Vitesse de croisière pour le bloguisme michèlèmien

Il y a quelques temps billets, l’auteur annonçait qu’il se préparait à une baisse de son TMF du fait de l’arrivée de l’annuel estivalisme, lors duquel une débandade est totale, hémisphère Nord oblige, qui voit quelques millions de Français s’agglutiner sur des bandes terres sableuses bordées d’une eau salée, urineuse et graisseuse à souhait, du fait des laits solaires étalés sur les épidermes et des mictions déversées là. Non non, pas une bande de terre à l’image de celle de Gaza, que celui qui n’existe pas nous en préserve, par la sainte Culotte de Sainte Vierge ! Car icelles ne sont souillées que par des mégots, des papiers gras et autres capotes à peine ensablées que les gamins, alors qu’ils creusent leur trou, extraient de là comme autant de trésors bien pourris : que les émules imaginent qu’un gosse innocent s’en vienne à déterrer un bras, une tête ou quoi d’autre encore des restes d’un corps déchiqueté par une bombe, quelle affaire cela ferait, saperlipopette de non mais ho ?!!

Or, il s’est avéré que le TMF du mois de juillet était encore ascensionnel, quand bien même cet outil n’est-il utile qu’afin de remplir un billet mensuel, mais en aucun à considérer comme un révélateur de l’impact de sa philosophie de vie à Michel M. (à force de répéter un truc, soit il devient suspect, soit il devient vérité, Ah ! Ah ! Ah !). Seulement voilà : c’est désormais au tour de l’auteur de se prélasser dans une semi-végétativité bloguiste.
C’est ainsi que la fréquence de publication en prend un sacré coup, pardi ! Par exemple, entre le précédent billet (déjà bien creux) et icelui (qui ne le sera pas moins), il se sera écoulé pas moins quatre journées. Un laps de temps idoine afin de leur faire perdre, aux émules michèlèmiennes, le pavlovien réflexe d’une consultation quotidienne de michel.fr, mine de rien.
Et puis ? Grand bien leur fasse aux lectrices et teurs, si elles et ils en profitent pour trouver d’autres activités aussi passionnantes que la lecture des turpitudes existentielles de Michel M. À ce propos et justement, l’auteur leur souhaite de ne toutefois pas passer à côté de ce billet-ci, tant le tranquillisme qui s’en dégage y est probant (au cas où elles et ils auraient pas pigé la moelle du truc).

C’est ainsi que, un samedi entre deux séances d’orages étant clairement prévu par les services de la météorologie française, les deux principaux protagonistes du blog en ont profité pour s’aérer. Les courses faites dans une superette du boulevard de Verdun, ou D906 (bientôt le tramway y roulera), c’est en direction de Clamart et de sa forêt qu’ils vont se « ressourcer ». Et en bicyclette, comme de bien entendu.

Inutile de narrer le parcours, d’autant plus qu’il n’y a strictement rien à en dire. En revanche, arrivé là-bas, c’est le réconfort après l’effert (ça monte pas mal par là-bas). Ils avisent un parc pour enfants déserts (le parc est désert, pas les enfants) : un banc au soleil y fait face. Mais, au moment de sortir les victuailles, se pointe une famille nombreuse, originaire des Balkans (à l’ouïe, c’est évident). Anecdotiquement, c’est à cela que Michel M. a vu à quel point l’espace Schengen était une réalité. Depuis maintenant une petite dizaine années, croit-il se souvenir (les transports en commun en font foi), les gens de l’Est ont rappliqué par centaines de milliers en France. Une réalité et une grande réussite au demeurant : ces personnes arrivant de pays au niveau de vie bien moindre, elles ont accepté des salaires de misère, quand ils ne bossent pas au noir. C’est à ce genre de chose que l’on sait que les élites politiques sont des fumiers : sous des principes humanistement altruistes (ou l’inverse) d’améliorer la vie de leur concitoyens et électeurs, ils font profiter leur copains patrons de grosses entreprises de BTP et ou de la restauration, de cette main d’œuvre bien plus efficace que celle en provenance du Maghreb et d’Afrique noire, et tellement bon marché !
Enfin bref, arrivent ces gens, bruyants, envahissants (l’un des gosses hurle comme s’il avait un truc de planté dans l’œil alors que c’est le ballon que son père ne veut pas lui donner) : Elena A. et Michel M. se tirent illico, en cherchant un endroit plus isolé dans les arbres.

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Ils trouvent une clairière absolument ravissante à quelques dizaines de mètres de là, déballent une seconde fois le nécessaire à pique-nique et commencent à déjeuner quand…

Les mêmes emmerdeurs se pointent ! Ah ! Ça mais, c’est lourd cette affaire, merdalors ! La famille s’étend sur toute la clairière (au jugé, elle doit bien faire dans les cent mètre²) avec, en prime, la grand-mère qui s’est jointe au groupe et qui doit être un tantinet dure de la feuille tant elle cause FORT. Ils remballent leurs affaires une seconde fois et repartent chercher un lieu encore plus à l’écart du tumulte des promeneurs du samedi.

Cette fois sera la bonne : il verront bien des coureurs, promeneurs et autres pervers alentours au travers et sous les arbres, mais dans la clairière, ils seront les reine et roi de l’endroit durant leur présence.

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Preuve est faite de ce qu’avançait l’auteur à l’entame du présent billet. À savoir que c’est bel et bien le tranquillisme qui régna sur la journée, quand bien même quelques vicissitudes retardèrent son emprise sur ces deux-là. Les cieux restèrent cléments : des nuées circulaient au-dessus de leur tête, mais aucune pluie ne perturba cette extase champêtre. Michel M. soupçonne même qu’il piqua une sorte d’espèce de roupillon entrecoupé de réveil : dans la nature, il faut être prêt à décaniller au plus vite, icelle pouvant à tout moment se montrer hostile. Après une question posée à l’instant à sa brune mie, il est indéniable qu’il a en effet rencontrée Morphée dans cette clairière. Et cela à quatre reprises au moins, puisqu’il lui fit entendre ses ronflements autant de fois : la septoplastie qu’il a subie en mars dernier n’a eu aucun impact sur ce problème. Mais ce n’était pas le but recherché non plus, tout au plus espéré mais sans trop y croire…

Ils sont restés là plus ou moins trois heures, dans les herbes hautes et jamais dérangés par qui que ce soit, mis à part quelques oiseaux sillonnant le ciel qui poussaient leurs petits cris à chaque battement d’aile.

La veille, ils étaient allés au restaurant japonais (tenu par des chinois) et avaient un peu abusé de la boisson (Armagnac afin de se mettre « dans le bain »), puis restaurant. Cette récupération en pleine nature était tout à fait indiquée.

Ainsi en va-t-il de leur existence commune à ces deux-là : les moments de folie

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sont suivis d’autres,

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plus apaisants.

Mais pour combien de temps encore ?

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