : notre crédibilité auprès d’autrui et, surtout, vis à vis de soi-même est à ce prix, dussions-nous en mourir que le souvenir que nous laisserions derrière nous en serait que plus grand encore. Ni plus, ni moinsss palsambleu.

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Et alors, ça ne valait pas le coup d’en arriver à ça, une telle aventure ? Photo prise au lendemain des retrouvailles de François B. & Michel M., après qu’une bouteille de rhum vieux de très bonne facture (1 litre, 50°, rare), offerte par Oleg A. (le russe de Vincennes), ait été sifflée par les deux inconscients… Ci-dessous, histoire de clore en beauté cette narration par une vision quasi apocalyptique (et qui rappellera à bien des choses à tout homme « digne de ce nom ») réveil au matin après une chouille de première (photographies prises juste avant celle ci-dessus) :

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un grand moment d’égarement en vérité, de ceux qui font penser, après coup, que jamais on ne recommencera… Les promesses n’engageant que ceux qui se les font, autant dire que rien n’est acquis.

Enfin, ci-dessous encore, deux gars désormais dans la force de l’âge et qui se sont dit qu’on ne les y reprendrait plus,

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Michel M. & François B., avant que les saines retrouvailles ne sombrent dans l’enrhumage.

A suivre.

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