La roue crevée : mise en situation, suite (Rhodes, vite !)

L’après-midi du mardi posé en tant que congé, Michel M. part en quête d’un gonfleur sur Paris. En effet, après avoir constaté dès le dimanche qu’il ne possédait pas de clef démonte-roue de secours (dans un Xsara Picasso de 2003, icelle se trouve sous le coffre, pas dedans sous la moquette, mais bel et bien sous le châssis : il faut donc avoir une clef spéciale qui permet de tourner un écrou fendu accessible par l’intérieur et sous la moquette, lui, pour relâcher le système de support de cette roue), en avoir causé à des collègues qui lui conseillaient tous une solution différentes, celle qui sembla la plus maligne à l’auteur était l’acquisition d’un gonfleur à brancher sur l’allume cigare, ce qui évitait bien des désagréments et inévitables pénibilismes relatifs à tout démontage (opération des plus aléatoires à pratiquer quand on y va autant à reculons que Michel M., pardi !). Après avoir écumé les sites de magasins et grandes surfaces de la place (merci internet), le choix se porte sur le « Géant Casino » de la porte de Choisy : il faut savoir qu’à Paris, il est impossible de trouver un engin aussi abstrusement abscons qu’un compresseur pour bagnole ! A tel point que c’est sans certitude aucune d’en trouver là-bas que l’auteur file porte de Choisy, une correspondante téléphonique lui ayant juste assuré qu’il devait certainement il y a voir cela dans le rayon auto de son magasin, alors quoi ! mais que, manque de bol, les gars étaient tous partis déjeuner (bonjour l’organisation là-dedans).

Le voyage sera en tout cas l’occasion pour l’auteur d’emprunter le Tramway nouveau, de la porte de Vanves à celle de Choisy : impression plutôt positive quant au décorum, bien que les annonces de chaque station soient un tantinet relou car toutes différentes, musicalisées et récitées par une voix féminine puis une voix masculine (ou l’inverse, qu’importe : ça renifle clairement son consensus, toujours lui…) : impossible de lire dans un tel environnement gnagnan. D’un autre côté, cela évite de louper son arrêt, pour sûr… Arrivé dans le magasin, le rayon auto s’avère bien moins gigantesque que le nom de l’endroit ne le laissait supposé et, bien évidemment, aucun compresseur en vue. Mais c’est alors que vient à Michel M. une fulgurance d’une telle violence qu’elle est à la limite de le flanquer par terre : une bombe de mousse à pneu bien sûr !!! Quel idiot de ne pas y avoir penser dès le début, quel imbécile on mais vraiment alors quoi, HE ! Accessoirement, quelle belle bande de nuls que ces collègues infoutus d’y songer eux-même, n’est-ce pas…

Bien : équipé du matos réparateur, il file à Fontenay-aux-Roses.

Rappel des faits et lieux :

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Mais ce qui avait échappé aux lectrices et teurs ainsi que spectateurs et trices (consensus, toujours), c’est que le clou, comme un clin d’oeil pétris d’ironie, est visible sur ce cliché. La preuve ci-dessous.

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Amusant, non ? En fait de clou, c’est à une vis contre laquelle se bat Michel M. alors qu’il lui faut l’extraire du pneu innocent : l’opération durera un temps certain qui lui fera presque douter de sa capacité à extraire la traitresse. Enfin il y parvient et, pas peu fier de son travail, prend bien soin de la photographier.

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Pas si effrayante que cela, voire même sympatoche au demeurant : on lui filerait bien un bois sans concession dans lequel se fixer, à cette petite chose sans prétention, mhmm ? Vacherie de saleté en vérité, oui ! Ca lui a coûté (un peu de) stress, du pognon et de la perte de temps sur son travail qu’il adore à Michel M., merdalors. Et ce n’est pas fini ! Désormais, il faut s’occuper de cette bombe de mousse…

Après réflexion car intense observation de l’objet, il est devenu évident à Michel M. qu’il ne s’agit pas là d’une vis, mais d’une sorte de rivet. Il en veut pour preuve cette tête de vis qui n’est adaptée à aucun tournevis en sa possession : ni plat, ni cruciforme, indéniablement c’est un rivet qui ainsi s’est rivé dans son pneu. Et la terrible histoire qui mit fin à l’autorisation de vol d’avion supersonique Concorde aurait pu advenir à l’auteur, dans une moindre mesure s’entend. Quoi que, quoi que… Si le pneu avait éclaté, qui sait ce qu’il se serait produit, hein ? Dès lors il serait intéressant de faire une enquête afin de savoir d’où provient ce rivet, probablement perdu par une autre automobile. Mais entre retrouver une pièce métallique sur une piste d’aéroport après un tel accident (qui voit la-dite piste sans doute être illico interdite d’utilisation pour enquête), et retrouver le véhicule duquel s’est extrait un rivet sur un parcours de plus de quarante mille mètres, emprunté par plusieurs dizaines (centaines ?) de véhicules et cela par temps de pluie qui plus est (bien que ce détail n’ait pas assurément un impact, mais quand il faut accentuer une tension, tout est bon), il y a autant de différence qu’entre une femme qui trompe son mari sans le lui dire (ça peut durer des années) et un homme qui trompe sa femme (il se fait toujours prendre à plus ou moyen moyen terme, à moins que son épouse ferme les yeux).

Bien, l’affaire du rivet ayant été évoquée, il faut voir à avancer un tantinet dans cette histoire de crevaison, palsambleu ! Aussi, l’auteur va-t-il derechef évoquer cette réparation minute à laquelle est s’est pliée, pardi.

C’est ainsi qu’une fois l’objet perceur ôté, et comme il est conseillé dans le mode d’emploi de la bombe de mousse anti-crevaison-réparation-minute de pneu, Michel M. démarre l’auto et avance de quelques centimètres, histoire de mettre au jugé le trou sur le sol. Cela lui permet en outre de ne plus être incommodé par cette bagnole garée à côté de Xsara et qui n’a pas bougé depuis dimanche. Il est temps désormais de se lancer dans la réparation proprement dite. Une photo valant mieux que des explications à n’en plus finir comme aime le faire l’auteur, voici ci-dessous le cliché de la chose.

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Simple comme bonjour, le branchement se fait sans encombre. Il faut ensuite tourner le bouchon de la bombonne en la gardant levée bien droite, de façon à ce que la mousse se vide complètement dans le pneu. Michel M. ne constate aucun gonflement du côté du caoutchouc mal en point, mais bon, il fait ce qu’on lui demande de faire sans plus de réflexion que cela. Le vidage en lui-même dure quelques longues minutes (tout du moins est-ce l’impression que l’opération donne). Ensuite, il ne faut pas trainer et rouler sur une vingtaine de kilomètres afin que le produit se répartisse régulièrement dans le pneu. Hé bien que les émules sachent que cela fonctionne parfaitement : dès qu’il se lance, le conducteur s’aperçoit très rapidement que l’automobile ne tire plus à gauche. Il s’arrête vite fait le long d’un trottoir afin de voir ce qu’il en est : son pneu avant gauche semble juste dégonflé, il a désormais bien meilleure allure puisqu’il a en effet repris du volume. Le remède fonctionne. Michel M. décide dès lors de filer au garage qui lui avait été conseillé par l’un de ses collègues, dans le cadre de la révision annuelle. Il y parvient aux alentours de 15h30. Il explique son cas au patron, qui semble initialement faire un peu la tronche, mais après auscultation et toucher du pneu en question, il accepte. Voici dès lors Michel M. qui sait qu’enfin l’heure est venue pour lui de retrouver une sérénité qui avait été un tantinet malmenée depuis la veille par cet incident sans grande importance, certes, mais qui, toutefois, restait en permanence dans son esprit, l’empêchant de ne se préoccuper que des choses sérieuses d’une vie toute entière dédiée à lui-même, à sa quête existentielle de tenter, et cela en toute modestie, de dépasser sa jouissance d’être, cheminement intellectuel entrepris depuis deux années désormais. Mais il est tard, Michel M. sent bien que son corps réclame quiétude justement : demain est un autre jour (en attendant lundi qui le verra partir, en compagnie de sa brune mie Lena A., en direction de la Grèce où, dès la première nuit, il se retrouveront logés sur le bateau loué par l’ami Oleg, pour un périple caboteur de quatre jours autour des iles grecques, ho la la !).

A suivre, donc, l’épilogue de la roue crevée.

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