Craquements dans leur nuque : Michel M. et sa mie en roupillent plus de 5 heures

C’était le gros du traitement, mais il n’en avait pas été prévenu (l’eût-il été que cela n’aurait de toute façon rien changé : un guerrier reste un guerrier, quel que soit le danger pressenti). En ce mercredi, jour d’une seule séance (et pour cause), après les aiguilles, c’est à une palpation musclée à laquelle eut droit l’auteur. Rien de douloureux au demeurant, mais tout de même du secouant : après deux torsion de son corps afin de rééquilibrer sa colonne vertébrale (évidemment tordue, mais elles le sont toutes un tantinet avec le poids des ans, inutile de se leurrer), c’est avec sa tête que joua M. Hilash M. Tout à fait anecdotiquement mais ça continue à situer le bonhomme, icelui s’est occupé il y a peu de Sa Béatitude Cyrille 1er, Patriarche de Moscou et de toute la Russie (et re accessoirement proche du KGB en son temps, devenu milliardaire après avoir fait dans le trafic de clopes, entre autres frasques hautement spirituelles, d’après l’Internet russe).

La tête de Michel M. entre ses mains, Hilash M. la tourna un coup à droite (un craquement), un coup à gauche (trois craquements) et, aussitôt, une impression de chaleur dans son crâne à l’auteur : « c’est le sang qui circule mieux, vous aviez un nerf et un vaisseaux coincés, vous allez devenir plus intelligent » annonça le toubib. Ce à qui Michel M. répondit derechef un modeste : « Ça va être difficile » qui fit rigoler les personnes présentes, le tout traduit par la belle Elena A. (qui venait de subir le même traitement).

Il leur fut conseillé à tout deux de s’allonger une demi-heure une fois rentrés à l’hôtel. Ce qu’ils firent après un déjeuner sur le pouce. Mais en fait d’un court repos, tous deux écrasèrent sec car c’est aux alentours de dix-sept heures qu’ils émergèrent, en encore, un chouïa hagards. Ce médecin parallèle leur avait réellement fait quelque chose, ne cessa pas de répéter la brune michèlèmienne mie, toute engourdie comme son homme. Afin de ne pas avoir tout perdu de la journée, ils se dirent qu’une balade en bicyclette dur le bord de mer leur ferait le plus grand bien. Sitôt dit, sitôt fait, comme en témoigne ces quelques clichés ci-dessous.

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Les deux bécanes grecques sont prêtes à être montées (offertes à discrétion par l’hôtel le temps du séjour).

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Certaines plages grecques n’ont rien à envier aux marseillaises : autant de saletés au centimètres carrés, même si sur ce cliché ce n’est guère probant (si l’auteur y pense, il peaufinera la vision du truc).

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Le tramway d’Athènes : inauguré avant La Crise, il est fort probable qu’il appartienne désormais à la Troïka par le biais des « fonds structurels européens » qui ont aidé à son extension, donc plus ou moins à l’Allemagne, au hasard (mais il ne s’agit que d’une assertion gratuite et lisiblement pétrie de mauvaise foi de l’auteur). Les deux touristes l’ont emprunté hier : moderne, propre mais lent. Il s’est en effet avéré que le bus était aussi « rapide » pour se rendre d’un bout à l’autre de la capitale, d’après une relation russe d’Elena A. qui vit là depuis une vingtaine d’années.

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Après l’ « effort », le réconfort : le Viennois grec, qui se sert froid ou chaud, est incroyablement répandu dans le coin. Les deux voyageurs constatent  d’ailleurs à quel point les jeunes grecs ne picolent pas d’alcool, mais bel et bien du café frappé, une boisson servie dans un grand verre, parfois mélangé avec du chocolat, et d’une crème sans goût (probablement à base d’agar-agar). Que les émules michèlèmiennes s’accrochent à leur plafond : Michel M. se but le sien (comme la veille d’ailleurs, lors de la visite du centre d’Athènes qu’ils tous, sa mie et lui, grâce au tram précédemment chroniqué). Hé oui, le pari tient la route pour le moment : quand il y a des aiguilles, il n’y a pas d’anguille (sous roche). Ils se firent donc ce plaisir, du côté du port des friqués, comme en témoignent les quelques gros bateaux visibles sur ce cliché.

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Et voici LE Restaurant qu’il faut fréquenter quand on est de ce côté-ci de la capitale grecque, c’est le  : le nom est affiché sur la photo ci-dessus. Ambiance populaire car la clientèle est presque exclusivement constituée d’autochtones (au mois d’avril en tout cas). Et, parmi les plats présentés, il ne faut surtout pas rater les extraordinaires kaserlis kebabs : de la viande marinée, mélangée avec de petits morceaux de fromages puis frite. À s’en faire péter la panse ! Découvert hier soir, Elena A. et Michel M. y sont donc retournés ce soir, mais avec parcimonie : juste deux brochettes par tête de pipe, accompagnées d’une salade grecque (légumes crus découpés en morceaux sur un fond d’huile d’olive, sans aucun autre condiment), là où la veille, c’était plus du double dans chaque assiette, « plats découvertes » obligent…

Pour finir, un aperçu du pourquoi de cette marque ronde sur le dos de l’auteur, en début de traitement. Photo prise en toute indiscrétion par Elena A., elle-même affublée de la chose la veille, à l’instar de son homme.

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Les ampoules sous vide font monter la peau jusqu’au sang si le toubib ne les enlève pas à temps. En revanche, pas de douleur à suivre. Et sur ces protubérances épidermiques, un sache de quelques plantes et autres poudres mystérieuses supposées apporter du bien au mal. De la médecine chinoise, quoi : normal, M. Hilash M. l’est à moitié.

Fin de la narration pour ce soir. Il est tard, une fois de plus : Elena A. est une femme en or pur, un exemplaire unique même, pour ainsi supporter ces longues soirées au lit à côté d’un pécéiste aussi drogué que l’est Michel M.

« Pourvu que ça ne dure pas », doit-elle se dire (si elle savait…)

 

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