A interludisme durable, existentialisme véritable

Les évènements véritablement incontournables d’une vie d’homme, façon prises de conscience et autres existentielles interrogations, ne sont surtout pas dignes d’être exposés ici, tant sont pléthores les lieux prévus à cet effet dans lesquels peut s’épandre la multitude quant à la dureté de ses conditions de vie : églises, temples, mosquées, services des urgences hospitalières, divans de psy-machin-chose-et-truc et autres (plus ou moins attentives ainsi que désintéressées) oreilles à même d’ouïr les desidaratas des moins indépendants parmi les humains (des plus soumis à leur croyance, plus précisément) et les aider à y faire face. Hé bien point de ceci chez Michel M., personnage doté (il n’y peut rien car c’était écrit dans ses gènes, faut-il croire) de « ce qu’il faut » (l’auteur n’a pas trouvé de mot adéquat, la plupart qui lui soient venus à l’esprit risquant de le faire basculer auprès de ses émules dans un insupportable pédantisme de très bas art, ainsi que de le faire passer pour un prétentiard de première bourre, lui qui n’aime rien tant que la vérité et son immanente rectitude, ce qui donne toute sa liberté à l’âme) afin de réussir à trouver la meilleure façon de parvenir à une félicité certaine dans son quotidien.

Aussi, quand bien même les évènements véritablement incontournables d’une vie d’homme, façon prises de conscience et autres existentielles interrogations, n’étant surtout pas dignes d’être exposés ici, il est  nonobstant indispensable que l’auteur publie cet article et la photo qui va avec, tant cette toute récente décision prise par lui peut signifier les prémisses d’une radicale transformation, mais physique icelle, ce qui change de tout ce tintamarre pseudo philosophique qui est ici égrainé depuis bientôt une année (sans compter les 5 précédentes sur un précédent blog).

De quoi s’agit-il donc ici, alors ? Hé bien après s’être débarrassé d’un canapé BZ, ramené d’où il provenait et précédemment transporté à Paris depuis la banlieue Nord, lorsqu’il quitta son ex future maison qui était en cours d’acquisition et dont il a revendu sa part à son ex compagne, mère de Kévin M. (très prochainement exposé ici-même et fils cadet de l’auteur qui en a deux, deux fils, s’entend), moyennant arrangement en la faveur d’icelle (c’est à dire en perdant du pognon dans la transaction, certes, mais condition pour que les choses se passent au mieux : l’argent est un moyen, il de doit jamais devenir une fin ; qu’il puisse devenir source de discorde est un phénomène que Michel M. exècrerait au plus haut point), Michel M. a fait l’acquisition d’un tapis de sol afin de s’adonner à des séances de gymnastiques, se figure-t-on ! Les émules michèlémiennes ne sont pas surprises outre mesure par une telle nouveauté. En revanche, celles qui suivent les pérégrinations de leur blogueur favori depuis février 2007 ont souvenance de ce rejet maintes fois tonitrué par l’auteur (et son alter ego de l’époque, Marc V.) de tout ce qui pouvait s’apparenter à un désir de contrecarrer les méfaits visibles sur leur corps d’une vie sédentaire agrémentée d’un trop plein de victuailles, tels qu’en sont victimes les habitants de l’hémisphère Nord, ces heureux humains du monde dit libre dont le pourcentage d’obèses ne cesse d’augmenter dans des proportions alarmantes (d’autres parties de la planète connaissent désormais la même inflation de gros, Chine en tête : vive le monde de vie américain « American Way of Life » en étranger).

Ainsi, jusqu’à récemment, l’auteur ne prenait-il pas trop au sérieux ses seins qui commençaient à pousser ni sa brioche qui gonflait, au point qu’il risquait bientôt de ne plus voir le bout de son vit lors de miction (signe que les choses ont réellement débordées, se dit-on couramment entre gars). Son poids le chagrinait un tantinet, toutefois : alors qu’il se sentait bien aux alentours de 76 000 grammes, une pesée régulière lui confirmant depuis des années qu’il en était ainsi, les choses ont commencé à changer depuis deux ou trois ans au point qu’il en est arrivé à faire ses 81 500 grammes pour 175 centimètres. Indubitablement, il y a un souci. C’est donc arrivé à ce stade de la déformation avancée d’une silhouette autrefois svelte que Michel M., à force de sentir poindre en lui, outre ces superfétatoires rondeurs, un durable sentiment de gâchis, celui d’un laisser-aller en contradiction avec le respect qu’il doit à sa brune mie ainsi qu’à lui-même, s’est décidé à acquérir un tapis de sol afin de se lancer dans des séances de gymnastiques qui devraient lui permettre de perdre du gras. Voici donc la chose :

2013_06_sportivement_michèlémien

Double épaisseur, 2 mètre de long : aucun doute qu’avec un tel matos, la graisse va morfler. Mais ce n’est pas tout, car même en travaillant chez soi tous les soirs (le rêve est permis), Michel M. sait bien qu’il lui faut un aiguillon, un moyen de l’aider à poursuivre dans ce désir de se faire du mal. Et c’est grâce aux possibilités offerte par son employeur, et surtout à la topologie des lieux dans lesquels il travaille, que la solution se trouve : un collègue antillais, absolutiste karatéka et sportif permanent (il va tous les samedis – dimanches s’entrainer au bois de Vincennes) propose son savoir-faire par le biais de séances de gymnastiques pratiquées dans le sous-sol du bâtiment. Michel M. ayant eu vent de cela, il a donc demandé à ce guerrier s’il pouvait faire partie de ses élèves. A réponse positive, séance à suivre, et tel fut le cas en ce vendredi 31 mai 2013.

Autant dire que l’effort fut à la mesure du travail à accomplir. Néanmoins, Michel M. qui s’attendait à souffrir dans les 48 heures suivant l’intense séance d’une heure se trouve quelque peu surpris de ne constater qu’une douleur permanente aux mollets, lui qui pensait être incapable de se mouvoir, ou alors au prix d’une souffrance de chaque membre ainsi que des abdominaux et, ainsi, se faire dorloter par sa mie cette fin de semaine. Qu’à cela ne tienne, le pli est (pour le moment) pris, et c’est donc désormais le mardi et le vendredi qu’il va subir ces tortures pour son bien. Mais il n’oublie pas pour autant son tapis de sol : il se fait fort, en susss de ces deux séances hebdomadaires, de s’inspirer des mouvements qu’il aura appris là-bas pour se faire chaque soir une ‘tite séance privé de 20 minutes en rentrant du boulot.

Ceci étant, il clairement prévenu Elena A. que cela durera le temps que ça durera : il est effet hors de question que cela devienne une contrainte. Il faut en effet que le plaisir soit au rendez-vous pour que la réalisation de l’objectif soit pleinement satisfaisante. Michel M. parviendra-t-il à retrouver sa forme d’antan ? Ne ressentira-t-il plus cet essoufflement lorsqu’il doit lacer ses chaussures, lorsqu’il monte les trois étages afin de retrouver ses chère chérie ou bien même, alors qu’il a trop mangé et qu’il a l’impression que son bide s’est encore un peu plus gonflé ?

C’est à suivre. Et du fait de l’honnêteté qu’il a chevillé à son âme, il ne fait nul doute que les émules michèlémiennes auront la primeur de la vérité sur l’avancée de ce projet ô combien colossal pour Michel M. : enfin une tâche à la mesure de cet homme qui a bien trop laissé longtemps son esprit lui commander de ne pas s’occuper de son corps, de le voir s’affaisser sans s’en offusquer, alors qu’il est bien connu que « qui veut voyager loin doit ménager sa monture ».

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