Mardisme, jeudisme, symbiotisme et secourisme : 3/3b (et fin de l’histoire)

Nécropole : ce mot est pour la première fois inscrit dans les mille et un billets édités parmi les quatre blog animés par Michel M., à savoir : le premier des Sectis Adorem Rectum (SAR), à jamais détruit par l’auteur (il aurait de toute façon été avalé par le grand vide de l’éphémérité de toute présence en son sein* qui est le propre de l’internet, à force d’inactivité) suite à une manifeste arnaque de l’hébergeur Zeblog.com ; le blog de Sykemi, même cause même effet (en susss de l’éclatement des « SyKéMi » d’alors, à savoir Sylvie, vin et Michel) ; le second blog des SAR, toujours accessible (et insondable fond dans lequel pioche l’auteur afin d’étayer certains de ces écrits), et, enfin, icelui, sans cesse alimenté par Michel M. et bien que non moins, en permanence, assis sur la crête du désintérêt manifesté par le susnommé, qui trouve néanmoins toujours quelque chose à écrire. Normal : le temps qu’il passe là-dessus en est un qui le rend actif, quand tant de ses relations relatent, à chaque lendemain de cafétéria, ce qu’elles ont vu à la téloche, avec cette terrible passivité sous entendue à la clef… Mais Michel M. se recolle au sujet du présent billet, dernier (mais non le pire, « Last but not least » en étranger) de ceux relatant cette dorénavant bien ancienne aventure du bout de soi-même (ABSM).

Ainsi, la promenade de la troupe (« pauvres bêtes » pour les plus anthropomorphes parmi les michèlèmiennes émules et / ou simples lectrices et teurs arrivées là par hasard et qui auront lu les précedents chapitres de ladite ABSM) en la ville de Le Bono finit-elle, enfin, par l’amener à proximité des fameux tumulus, annoncés à grand renfort de panneaux touristiques :

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Ils sont en effet visibles, certes, mais en vérité et soit dit en passant, l’effet antérieurement escompté fait long feu : une motte de terre au loin, voilà ce que voient les quatre arpenteurs de l’Humanité ancienne en guise de nécropole… Nonobsant cette première impression, c’est en s’approchant de l’ancestral monticule que la sonnalité du lieu à eux s’impose. Ne résistant pas à l’appel de l’inconnu, Marc V. fait fi des craintes émises par les P. et, s’armant de la fonction « torche » de son téléphotophone, il pénètre comme un seul homme l’obscur trou ci-devant à lui offert…

2014_04_MM_Sauveteurs23 L’ambiance, jusque ici très bonhommique et façon serein tranquillisme, bascule dès lors dans un blairwitchisme des plus réfrigérants : le paysage semble soudain se parer d’étranges teintes irisées, à l’image de celles rencontrées par les aventuriers du lysergique acide d’antan et qui en firent part dans leurs oeuvres. Nul doute que M. & M. Timothy Leary ainsi que l’un des ses inspirateurs, Aldous Huxley, se seraient complus là-dedans. Michel M. lui-même, et contrairement à tant d’autres faux-jetons qui nient leur propre expérience en la matière (par ambition politicienne, les imbéciles et c’est un exemple), c’est à dire avoir pu tâter de la drogue (« Non mais quelle honte ! ») ce qui, accessoirement (mais derechef) les « coupe » des générations ultérieures, avoue volontiers (c’est Michel M. qui avoue, là),outre le fait d’avoir testé bien des hallucinogènes dans ses post adolescentes années, que l’atmosphère qui régna alors, dès que Marc V. se glissa dans l’orifice à lui offert, lui flanqua des frissons dans l’échine.

Il se souvint notamment d’un certain bout de « mine de crayon »** ingurgité du côté de Maisons Laffitte (1978 – 1979 ?), avec celle qui allait devenir sa première (et dernière) épouse, mais toutefois mère de son premier fils, Guillaume M., avec laquelle il vécu une expérience ô combien colorisée dans les bois de la forêt dite de Saint-Germain… Mais l’auteur est « parti » en des contrées bien éloignées de celle de la narration en cours, palsambleu ! La suite des évènements ne le contredit toutefois pas dans ses réminiscences.

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L’horreur fut à son comble quand Michel M. tenta, à son tour, une pénétration sans protection dans le béant boyau : ayant lui-même mis en branle sa torche, force lui fut de constater que le conduit était bien humide, limite gluant car possiblement glaiseux. Mais le pire fut atteint quand il aperçut une lumière tout au fond du trou, et qu’il entendit son alter ego lui intimer de l’éteindre au plus vite.

Aussitôt fait, il se trouva face à une scène épouvantablement éprouvante : que faisait donc Marc V., ainsi positionné tel un prostré de l’enfer tentant de retenir un plafond sur lui s’affaissant quand, en simultané, les parois s’approchaient l’une de l’autre ?

C’est alors que se fit l’atterrissage : point d’acide lysergique, point de sorcellerie ni de chamanisme à la « Blue Berry » (l’un des films préférés de Michel M., décrié ET par la critique ET par les spectateurs, mais pas de quoi perturber l’auteur : il a déjà vécu cela avec le film « La Plage« , que les SyKéMi avaient plébiscité mais qui fut lui aussi victime d’un rejet unanime : et puis quoi, la majorité n’a pas forcément raison, merdalors), juste un pauvre Marc V. qui avait bien du mal à s’extraire de là, tellement la position imposée lui pesait…

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Et alors quoi ? La déconne est une chose bien trop sérieuse pour la confier à des déconneurs professionnels, pardi !

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Pour preuve, cet olibrius qui décore sa clôture avecdes bouteilles en plastiques par lui découpées, taillées et qui, en susss, annonce qu’il se sépare d’ustensiles de cheminée (car un « chenet » en est indéfectiblement un) pour une tellement modique somme : la déconne est un « état d’être » avant qu’une posture : le gars du dessus ne se pense pas comme étant un déconneur, certes non. Mais pour les M&M venus là, une telle vision est ragaillardissante tant elle est primaire car naturelle et humaine. Ah ! Que cette Bretagne est belle, indéfectiblement !

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La voilà cette dernière photo, le voici cet ultime cliché qui celle à jamais l’Aventure du Bout d’Eux-Mêmes (ABEM ?) vécus par cette bande de parigots et autres franciliens, « égarés » en ces celtes terres au sein desquelles ils se sentirent pour certains, libérés, pour d’autres, apaisés, mais en tout cas tous enchantés par tant de possibles retours car tellement de non-dits.

Marc V. et Michel M.,

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deux hommes à jamais prêts à tout vivre, mais pour toujours à ne rien laisser survivre.

* Quoi que, avec ces histoire de NSA et tutti quanti, rien ne doit réellement se perdre dans les tréfonds de ce néant affiché, eh eh eh.
** Le LSD se présentait alors soit sous la forme d’un minuscule bout de papier buvard imbibé, soit d’un non moins minuscule truc qui ressemblait en effet à un bout de mine de crayon, ni plus, ni moinsss.
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