Epilogue de la roue crevée (le yacht, vite !)

A 19h40, le garagiste téléphone à Michel M. en plein repassage, afin de lui demander de venir récupérer son bolide. « Ah mais non il est trop tard m’sieur le garagiste, je ne peux pas venir maintenant ! », sous entendu « j’habite trop loin ». Mais l’auteur n’eut pas à mentir, ce qu’il exècre comme tous les êtres vivants doués de raison qui peuplent l’intersidéralité universelle le savent pertinemment. Les émules comprendront aisément, quant à elles, qu’une fois qu’on s’est bien installé dans son repassage, avec un verre de Gigondas (15,5° tout de même) posé à côté de soi et de la musique adéquate (aucun souvenir précis en l’occurrence, il faut dire que le choix est encyclopédique sur le disque dur de sa « Freeplayer » de Michel M., mine de rien) qui s’est bien incrustée en soi, on n’a nulle envie d’aller de coltiner un trajet en métro pour en revenir en bagnole et tout ça, ce qui réduit la soirée à peau de chagrin, pardi. Ainsi annonce-t-il qu’il passera au plut tôt le lendemain.

Mercredi au matin, alors qu’il a déjà entamer sa dure journée de labeur, l’auteur reçoit l’appel pressant du garagiste qui lui annonce qu’il vient de se taper 119 Euros de procès verbaux pour voitures garées sans paiement de l’emplacement, et qu’il faut donc absolument que le propriétaire du Xsara Picasso viennent au plus vite récupérer sa bagnole. Ayant une idée derrière la tête, mais plus le temps de la mettre à exécution, il quitte son bureau en passant par la cafétéria (ce n’est pas un choix, juste le chemin le plus court pour prendre le métro). Et là, comme par hasard et nom d’une bonne étoile, ne voilà-t-il pas qu’il tombe (façon de parler) sur LA Personne à laquelle il avait justement pensé pour l’exécution de son idée : Pascal P. en chair et en os (déjà croisé ici-même en d’autres temps :

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faste époque pour un (in)certain AGM, dont les nouvelles se font désormais bien rares, excepté ce tout récent billet). Pascal P., donc, sauveur de Michel M., se trouve bien évidemment à gauche sur ce cliché (ô combien riche d’enseignement pour qui a l’âme d’un Sherlock H. ou d’une Miss Marple…). Son métier : chauffeur. Les émules voient désormais où veut en venir l’auteur : plutôt que de perdre du temps en métropolitain, en bagnole le garage est à plus ou moins 5 minutes de là : une chance, le grand moustachu (« Son Altesse » comme l’appelle chaque matin Michel M., car Môssieur Pascal P. est un véritable mondain, qui ne s’ignore pas mais qui n’en a plus les moyens depuis belle lurette, lui qui fut directeur d’une salle de danse de salon en la place de Paris, avant de se faire avoir par son associé, histoire éculée certes, mais qui se produira toujours tant que les hommes feront confiance aux hommes) n’a pas de mission à accomplir. Il se prête volontiers à la demande de son collèguami. Pour la petite histoire, c’est aussi lui qui avait conseillé ce même garage afin de faire réaliser la révision annuelle de l’ex SARMobile.

Les deux hommes sont effet rendus en moins de deux coups de cuiller à pot.

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C’est à la demande de Michel M. que Pascal P. a ainsi posé car de lui-même, jamais il ne se prêté à de telles précieuses ridiculosités.

Au bout d’un petit moment, le patron se lance dans l’explication de ses malheurs vis à vis de la maréchaussée qui vient régulièrement l’emmerder, alors qu’ils savent très bien que ce garagiste est un travailleur de toute première efficacité, qu’il ne dispose pas de place pour faire ce travail et qu’ils pourraient avoir un tant soit peu d’intelligence en allant plutôt s’occuper du trottoir d’en face, là où sont garées quasi en permanence, en double file, des grosses berlines tous clignotants allumés, qu’il s’est déjà engueulé sévèrement avec l’un de ces minables verbaliseurs, qu’il en a cassé un pare-brise un jour avec menace à la clef au nez de l’abruti de flic et que le gars en a eu peur, qu’il n’est jamais revenu depuis etc. (si Michel M. n’avait pas insisté pour payer la réparation de son pneu, Pascal P. et lui y seraient encore).

Quid de la réparation en elle-même ? La mousse, qui n’avait pas eu le temps de sécher (très important ça, car sinon le pneu est définitivement foutu en cas de nouvelle crevaison) été nettoyée. Le garagiste apprend au propriétaire (c’est fou comme on oublie ces petits aléas de la vie matérielle) que le pneu a déjà subi une crevaison (Michel M. apprend à cette occasion que chaque crevaison meurtrit à jamais son caoutchouc) et que ça lui fait donc trente Euros.

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S’acquittant de la somme (aucune surprise au demeurant, c’est le tarif courant dans le cadre d’une crevaison), Michel M. prend rapidement congé des deux hommes, car le patron continue ses récriminations à l’encontre de l’Etat, des retraites, des impôts et des flics, style-genre et façon de tous patrons de PME (Petite et Moyenne Entreprise) qui tentent systématiquement de faire croire à leur clients qu’ils sont dans la mouise : un garagiste aussi bien situé qu’icelui ne sera jamais à plaindre en tout cas, allons bon.

Et c’est ainsi qu’en quarante huit heures, l’aventure de la crevaison michèlèmienne s’achève, rondement menée, promptement exécutée et dument payée. La routine, quoi…

L’imminence des vacances estivales d’automne se fait doucement sentir : le blog risque d’en pâtir : que ses émules à Michel M. soient assurées que leur blogueur adulé fera son maximum pour nourrir leur impatience dès que la possibilité s’en fera jour. Au pire, ce dimanche soir devrait être l’ultime rendez-vous avant un silence de 14 jours…

A suivre

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