Lydie M. & Claude M., ces demi-sœur et père « inconnus » : 2/2

201409_Grand_cru_&_Pessac_LEntre un Saint-Émilion grand cru 2003 et un Pessac Léognan 2010, en aucun cas le corps de Michel M. ne chavira-t-il. En effet, il lui laissa siroter son Saint-Ém’ (et cela bien volontiers) à son extraordinaire brune mie Elena A., quand lui dégusta son si délicatement astringent breuvage. Déjà, de part sa robe, il lui avait semblé que le vin choisi par sa compagne d’aventure arcachonnaise pouvait bien être aux limites de la madérisation : au sifflotage, le doute persista. Mais comme il n’y connait pas grand chose en œnologie, il garda cela par devers lui.
Il n’empêche qu’au visuel, en tout cas, il y a bien un truc qui pète au yeux (en susss de ce qui frappait alors les papilles) : « quand les divergent les robes t’habite le doute ».

201409_Arcachon_St-EmEn toute fin de périple arcachonnais, c’est dans le village de Saint-Émilion que se rendirent les protagonistes de cette aventure : comme de bien entendu, Elena A. connaissait l’endroit, contrairement à son homme… Quoi qu’il en soit, indubitablement le spectacle en valut le détour. Un diapo est donc in-con-tour-na-ble.

Et même, tout compte fait, Michel M. va se régaler en en composant un pour l’entièreté du séjour là-bas. Youpi.

Au boulot, le Michel M.

Bonus : un extrait (le dernier ?) de la correspondance entre Claude M. et Michelle M. (deux « M. » et néanmoins pas mariés).

« (…) Sur le plan social, ma solitude à Adiaké – trois européens, le gendarme, le curé et moi -et mon expérience de l’Afrique, m’ont poussé, non pas à mener la grande vie, mais à donner de fréquentes réceptions dansantes où je réunis des amis blancs et noirs d’Aboissio, d’Adiaké, et d’Abidjan. Pour y participer pleinement je me suis mis à la danse et exécute – assez bien, paraît-il, valse (mot illisible ) et java . Cette plongée dans la vie sociale était pour moi, en effet, le seul moyen d’éviter l’enlisement et l’abdication. Je dois dire qu’il m’a fallu faire de gros efforts pour y parvenir, mais j’ai gagné le combat. La contre-partie est un foie fatigué, mais j’ai appris au moins à danser et j’avoue y trouver quelque plaisir, lorsque la cavalière est sympathique et qu’elle sait bien danser. Et vous, Michelle, savez-vous danser ? Je vous apprendrais vite car j’aimerais danser avec vous ( …) . «  » Vous allez me trouvez bien futile et bien changé, moi si austère et si froid ! Oh, oui j’ai changé,ce n’est pas de la futilité. Selon votre si sage conseil, je laisse remonter à la surface de mon être des bulles d’un air nouveau qui me fait entrevoir des possibilités de bonheur -ou plutôt de plaisir- que j’ignorais jusque-là .
Je voudrais vous faire participer à tout ce que je découvre aussi, et qui n’est peut-être au font qu’une illusion, et à quoi ma philosophie schopenhauerienne m’empêche d’accorder sur moi une prise exagérée. J’apprécie, mais sans y croire, je reste détaché de tout ce monde illusoire, mais mon intelligence va maintenant jusqu’à accorder à mes sens, à mon corps, à la partie la plus faible de mon être, un droit de vie que je lui déniais jusqu’ici. Et c’est là que ma matérialité reprend ses droits et que je sens le besoin d’un témoin, d’un compagnon, qui m’éviterait la dispersion tout en partageant mes joies. Tout ceci ne veut pas dire que je me laisse aller, et je vous assure bien, Michelle, que je suis bien loin de répondre à l’image de cet être nouveau que je semble être devenu pour vous maintenant, et qui s’est attiré vos conseils (…) ».

Extrait des « Lettres d’Afrique » de Claude M. à Michelle M. (tout début des années soixante).

Lydie M. & Michel M., une vie de séparation

201409_Lydie_&_Michel_M_03 pour de plus belles retrouvailles encore…

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