Un logiciel très (peu) fiable

Jusqu’à présent heureux possesseur d’un téléphotophone d’une très célèbre marque coréenne et d’un modèle qui en était lors de son acquisition à sa version S II, Michel M. constate ce jour un sérieux dysfonctionnement dans l’une des nombreuses applications installées dans l’appareil doté d’une indéniable haute technologie.

Google Maps pour ne pas la nommer est un programme qui est supposé permettre à tout individu de savoir avec précision où il se trouve géographiquement dans le monde et, vicieusement, de permettre à toute personne qui aura été déclarée dans le programme, de savoir où se trouve son ami, proche, amant etc.

Hé bien se figure-t-on que depuis ce matin, et cela malgré moult redémarrages de l’engin et autres check-in dument effectués (ce qui consiste à réinitialiser le zinzin afin qu’il refasse sa détection de l’endroit où se trouve le téléphotophone (mais pas forcément son propriétaire, icelui ayant pu en être délesté)), le processus de localisation de Michel M. s’évertue à le situer dans la province de Yazd en Iran, tout en lui montrant la carte de la Chine. Outre le fait que vis à vis d’une éventuelle suspicieuse compagne un tel incident puisse générer quelque animosité à l’encontre de son bonhomme en constatant qu’alors il se prétendait à Paris à son bureau, il se prélasse dans une province iranienne de Chine, c’est surtout en ce qui concerne l’espionnage mondialisé fait par les Etats-Unis, grâce à leur programme Echelon, que les choses peuvent se montrer réellement préjudiciables.

Ehonté montage certes, mais ça ressemblait vraiment à cela.

Imaginons en effet que Michel M. souhaite se rendre en Amérique du Nord (la diaspora familiale russe d’Elena A. est fabuleuse : pour ainsi dire chaque mois, une nouvelle destination possible se fait jour et, en l’occurrence la semaine dernière, deux points de chute sont apparus coup sur coup : le premier au Canada, le second en Floride), immanquablement les services de sécurité de ce pays-continent ne vont pas manquer de chercher dans toutes les directions, d’éplucher tous les faits et gestes de l’auteur et cela, grâce à tous les moyens possibles qu’ils ont à leur disposition, c’est à dire y compris et surtout les écoutes en tous genres façon conversations téléphoniques et géolocalisations, pardi ! Aussi, lorsqu’ils vont tomber sur l’historique de la géolocalisation de l’auteur et qu’ils vont trouver ces deux voyages en un dans deux pays aussi problématiques pour les Etats-Unis que sont l’Iran et la Chine, il est fort probable que Michel M. soit, au mieux refoulé, au pire incarcéré et passé à la question. Enfin bon, si tel était le cas (de la torture), il devrait toutefois éviter le bagne de Guantanamo. En revanche, s’il devait bel et bien subir la torture, il dirait tout et même ce qu’il se sait pas : Michel M. a horreur de la souffrance physique, qui plus est lorsqu’icelle est gratuite, palsambleu !

A l’heure de la fin de réaction de ce billet (17h15), les choses semblent être en bonne voie puisque désormais, c’est en Turquie que Michel M. est localisé, mais avec en fond l’arrondissement de Paris dans lequel il travaille.

Pas à suivre.

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