En attendant bis, ou ter, à moins que ça ne soit quatro ? Qu’importe, roue libre en action (certifié sans aucun intérêt)

2013_04_Café_du_Musée01

Bruno, gérant – proprio du Café du Musée, sis à deux pas de là où Michel M. taffe : une fois les clients tirés, il faut bien s’astreindre à la comptabilité. Autant dire qu’à l’heure de la prise du cliché ci-dessus, Michel M. et son comparse de leur autre vie, Marc V. en l’occurrence…

2013_04_Marc_V_Café_du_Musée

(ici en grande tenue estivale, photo prise il y a deux années à la terrasse de l’estaminet en question), véritable alter ego de l’auteur à l’époque de la société discrète Sectis adorem rectum, sont l’un et l’autre un tantinet hagards du fait de la mousse ingurgitée mais se sentent investis d’un rôle ô combien gratifiant puisque, derniers clients de la journée, ils assistent à la fermeture de l’estaminet (sensation de victoire pour tout pilier de bar qui se respecte, au demeurant).

Qu’est-ce qui ressemble le plus à un garçon de café ? Un garçon de café qui fait l’idiot, pardi !

Situé à deux pas du musée Rodin, le Café du Musée dispose d’une terrasse idéale afin de regarder passer les touristes venus de toute la planète (et peut-être bien aussi en provenance d’autres, mais la mode vestimentaire du touriste est universelle et ne permet donc pas de les repérer) : un baron de Leffe et quelques cacahuètes sont les indispensables compagnons d’un début de soirée placé sous les auspices de la critique facile. Après le boulot, rien de tel que de mater ces silhouettes bigarrées afin de se vider la tête pendant que le bide se remplit. Seulement attention : Marc V. et Michel M. sont des êtres éminemment raffinés. Aussi leurs remarques sont-elles affutées ainsi qu’argumentées. En outre, ils ne se contentent ô grand jamais d’un trivial « Purée, ce cul ! » mais font dans le «Fichtre de diantre, quelle belle plastique icelle arbore-t-elle, notre foi !». Autre sujet d’observation : les automobiles qui passent devant eux et qui, du fait de l’arrondissement un chouïa rupin, sont représentées par des Porsches, Jaguars et Aston Martins plutôt que que par des Renaults Clio. Mais de cela Michel M. n’est guère féru tant son Citroën Xsara Picasso remplit parfaitement le rôle qui lui est imparti : le conduire chez sa dulcinée chaque fin de semaine, les conduire tous deux dans un hôtel de Normandie, en baie de Somme etc. Michel M. n’est pas matérialiste pour deux ronds, il s’en est déjà expliqué ici-même.

Après avoir passionné ses émules avec ce sujet relatif à ce que l’on pourrait concevoir comme étant une sorte de QG pour les deux suscités, bien qu’ils ne s’y retrouvent plus aussi souvent qu’avant que Michel M. ne rencontrent le Grand amour à l’âge de cinquante balais, voici tout autre chose, mais toujours aussi intéressant : la vision qui s’est offerte à lui mardi dernier au soir, lorsqu’il est rentré dans son quartier après cette fin de semaine pascale.

2013_04_Elagage

Les arbres de la cour que surplombe son appartement et, en l’occurrence, la fenêtre de sa cuisine, ont été élagués. Tristesse : où sont passés ces quelques moineaux que Michel M. avait découverts récemment, dormant sur des branches fines de ses marronniers alors qu’il croyait que tous ces piafs avaient chacun son nid douillet ? Mais non : à l’instar des vieux garçons, vieilles filles, veufs et veuves, vieilles et vieux tout court et autres causes de durable solitude, certains parmi les passereaux sont de véritables SDF. L’auteur en était quasiment resté bouche bée devant une si terrible découverte.

Dès lors, en ayant constaté l’étendu du nettoyage, force lui fut de penser à ces pauvres volatiles contraints de trouver ailleurs refuge pour la nuit : ils n’ont pas de CHU eux, comme Adrien G-M. qui peut rentrer tous les soirs dans la chambre du centre d’hébergement d’urgence géré par l’Armée du Salut. Que nenni : ils doivent trouver à se loger dans des endroits déjà occupés par d’autres SDF… Une chance pour eux : ils n’ont pas de baluchons à trimballer et à surveiller en permanence, de crainte que le voisin ne le leur pique. Mais, tout de même, la promiscuité ne doit pas être facile.

Autre chose : Michel M. avait repéré depuis quelques temps, avant l’hiver en tout cas, un vol régulier de trois perruches dans le ciel de Fontenay aux Roses, chez sa mie Elena A. Se demandant d’où pouvait bien provenir ces oiseaux venus de contrées lointaines, il fit des recherches sur le net : ce qu’il trouva l’interloqua. L’invasion a même atteint Londres depuis belle lurette ! N’est-ce pas à la fois extraordinaire et inquiétant ? Que des oiseaux provenant de pays chauds se soient si rapidement adaptés à nos climats, bien plus souvent maussades et froids qu’amènes et caniculaires, voilà qui ne laisse pas d’étonner quant aux facultés que possède la nature (parfois bien aidée par la connerie humaine) pour survivre dans son combat contre les changements climatiques plus ou moins rapides, qu’ils soient dus ou non à l’homme n’a plus guère d’importance, une fois le mal fait… Mais le problème est que cette adaptation se fait au détriment des espèces dument représentatives de nos contrées à nous. Bon : de là à se (re)lancer dans un discours sur l’impact qu’a l’humanité sur Gaïa, Michel s’en gardera bien. Non pas parce que ce sujet l’indiffère, mais parce qu’à son niveau de consommateur attentif (car il fait gaffe à ce qu’il ne se procure pas, tout de même), il n’a guerre de poids face aux décideurs et à toute cette bande de fumiers qui pourrissent notre monde en imaginant qu’après eux le déluge, merdalors.

Troisième et dernier sujet abordé dans ce billet, l’ineffable Adien G-M. et son omniprésence, façon yo-yo, dans l’existence de Michel M. Après sa commémoration (réussie, il faut bien l’avouer) du trentième anniversaire du décès de son maître Edgar Faure (commémoration dont l’auteur doit terminer la narration par le biais d’une « Partie 2 » non encore entamée à cette heure et ce jour ( 00h41, samedi 6 avril 2013)), le pépère a repris du poil de la bête tant il avait senti que son hôte diurne commençait à trop le prendre pour un fieffé dilettante plutôt qu’un réel poète de sa propre mémoire.

2031_04_AGM_ombrageux

Ne donne-t-il même pas carrément l’impression, sur ce cliché, de faire comprendre à Michel M. qu’icelui l’indispose, alors qu’il est en train de déjeuner de sa pizza ? « Cher ami, me serait-il possible de déjeuner en paix ? Votre présence ici n’est pas souhaitée pour le moment. Veuillez vous retirer sur le champ que je puisse terminer en toute quiétude mon repas, merci « . Bien entendu il n’en est rien, sans quoi Michel M. lui aurait rétorqué un virulent : « Didonc le vieux gars, il s’agirait que tu me causes d’une autre manière, car avec tous les projets que tu commences, le travail que ça me donne et le peu qui aboutissent, tu me serais redevable à un point que tu n’imagines même pas si nous devions faire les comptes. Aussi : polop polop, Atchoum, ou c’est moi qui me fâche, tu piges ? ». Ah mais, c’est que ça ne rigole plus du tout quand Michel M. s’énerve, palsambleu.

A suivre…

2013_03_AGM_EF_08

 

PDF24    Envoyer l'article en PDF