Nouveau tranquilliste interlude parisien, histoire de finir le mois de novembre sur un ultime billet (ce qui est toujours bon pour le TMF, pardi !)

Vendredi 28 novembre 2014, Elena A. doit aider un jeune arménien russophone de ses connaissances à se faire comprendre par les services médicaux de l’hôpital américain. Aussi a-t-elle proposé à son bonhomme de l’accompagner jusqu’à Neuilly sur Seine, puis de l’attendre dans un café, sachant qu’elle ne devrait pas en avoir pour plus d’une heure. Voilà le genre de programme qui plait tout particulièrement à Michel M. car à la fois partie de plaisir puisque Paris n’est pas loin, ainsi qu’alibi quasi sportif puisque marche à pied à suivre à la clef, pardi !

Car en effet, ce n’est pas dans un café que Michel M. va se retrouver de suite, mais bel et bien dans le désir soudain de remonter l’avenue de la Grande Armée jusqu’à l’Arc de Triomphe qui la sépare de sa sœur de continuité, c’est à dire l’avenue des Champs-Élysées. Désir d’autant plus vif que, s’étant tout récemment équipé d’un logiciel ou encore « application » (sans aucun doute bidon mais gratuit, ceci expliquant sans doute cela) installée sur son téléphotophone Androïd, et dont le but est d’inciter celui qui la possède à prendre soin de lui grâce à tout un tas de possibilités proposées, comme de connaitre le nombre de pas fait, les pulsations cardiaques, le nombre de calories brûlées (hautement fantaisiste selon Elena A. soit dit en passant), etc., il tient à faire un peu d’exercice.

Il est aux alentours de seize heures lorsqu’il quitte la bouche de métro « Sablons » (la même qui avait était le point de ralliement avec le pauvre Nikita qui avait raté son train pour Libourne) en direction de la place de l’Étoile et de son Arc. Dans un premier temps, il ne prendra aucune photographie de son périple, le paysage n’étant pas franchement digne d’intérêt, puisque composé de boutique sans relief et de bagnoles par centaines qui donnent un air aux limites de l’inconfort (ça pue fort par-ici en vérité !) : ce n’est pas endroit à inviter ses potes à sa terrasse pour une saucisse partie (« Barbecue » en étranger), car le risque ne doit pas être loin de voir s’éteindre irrémédiablement la flamme du butane (car il ne peut s’agir que d’un grille viande à pierres de lave, sans quoi la pétition suivie de l’exclusion en cas de récidive est quasi inévitable) devant tant de gaz d’échappement, palsambleu !

L’auteur n’avait jamais fait ce parcours qui lui fait passer par le tunnel qui circule sous la place de l’Étoile, où il croise quelques centaines de millions de touristes aux yeux bridés mais pas à la peau aussi jaune, comme on le dit communément et qui est encore de la stigmatisation, histoire de faire le jeu de qui l’on sait, bouhhh ! (Et Michel M. se comprend). Le temps de sortir de là, le crépuscule point : on approche les dix sept heures lorsqu’il s’extrait du boyau. Il a donc mis près d’une heure pour faire 1,9 km, du fait d’une allure nonchalante (c’est un sportif à la petite semaine, quoi). Le voici donc sur la plus belle avenue du monde, qu’il parcourt non moins nonchalamment sur une distance de 1,6 km jusqu’à la station de métro Franklin D. Roosevelt (à deux pas du bureau où travaille Elena A.).

Et c’est alors qu’il reçoit des nouvelles de sa brune mie qui est désormais dégagées de toute obligation : la soirée sera parisienne ou ne sera pas. Michel M. lui file rencard dans un bar qui a franchement pignon sur rue puisqu’il s’avance jusqu’à manger la moitié du trottoir (qui est très large à cet endroit, certes, mais tout de même) et qui a pour nom un concept ô combien tendance dans le monde dit « libre » : Unisex. L’auteur opte pour un verre de Saint-Estèphe à douze (12 !) Euros. C’est assurément un beau quartier que celui dans lequel un verre de pinard coûte trois demis de Leffe dans un bouge commun et, en outre, c’est à de tels détails que l’on se sait appartenir à l’élite d’un pays, saperlipopette ! L’attente sera longue, mais pas au point de se faire péter un deuxième verre (Michel M. ne fait pas partie de l’élite sus-évoquée, au cas où cela aurait échappé à quelques lectrices et teurs échoués là, par l’auteur ne sait quel mystère).

La belle à peine arrivée, elle ne souhaitera pas se sustenter, et c’est sans plus attendre que tous deux vont reprendre cette promenade parisienne.

Dans la continuité du parcours initié par Michel M., ils traversent le marché de Noël installé à partir du Rond-point des Champs-Élysées jusqu’à la station de métro Champs-Élysée – Clemenceau, puis laissent derrière eux la place de la Concorde en passant par le jardin des Tuileries.

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Un regard en arrière et Michel M., tout en ayant bien conscience de la médiocrité probable du rendu, prend un cliché de la Grande roue,

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puis se retourne pour prendre une vue du musée du Louvre. L’unique intérêt de ces deux vues serait, à la rigueur, de rendre « palpable » l’espace dans lequel on évolue lorsqu’on se promène ici. Car question art et joliesse, le blog a hébergé de bien plus belles vues, sur les millions de milliers qui y ont été exposées, pour sûr ! Mais ce n’est pas fini.

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La promenade se poursuit… « L’ésotérisme n’est pas loin » se dit Michel M. dès qu’il aperçoit une pyramide dans une cité européenne. Heureusement que grâce au net, on apprend qu‘il n’y a rien d’autre que de la pure architecture dans cette œuvre (la lecture des commentaires est indiquée itou), nom d’un mythe ! La Place carrée suivra, puis c’est le retour dans Paris proprement dit qui s’amorce.

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La traversée du Pont-Neuf… Avec une Seine dont la largueur a été singulièrement diminuée pour convenance personnelle de l’auteur (ça rassemble plus au canal de l’Ourcq en fait…) : le résultat n’est pas trop moche quand même, mmhm ?

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Enfin, dernier cliché pris ce soir-là, toujours sur le Pont-Neuf : inutile de faire les présentations…

La suite ? Ce sera un bien vilain restaurant italien dans lequel plus jamais plus ils ne se rendront (mais bon, sur Paris, il y a suffisamment d’estaminets pour qu’en une vie, on n’en ait pas fait le tour !). Ce n’est pas tant la qualité des mets de l’endroit qui pêche (une nourriture tout à fait respectable semble-t-il) que le couple qui le tient. Arrivés aux environs de dix-neuf heures quarante, voir ces deux-là dîner en salle ne leur donne pas une première bonne impression. Qui moins est lorsque leur repas aux patrons s’étendra alors que le service est déjà bien commencé (trois tables occupées). Puis, suite à une erreur de Michel M. « 9 clients sur 10 savent ce que c’est qu’un Reggionao Lambrusco* ! » auquel il rétorquera un vif « Et alors, je suis donc le dixième, : c’est l’exception qui confirme la règle ! », le patron dut reprendre sa bouteille juste entamée et la remplacer par un Valpolicella tranquillos. Pour la forme, Michel M. lui dit que s’il le fallait, il récupérerait en partant le pinard pétillant, en pensant in petto qu’ « au prix de sa carte, il ne va quand même pas en faire une pendule ! ».

Hé bien si : la bouteille leur est dument rendue dans un sac plastique, puisque comprise dans l’addition. Certes, rien n’obligeait ces gens à ne pas faire payer une bouteille ouverte. En revanche, commercialement parlant et vu le quartier, la carte et la clientèle, il s’agit là d’une évidente mesquinerie. Bah, les temps sont durs pour tout le monde, sans doute… Pour le reste, la nourriture était plaisante (on peut difficilement tout avoir, hein, le lait, la crème et les mamelles de la crémières !). Le plus pénible dans cette histoire, c’est que aussi bien Elena A. que Michel M., pourtant l’un et l’autre bourlingueurs d’entre les touristes, restèrent sur une mauvaise impression de l’endroit (malgré la qualité de la nourriture et l’ambiance musicalisée tout à fait idoine). En fait, se sont bel et bien les tenanciers qui posent problème. En forçant à peine, il est tout à fait plausible que, à l’époque de l’Auberge de Pereybeille, l’un et l’autre s’en fussent réellement aller à trucider quelques « mauvais clients » à la Michel M., nom d’un hachoir !

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Heureusement qu’il y a certains lieux dans lesquels est de mise l’osmose entre le métier, celui (ou celle, comme dans le cas présent) qui le pratique et ceux qui en profitent. En l’occurrence et ci-dessus, Gilbert T. et Michel M. se trouvent aux côtés de Mme Atsumo .?, ci-devant chef cuisinier du restaurant de l’entreprise dans laquelle travaillent tous ces gens qui, régulièrement, peuplent le blog

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(exposition de trombines non exhaustive).

Cette professionnelle de la sustentation a été formée à Osaka, puis à Lyon : son œuvre est remarquable, tant en ce qui concerne les saveurs que la présentation des mets. Une artiste, en vérité. Et cela pour un prix qui, initialement, sembla un tantinet élevé à Michel M. (qui composa les tracts façon marque-pages afin d’attirer les clients, pour la formule spéciale Noël) mais qui, in fine, est indubitablement en phase (et même sous évalué) avec la qualité proposée là. À noter que la boisson n’est certes pas incluse dans les trente deux Euros qu’il en coûte pour la formule en question, mais avec une entrée, un plat et un dessert, les clients ont de quoi être hautement satisfaits, Ho ! Là ! Là !

Pour la petite histoire, c’est Gilbert T. qui prit au mot Michel M. alors qu’icelui se moquait d’une tendance par lui soupçonnée chez le premier à ne pas payer son coup, commeuh les au-au-treuhhh, et qui honora l’addition.

Gilbert T., un autre artiste qui, un jour,

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sera dignement célébré sur son blog par Michel M. (en médaillon sur ce montage, selon la vision qu’en a de lui l’artiste et d’après photos), qui thésaurise les versions numérisées de ses œuvres au fur et à mesure de leur naissance…

À suivre.

Post scriptum.
L’application d’aide à la santé installée par Michel M. estime qu’il faut faire 10 000 pas par jour (soit l’équivalent de 617 calories, une véritable âneries selon Elena A.), en fonction des critères poids et taille précédemment entrés : à la fin de cette balade, l’auteur en était à plus de 25 000 pas (et il ne sait combien de calories brûlées). Si une telle bêtise (opération de flicage de plus) intéresse les lectrices et teurs, le machin se nomme « S Health ».

* Un vin pétillant à 8,5° : un truc entre le jus de raisin et le pinard., qui n’est donc ni du vin ni du jus de raisin. De l’Asti Spumante vendu même pas dix balles en magasin.

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