À raison de deux séances par jour, il va lui être difficile d’être prolixe au quotidien, à l’auteur

Mais de quoi qu’il cause le Michel M. ? C’est sa mie brune qui subit cela, pas lui ! Et pourtant, et pourtant… Il faut que les émules michèlèmiennes apprennent sans plus attendre (ne serait-ce que pour les prévenir qu’elles ne s’attendent pas à pléthore de billets durant ce court périple en Grèce) que Michel M. est bel et bien victime depuis ce lundi matin des mêmes sévices que Elena A. et effectués par un célébrissime (en Russie tout du moins) médecin acupuncteur Hilash Muhambetaliev, héritier d’une compétence en ce domaine de plus de 500 ans (de père en fils, quoi) et qui travailla il y a jusqu’à quelques années au Kremlin. Il possède une clinique en Russie mais vit en Grèce (comme de plus en plus de russes d’ailleurs, le niveau de vie du pays étant devenu l’un des plus bas d’Europe : merci qui ?).

Et pourquoi donc s’est-il placé entre les mimines de cet émérite professeur en blouse blanche ? Hé bien sous les conseils de sa mie, qui a constaté depuis ces trois premières années passées à son contact, que son homme avait tendance à s’agacer facilement, à exprimer « quelque énervement et autre crispation qui me prennent, parfois, lors de certaines situations : en cours de discussion par exemple, ou bien face à un con, cela où que ce soit », comme il l’écrivit à un ami ce matin même à l’un de ces amis. Aussi l’invita-t-elle à en faire part au toubib afin qu’icelui s’occupe de son cas : ça n’a pas trainé. Après avoir fait une consultation selon la méthode de l’iridodiagnostic (non reconnue par l’allopathie, bien évidemment), il fait s’allonger Michel M. sur l’un des lits là disposés (il peut accueillir jusqu’à huit patients en simultanée (les joueurs d’échecs peuvent s’aligner) et lui plante ses aiguilles dans les oreilles (3 par esgourde), une sous chaque genou, une sur chaque main et peut-même dans la gorge, il ne se souvient plus. En revanche, il se souvient de n’avoir rien senti, ce qui est le cas chez les bons acupunteurs (mais avec un tel curriculum vitae, le contraire eut été étonnant, pardi !). Vingt minutes à ce régime (c’est long) et le voici libéré. Jusqu’au soir, pour la seconde séance.

Entre temps, les deux tourteraux se sont bien amusées…

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Il va falloir que Michel M. songe sérieusement à réduire certaine vilaine rotondité qui font de sa silhouette l’exacte copie de celle qui le faisait bien marrer, lui et des potes d’antan, lorsqu’ils voyaient ce genre de choses sur les plages, nom d’un rameur ! Mais bon, en attendant, il boira bien quelques mousses avec d’autres amis, pour sûr.

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Elena A. s’essaya elle aussi au domptage des flots, mais sans guère de succès : et puis avoir vu avec quel aplomb son homme y parvenait ne l’incita pas à persévérer. Bref : promenade sur le bord de mer, mais il fallut bien retourner au cabinet du docteur Hilash M.

Et c’est ainsi que, une fois la seconde séance subie, les deux patients arborent chacun une belle auréole dans leur dos : seule celle de l’auteur est exposée, question de décence ainsi que de galanterie.

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Ce n’est pas douloureux, contrairement à l’idée que les émules michèlèmiennes ne manqueront pas de se faire devant un spectacle aussi éprouvantable. Pas douloureux certes, mais lorsqu’il apprit que les deux premières séances ne sont faites que pour préparer le corps à la suite des opérations, il se mit à nouveau à craindre « que l’on bascule rapidement vers des redoutables massages guérisseurs, de ceux qui font serrer les fesses et / ou gueuler un chouïa », comme il l’écrivit au même correspondant, dans le même courriel.

Le combat est inégal : d’un côté deux victimes consentantes, de l’autre un bourreau sûr de son fait, et qui se fait payer rubis sur ongle, le bougre, quelque soit le résultat obtenu. Icelui ne devant pas se faire réellement sentir avant plusieurs mois…

­À suivre !

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