Verdun IIIème, un peu de déconne pour plus de te deum

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Juste pour leur visite à l’ossuaire, une trouée de quelques minutes permit aux trois hommes de bénéficier de la meilleure couleur naturelle à même de donner à la beauté du site toute l’emphase et le solennelisme qui devaient être de mise.

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Qui plus est avec un bâtiment rénové que ça en filait les chocottes.

Mais cela ne doit pas pour autant rendre plus loyaliste que les patriotes les moins bellicistes parmi les descendants nés des rescapés de cette inhumaine boucherie que fut cette  » première guerre mondiale « , pardi !

C’est ainsi que les trois protagonistes de cette courte aventure (moins de douze heures, c’est à peine digne des SAR, nom d’un gobelet percé*) se permirent un tel affront (3 Mo le GIF, nul doute qu’il s’agisse là d’une intervention picturale de grande importance) : la preuve ci-dessous.

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Michel M. ne se souvient pas de la raison pour laquelle il chut de la sorte alors que mitraillait l’APN de son fils cadet, Kévin M. (quelque peu sosie involontaire, mais peut-être un jour délibéré, d’un cultissime « Dude » de leurs idoles, à Michel M. et son cadet), ou bien si, e au contraire, le fait qu’ainsi capturait ces vues le Nikon, il fit le guignol en singeant l’un de ces pauvres poilus déchiqueté par la mitraille prussienne alors qu’il devait franchir les quelques mètres qui les séparaient, lui et sa brigade, de la tranchée qui devait être prise à l’ennemi. Qu’importe, l’animation en témoigne : le ciel était bien dégagé lorsqu’ils se trouvèrent tous trois ainsi sis à l’ossuaire de Douaumont, tout nouvellement (encore en cours, même) ravalé et dès lors aussi blanchi que les os désormais centenaires qu’il chapeaute et glorifie. Ceci est à souligner (le ciel dégagé) car avant il faisait franchement maussade, puis la grisaille ne quitta plus les mémorialistes d’un jour jusqu’à la nuit (comme en témoigneront les clichés pris aux alentours du fort de Douaumont).

Par la suite, ils firent moult photos (enfin, Kévin M. et Marc V., car pour ce qui est de l’auteur, il avait assez à faire avec la conduite, le reportage puis cette narration balbutiante, pour avoir choisi de ne pas s’encombrer d’une, dès lors, superfétatoire et subalterne tâche) qui feront l’objet d’un diaporama dument illustré par une ambiance musicale particulièrement étudiée, façon te deum et autre Berliner messe éminemment spiritualiste, foi d’athée michèlèmien !

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Le soleil pour le cimetière, la grisaille pour tout le reste : une fois grimpés dans la tour, ce ne fut plus que nuées basses et fraicheur accentuée. Le souvenir de leur deux amis morts, Francis H. et José E., hanta les deux SAR. Marc V. et Michel M. firent un peu les malins devant l’objectif de Kévin M., après la visite du fort de Douaumont lors de la balade sur le chemin qui le contourne, mais la vue des vestiges métalliques façon barbelés et autres herses plantées en terre finit par leur flanquer le moral un tantinet tristounet. Cerise sur le gâteau, la visite du village de Douaumont, totalement détruit, en compagnie de huit autres communautés lors du conflit : les maisons sont symbolisées par un piquet surmonté d’une plaque sur laquelle est inscrit le nom des gens qui habitaient là, soit une bonne vingtaine de familles, qui furent expulsées avant que ne viennent s’écraser les obus.

Hélas, il fit nuit bien trop vite pour que les trois hommes puissent s’aventurer dans les terrains environnant, sur lesquels ont bien poussé des arbres, mais la terre garde à jamais ce relief propre aux traces laissées par d’aussi intenses bombardements, parmi les plus puissants jamais vu, y compris au XXIème siècle.

Kévin M. a clairement apprécié le lieu et a bien précisé à son père, qu’entre la 1ère et la seconde guerre mondiale, la propagande pro-américaine de la deuxième avait rendu beaucoup moins poignants les lieux commémoratifs, façon mémorial de la ville de Caen et autres souvenirs du conflit, quand Verdun donnait toute sa si terrible vérité, ô combien crue et terrifiante.

L’auteur ne pense pas retourner là-bas une quatrième fois, c’est désormais à son fils qu’il reviendra, éventuellement, de faire connaitre l’endroit à ses amis, voire à ses enfants. Si tant est qu’il en ait un jour, tellement ses propos vis à vis du monde présent et de l’avenir qui va en découler ne prête guère d’espoir de pouvoir leur donner de quoi s’épanouir dans un environnement qui fait envie.

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L’aventure michèlèmienne continue, ailleurs.

* « Percé » à l’époque pur sûr : mais, en y songeant, les gobelets en question étaient bel et bien fendus en deux, carrément… Qu’importe, il en est toujours ainsi des succès damnés : ils se veulent dignes successeurs de leur initiateurs, mais seule la critique, ô combien aisée puisque est morte leur référence, leur reste afin d’exister.

 

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