Le minabilisme présenté comme un art de vivre ? Que nenni : être vivant, tout simplement

Semaine un tantinet chaotique pour Michel M. qui reçoit donc François B. …

En avant-goût pour les plus impatientes parmi les michèlèmiennes émules, ce cliché donnant à voir une scène aux édifiantes limites de la folie ordinaire (enfin, pour les plus absolutistes parmi les vivants-vivant (en opposition aux morts-vivant qui, eux, n’ont plus ni âme ni conscience à force d’écervelage consanguin)) :

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un homme en sous-vêtements plié en deux, hilare, un bon moment partagé à deux, et à faire partager à l’humanité, bien évidemment. Et quelle pouvait donc être la raison d’une telle hilarité ? L’auteur aura la pudeur de simplement écrire que les retrouvailles entre son pote de trente ans et lui-même furent à la hauteur de l’évènement : mousse, vin puis vodka jusqu’à pas d’heure dans la nuit de lundi à mardi. Seulement cette fois-ci, Michel M. se rendit toutefois à son travail après cette ripaille, contrairement à la précédente visite de François B. qui le vit piteusement se faire porter pâle auprès de son employeur le vendredi au matin.

Afin de situer le bonhomme, voici de quoi aider les lectrices et teurs à s’en faire une idée :

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À cette occasion, Michel M. a découvert que son nouveau téléphotophone connaissait le mode rafale : bien plus pratique afin de réaliser ce genre de réalisations, pardi ! Dès lors, il est incontournable qu’icelles vont désormais se répéter.

Quid de la soirée elle-même ?
Initialement, une longue conversation éminemment intello, François B. est devenu un montéssoritien de tout premier plan (il seraient trois dans le monde à avoir le même niveau dans le domaine, pas de quoi impressionner Michel M. pour autant, qui se sait être un type tout à fait atypique : ceux qui le connaissent en ont bien pris conscience depuis belle lurette : un charisme pareil, seul peut-être un certain Adolf H. en disposa en son temps : mais Michel M. est bien trop individualiste pour utiliser ce don pour de malfaisantes œuvres, la preuve).

Après cet échange tout à fait pertinent et durable, donc, c’est chacun avec sa Leffe Royale dans le bide…

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… que les deux gars passent par la case restau jap’ (donc tenu par des chinois), sis juste en bas de chez l’auteur, là où son fils Kévin M. et lui-même vont régulièrement se sustenter avant de mater quelque série US anti-TF1 ou quelque film (par exemple, ils viennent de s’enquiller les 5 opus de l’ineffable Inspecteur Harry avec le tellement bonnement réac Clint Eastwood). Mais pour le coup, Michel M. avait eu une autre idée en l’honneur de François B. : se taper Montmartre de nuit.

Un tantinet secoués par la bière et le Côtes-du-Rhône (AOC), c’est d’un pas vif et décidé qu’ils passent devant les restaurants africains peu rassurants et / ou les terrasses des cafés bien boboïsants de la rue Marcadet, jusqu’à bifurquer à droite vers la butte, un chemin qui passe obligatoirement par un escalier (le jour de cet orage, Michel M. avait lui-même filmé sa rue (attention, on en prend pour 6 minutes)).
La température est à peine de saison, pour sûr, mais la prompte allure, le relief rencontré (c’est que ça monte dur depuis chez Michel M., et ça useuuh, ça useuuhh…) et l’alcool ingurgité donnent bel et bien quelques suées aux deux marcheurs.
Ils feront le petit tour, passant devant le Cabaret Le Lapin Agile, le Clos-Montmatre, la Place du Tertre puis les marches du Sacré Coeur : peu de touristes, fraicheur oblige indubitablement.

Une idoine balade digestive en fait : Michel M. a bien réussi son coup. Mais il est temps de s’en retourner, car demain ça bosse, pardi !

Seulement voilà : ils ne tardent pas à croiser un « arabe ouvert », c’est à dire une échoppe dans laquelle on peut trouver du sel, du pain, du lait, un œuf et … de la vodka, tu penses bien. Sacré François B., va ! C’est donc parti pour une bouteille de Zubrowka. Il s’agit là d’une flagrante infidélité à la Russie, la terre d’accueil de Michel M. depuis sa rencontre avec sa brune Mie et, surtout, leur voyage à Moscou et Saint-Pétersbourg du mois de juillet 2012 (et billets suivants), mais l’herbe du bison parfume délicatement le breuvage en question, quand la vodka russe est limite insipide : hé oui, la Zub’ est originaire de Pologne.

Tout comme le pochetron qu’ils croisent là, un type au nez à la Gégé D. (autre russe de cœur, mais célébrissime celui-ci) et qui cause fort. Mais les deux promeneurs ne s’en laissent pas compter, surtout Michel M. qui a toujours la langue bien pendue dans ce genre de situation. Ils n’en viennent évidemment pas aux mains (l’auteur a toujours évité les coups depuis sa plus tendre enfance : il sut pourtant bien manier les mots qui font mal durant de longues années, ce fumier) mais, toutefois et cela afin d’assoir son autorité, le gars qui est donc rond comme un polonais, assène un péremptoire : « Je suis un général polonais, moi ! » auquel l’auteur rétorque à brule pourpoint un non moins percutant « Et moi, un amiral russe ! ». La scène se déroule sous les yeux (et dans ses oreilles) du caissier, un jeune maghrébin qui arbore un visage sur lequel se lit l’inquiétude d’avoir à flanquer ces deux vociférant abrutis avant qu’ils ne se mettent sur la tronche. Seulement, à l’énoncé de la michèlèmienne répartie, le polonais s’incline illico, ayant visiblement trouvé son maître (de cette nuit) : il ne lui restait dès lors plus qu’à quitter les lieux. Ce qu’il fait en compagnie de François B. et Michel M., tous trois devenus soudain amis pour la vie. Et c’est exactement cela, « le minabilisme présenté comme art de vivre » : pas de violence en tant que telle, juste de la déconne appuyée, le tout accompagné de la Dive boutanche ou d’un spiritueux et, surtout, qui ne se vit (du verbe vivre, ce n’est pas une faute de frappe, merci) qu’entre roubignoleux. En effet, mettez une gonzesse là-dedans et, sans coup férir, vous avez une scène autrement dangereuse, la représentante du sexe féminin faisant immanquablement monter la pression en émettant ses cris aigus et dramatisant hors de proportion une scène somme toute d’une parfaite banalité (l’auteur a constaté de telles choses à plusieurs reprises, tout au long de son existentielle vie : la femme pousse son mec à faire le coq, ou insulte celui qui discute avec lui, et ça se finit immanquablement par un pain dans la trogne de l’un des deux, voire pire si des armes sont de sortie, bon sang !). Enfin voilà : dans le cas présent, l’anecdote michèlèmienne s’est parfaitement bien terminée.

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La fin de la soirée aussi.

Et si ce cliché en choque d’aucune et d’aucun, qu’ils sachent que, du temps de la splendeur des Sectis adorem rectum, Michel M. fit bien pire en compagnie de son alter ego d’alors, Marc V. (à (éventuellement) découvrir dans les tomes 2 et 4 des « Actes des SAR » par exemple…).

Michel M., cet être humain vivant,

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existentiellement vivant.

À  bientôt.

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