51 heures, 27 minutes et 40 secondes, partie 4, Saint-Malo (2/3) : que les âmes sensibles s’ôtent, car Michel M. ramone un brin*

2014_02_Saint_Malo10

Mais qu’est-ce donc qui put ainsi rendre Michel M. aussi abasourdi que s’il avait appris que sa tante en avait ? Hé bien ceci, mais vraiment juste ceci.

2014_02_Saint_Malo11

Comme cela, ça n’a l’air de rien. Mais les michèlèmiennes émules seront férocement heu forcément intéressées / horrifiées par ce qui va suivre, tant elles-mêmes sentent à quel point se troublent les temps qui pourraient finir par faire déborder autant de jusqu’alors calmes étendus d’accords entendus, façon étangs devenant lacs tempétueux à force de dogmes répétés jusqu’à la lie, pouvant mener à l’écoeurement chez les moins sensibilisés par la chose, le mieux étant l’ennemi du bien (apophtegme sarique par excellence, que Michel M. a converti en l’un de ses existentiels principes).

Ainsi, qui rencontre le vocable « juif » derechef pense « Shoah », et ceci est un réflexe à la Pavlov. Si tel n’est pas le cas, l’ « extra-terrestre » (faut-il en effet au moins débarquer de la planète Mars pour être aussi inculte, sacrebleu !) s’expose à de redoutables récriminations, puis à une instruction en dur avec films, photos et textes à la clef. La chose (la Shoah) a bel et bien eu lieu, c’est l’un des pires évènements de l’histoire humaine contemporaine (même de l’histoire de l’Humanité pour certains), Michel M. n’en disconvient et nie le négationniste.

Seulement quand le dogme devient un tantinet encombrant car frisant avec l’obscurantisme, Michel M. lève ses bras en X, comme il faut parait-il le faire devant un canasson emballé (lien placé là tellement il est redoutablement nul de chez machinale traduction : vive les robots) qui cavale dans les rues de la ville après s’être émancipé de son cavalier, et dit et / ou s’écrit (Michel M. « dit et / ou s’écrit », on se calme) : « Halte là, saleté d’obscurantisme et tiste ! ».

2014_02_Saint_Malo12

Pour explication de cet obscurantisme, il suffit (passé simple, à souligner en l’occurrence tant il est désormais acquis que ce temps-ci soit à jamais morte lettre) qu’il évoqua cette interrogation selon laquelle, du fait de la Shoah, certains Etats dits démocratiques (deux, ils sont deux dans ce cas) puissent s’affranchir des règles internationales de coexistence (comme, en l’occurrence, de ne jamais tenir compte des résolutions de l’ONU lorsque icelles veulent faire cesser des exactions contraire aux règles édictées par l’immense majorités des nations) afin de faire ce qu’il leur plait, pour qu’intervienne illico la censure (car l’auteur évoque en effet cette activité qui lui prend bien trop de son temps, au détriment de ce blog, c’est à dire le mariannautisme). Et c’est donc ainsi que l’auteur a-t-il récemment été confronté (ici et mais pas que, tellement le sujet est devenu prégnant) au souci de se retrouver durablement accusé d’antisémitisme (il s’en défendit comme il se fut, et comme il le put, dut-il en subir à nouveau la censure (qu’en effet alors il subit bel et bien)), consécutivement à son aveu (certes un tantinet souligné, mais sa conviction en valait sa chandelle) de ne pas accepter pour raison première (postulat, principe de vie et son tenant) La Shoah qui, par son simple concept, justifierait qu’autant de nations, par leur gouvernement, fassent autant allégeance à l’Etat Israël et l’absolvent dans ces pires travers, ségrégation, stérilisation, mur

Et alors, quid de la ville de Saint-Malo qui, ainsi, lutterait elle aussi par tous les moyens contre l’antisémitisme qui, parait-il, envahit ce pays au point que  » les juifs commencent à quitter la France « , selon M. Arno K. (duquel il est inutile de faire les présentations, n’est-ce pas), mmhm ? Que nenni, il ne s’agit que de pure convenance historique, de centre d’intérêts qui évoluent au fil du temps : l’auteur peut donc passer et penser à autre chose.

2014_02_Saint_Malo13

Et c’est ainsi que la balade reprend. Seulement là où l’azur était infinie dans un premier temps, un méchant vent de Nord-Ouest s’est radiné qui, à son tour, a fait se pointer de bien vilaines nuées, à coup sûr porteuses de pluie. Il n’y a pas qu’à la montagne qu’aussi rapidement changent les cieux : les côtes sont elles aussi sujettes à ces brusques érythèmes qui en désarçonnent plus d’un, tels ces alpinistes qui dévissent des cimes et ces marins qui versent dans les abysses des ondes, véritables tutoyeurs de la faucheuse…

2014_02_Saint_Malo14

Mais le bonheur né de ce généreux sourire est le remède idoine afin de chasser d’aussi sombres pensées : l’aventure de la vie est autrement motivante, que de se pencher sur ceux qui ne sont plus de ce monde, pardi !

2014_02_Saint_Malo15

Les premières gouttes s’en viennent humidifier l’atmosphère venteuse alors que les touristes ont fui : les sensations fortes ne cessent d’environner les deux promeneurs qui les thésaurisent, comme autant de plumes s’insérant dans le matelas sur lequel, quand sera venue l’heure, ils s’allongeront afin de laisser leur conscience les quitter.

2014_02_Saint_Malo16

Ceci étant, la poésie nourrit certes son âme, mais une âme sans enveloppe corporelle pour la maintenir en vie n’est pas grand-chose : la matérialité à son mot à dire. Ainsi, quoi de plus indiqué, alors qu’à coups de vrombissements viscéraux se fait entendre la faim, que de s’installer autour d’une table proposée par l’un des estaminets de la ville, afin de s’y rassasier d’huîtres, moules et férocement plus, puisque avérée affinité ! Le temps de donner quelques nouvelles (et d’en prendre itou car le téléphone, enfin, usé avec parcimonie, est un réel progrès dans ce domaine autrefois si distendu de la communication) à ses parents, la belle et son beau vont se régaler là, à la hauteur de ce à quoi ils pouvaient prétendre.

2014_02_Saint_Malo17

2014_02_Saint_Malo18

Ultime promenade, digestive celle-ci, dans les reliefs de la fête foraine désormais fermée (le vent, l’heure et la saison n’incitant pas à trainer tard dans les rues) : ici, un Michel M. plus vrai que nature, c’est à dire façon imbécile heureux, ce profil que revêt hélas toute victime d’un amour non raisonné. Mais il faut bien en passer par-là afin de s’affranchir des mille et une sornettes enfoncées à longueur d’oeuvres artistiques dans le crâne, et l’esprit qui y demeure, des jeunes humains innocents se croyant les maîtres du monde après leur premier baiser sur la bouche…

2014_02_Saint_Malo19

Retour à l’hôtel, en fait deux bâtissent réunies et dont il est question dans le lien de la « convenance historique » inséré en toute fin de digression sur les juifs et tout ça, et qui vit la naissance de l’illustre M. François-René de C.,

2014_02_Saint_Malo20

comme en témoigne cette inscription éminemment historique, de celles qui rendent flageolants les plus émotifs quant aux « grands hommes » et les lieux par eux habités, ce qui n’est évidemment pas le cas de l’auteur, qui ne vénère pas plus M. François-René de C. que M. Alain S., ni que M. Dieudonné M.M., dans un pur et dur « Ni dieu ni maitre » qu’il revendique haut et fort, contre vents et marées.

2014_02_Saint_Malo21

Des limites des hommes et de leur créations : voici un baromètre qui aurait bien besoin d’une tape sur son angle supérieur, afin de faire décoller cette aiguille qui est assurément totalement déconnectée des réalités de ce monde, en l’occurrence du mauvais temps qui va s’installer tout le lendemain, tss tsss…

2014_02_Saint_Malo22

Et c’est à cela que l’on reconnait les « grands-hommes » : le moindre de leur pet d’âme est adulé au point d’en faire une inscription dans un escalier dont le sens, au minimum abscons, mais en réalité d’une banalité inouïe, mais qui est toutefois sauvée par l’utilisation d’un vocable dont plus personnes ne connait le sens et qui fait donc érudit. Qu’est-ce qu’un palimpseste en vérité, mmhm ? L’auteur est certain de pouvoir affirmer que les 95% de ses lectrices et teurs humains n’en connaissent pas la définition. Aussi se fait-il un devoir de la leur proposer : « Manuscrit sur parchemin d’auteurs anciens que les copistes du Moyen Âge ont effacé pour le recouvrir d’un second texte.« 

Est-il vraiment utile de préciser que Michel M. lui-même était dans l’obscurité la plus complète face à ce terme ? Le genre de mot que l’on rencontre tellement rarement, qu’à l’instar des règles du Bridges que l’on oublie systématiquement parce qu’on ne le pratique pas, sa définition peut nous être régulièrement proposée que l’on ne s’en souvient plus lorsqu’on le rencontre à nouveau, ah ah ah.

2014_02_Saint_Malo23

Une petite dernière avant le sommeil de cette du 18 au 19 janvier de l’année alors toujours à peine naissante, ainsi qu’avant celui dans lequel l’auteur finira par se plonger ce soir, qui le verra se réveiller demain à l’aube, puis se lever afin d’affronter sa septoplastie libératrice.

Michel M. a pris soin de laisser le dernier chapitre de cette narration en suspens (Le Mont Saint-Michel sous la pluie) : ainsi sait-il qu’en aucun cas l’anesthésie ne sera définitive, puisque la tâche n’est pas achevée, pardi !

A BiEnTÔt, là-dedans !

* « Fresh Radio » environne ce billet (bien qu’initialement entamé avec Led Zeppelin I à IV) : merci Free (mais et surtout, les instigateurs de la dite radio, BIEN EVIDEMMENT).
PDF24    Envoyer l'article en PDF