La mort du petit (gros) chien : attention, certaines scènes sont à déconseiller aux plus nauséeuses parmi les émules michèlèmiennes

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Dans la nuit de samedi à dimanche 26 janvier 2014, le petit coeur de Torpille déclara forfait après une n ième et longue crise d’épilepsie.

Arrivée en décembre 2001 dans la vie de Michel M., icelui devint rapidement le maître attitré de la peluche animée, le fils étant bien trop jeune pour s’en occuper et Sylvie T., la compagne du premier et mère du second, trop craintive pour se faire respecter par la bestiole. L’auteur peut dire à quel point, grâce à elle (la bête, pas Sylvie T.), il put s’aérer la tête quand la tension devenait trop intense à la maison. A tel point qu’il était le mec à chien qui sortait le plus son animal de tout le lotissement. Ce que la précitée (Sylvie T.) ne se priait pas de lui faire remarquer, d’ailleurs : normal, elle ne comprenait pas à quel point ces balades étaient salvatrices pour elle, pour Michel M., pour « la famille » (et pis tellement un régal pour Torpille, surtout !).

Les fins de semaine, ce n’étaient pas moins de quatre longues promenades au minimum par jour (plus ou moins une heure chaque sortie) que le maitre et sa chienne faisaient dans les environs, quelque part au croisement symbolisé sur la carte géographique entre Conflans Saint-Honorine, Eragny et Herblay : des espaces plus ou moins vagues qui jouxtaient des terrains de sports, les champs retournés, les bagnoles cramées, des manouches croisés dont les camps n’étaient jamais loin et qui déféquaient SUR le chemin, une horreur pour Michel M. Non pas pour la vue, mais parce que, du fait de ses origines Basset-Artésien-Hound, donc chien de chasse (il parait que c’est lié), Torpille se régalait de ces colombins déposés-là comme autant d’offrandes faites à Sa Majesté : elle avait en effet une très haute opinion d’elle-même, à coup de grognements à l’encontre du moindre mâle venu là pour lui renifler le derche. Seulement avec celui qui se montrait un peu plus pressant, les grognements se transformaient en couinements : Torpille était la reine des trouillardes, du genre à se planquer derrière son maître quand un mouvement pas clair se montrait. Quoi qu’il en soit, jamais en 10 années de promenades avec son cabot  Michel M. ne rencontra de problème direct avec ces gens-ci, pourtant ô combien montrés du doigt (« stigmatisés » comme on dit aujourd’hui) par la multitude et, il est vrai, ô combien itou n’ayant pas les mêmes règles de vie que les occidentaux, français qui plus est.

Enfin bon et voilà : après avoir quitté le foyer, Michel M. s’était rapidement aperçu que, autant il pensait beaucoup (trop) à sa bête pour peu qu’il l’ait sue seule depuis trop longtemps par rapport à ce qu’il imaginait être les capacités de sa vessie, autant une fois quittés les lieux, il se détacha de celle qui était pourtant sa respiration de banlieue…

Sa brune mie Elena A. avait ressenti la même indifférence, une fois quitté son appartement de Puteaux pour les quelques mois de foyer qu’elle vécut avant d’obtenir un appartement à elle. Seulement là où Michel M. estima préférable de laisser Torpille au vert (Paris est un enfer pour les cabots), Elena A. récupéra Ripley qui, à son tour, se trouva dès lors « au vert »…

Ainsi en est-il de ces animaux qui partagent notre existence, et qui la quittent sans plus de façon que cela. Tant de propriétaires les laissent pourtant leur animal de compagnie atteindre des « stades » de survie qu’en aucun cas ils ne souhaiteraient pour leurs proches. Quand bien même il ne faut pas faire dans l’anthropomorphisme, les animaux ont eux aussi le droit de mourir sans souffrance (à défaut de dignité). L’auteur peut d’autant plus en causer qu’il laissa lui-même crever dans son sous-sol sa chatte, devenue tellement malade à force de vieillesse, qui plus est rejetée par ce chien qu’elle avait vu entrer sur son territoire, puis prendre de plus en plus d’ampleur jusqu’à ce jour fatal lors duquel Torpille fit comprendre à Téquilla qu’elle n’était plus la plus forte…

Il manque plein de photos de tout ça : l’auteur en garde des mille et des cents, mais pour ce soir, il en restera là.

Des animaux, et de leur vie

201401_Tequilla&Torpille

avec celle les humains…

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