La Triplette d’Aix : départ à la fraîche façon pro(cto)logue* (2ème partie)

201505_3Calissons_macaron_900À peine les bagages posés et l’appartement aéré, c’est à une sortie culturelle à Aix, au tout nouveau (et privé) musée d’Aix sis dans l’hôtel de Caumont, que propose à ses compagnons de voyage Gilbert T. qui, non content d’héberger ses deux invités dans son chez lui de villégiature de cent vingt mètre carrés (acheté en un temps où l’immobilier n’était pas cette bulle spéculative qu’il est devenu et qui, désormais, rend l’accession à la propriété aussi ardue que l’ascension de l’Annapurna lors d’un séisme de magnitude 7,8 sur l’échelle (ouverte) de Richter), s’est appliqué, en susss, à établir une feuille de route sur laquelle la nourriture de l’âme est aussi présente que celle du corps.

201505_La_Triplette_d_Aix09Gilbert T. et Marc V. dans la chambre de Pauline de Caumont (en toute simplicité).

Dans le cas présent, l’exposition à laquelle sont conviés Marc V. et Michel M. est consacrée à l’œuvre de Giovanni Antonio Canal dit Canaletto, spécialiste incontournable de Venise sous toutes ses coutures heu couleurs.

201505_La_Triplette_d_Aix10« À l’intérieur de la Basilique Saint-Marc de Venise » – Vers 1760

Une peinture précise à un point tel, que Michel M. s’est dit en for intérieur qu’il fallait utiliser des pinceaux à trois poils pour atteindre une telle finesse de détail, palsambleu ! Bien évidemment, sur cette représentation de piètre qualité il sera difficile aux lecteurs de constater cette merveille d’exécution : un téléphotophone (et sans flash en susss, car interdit) n’égale pas encore la qualité d’un appareil photographique numérique.

201505_La_Triplette_d_Aix11« Warwick Castle : La Façade est » (détail) – 1752

Pour la petite histoire, Canaletto aimait à faire figurer certains de ses personnages dans des activités parfaitement déplacées dans le cadre d’une peinture de prime abord éminemment sérieuse, comme un soldat en train de mictionner dans un coin sombre, ou encore un « …moussaillon cul nu à la poupe d’un navire, en train de déféquer face au palais des Doges. », de quoi faire glousser les plus coincés parmi les prudes d’antan.

Mais après ces mille et une fortes impressions ponctuées par la double intervention d’un des gardes du musée qui, équipés d’écouteurs, entendent un son strident à la moindre pénétration dans l’espace sécurisé de chaque toile (une première fois, c’est Michel M. qui, dans sa généreuse gestuelle ô combien latine à grand moulinets de bras et autre incessant mouvement (ce qui le rend difficile à photographié) du corps, fera intervenir l’un d’eux qui lui expliquera comment bien se comporter devant des toiles de maîtres ; une seconde fois, ce sera le fait de Gilbert T. qui manquera de se vautrer contre l’une d’elles en trébuchant sur une estrade), la triplette d’Aix prend un peu de bon temps en sniffant de la colle, à l’écart de la foule…

201505_La_Triplette_d_Aix12Mais non bien sûr, Ah ! Ah ! Ah ! Il s’agit en fait de la célébrissime camera obscura dont un exemplaire se trouve à l’Hôtel de Caumont le temps de l’exposition.

Ceci étant, cette histoire de bon temps n’en est pas pour autant qu’une expression en l’air : les habitués du bouge savent à quel point entre deux activités quelles qu’elles soient, les M&M’s s’attablent et prennent une mousse.

201505_La_Triplette_d_Aix13Tel est le cas ci-dessus, les trois hommes s’installant à la terrasse de la brasserie « Les Deux garçons » à Aix afin de prendre un apéritif, avant de s’en aller ensuite se sustenter. Gilbert T. attira l’attention de l’auteur en lui précisant que la place ou il s’était assis était celle de Jean Cocteau. Michel M. rétorqua à son hôte qu’en effet, il se sentait profondément pénétré par l’esprit du défunt, mais que cela ne l’empêcherait certainement pas de siroter son 50 cl de Saint Thomas !
C’est, durant cet intermède, le règne de la douceur de vivre qui s’installe, bien servi par un défilé sur le trottoir des filles d’Aix qui, de l’avis de Marc V. et de son compagnon d’aventure du bout de soi-même, sont d’une rare beauté ainsi que fort avenantes (c’est à dire, en gros, qu’il y a beaucoup moins d’obèses à Aix qu’à Paris et, qu’en outre, les filles d’Aix sont bien plus avenantes : les trois hôtesses de l’hôtel de Caumont en sont la plus belle démonstration, avis aux visiteurs à venir…).

201505_La_Triplette_d_Aix14Les trois hommes reprennent l’auto pour les hauts d’Aix où est sis Le Mas d’Entremont, estaminet de fort belle facture comme en témoigne son site : c’est Gilbert T. qui régale (ses deux compagnons n’ayant pas insisté bien longtemps, respect du savoir-vivre et de la logique obligent, pardi !).

201505_La_Triplette_d_Aix15C’est dans la cours intérieure du restaurant que La Triplette d’Aix dinera, sous les épaisses branches d’un majestueux arbre au feuillage aussi dense qu‘une foule de pingouins qui se rend à un séminaire sur le changement climatique en cours (dont on ne sait, in fine, s’il se réchauffe ou se refroidit !). Des trois repas servis là, celui de Michel M. ne lui laissera pas un bon souvenir, la sauce accompagnant son porc ayant un très fâcheux goût de bouillon cube, ce qui est un tantinet désagréable dans un endroit aussi prestigieux. En revanche, Gilbert T. et Marc V. furent enchantés de leur poisson. Quant au pinard servi, il le leur pas laissé un impérissable souvenir. Résultat des courses : cadre enchanteur mais un chouïa surfait, n’en déplaise à Gilbert T. (qui de toute manière se rattrapera haut la main le lendemain avec un remarquable restaurant du côté de Cassis).

Le retour au bercail se fera sans encombre. De plus, les trois gars étant suffisamment fatigués après cette longue route, ils ne s’embarqueront pas dans une longue soirée de parlotte (ce qui sera en revanche le cas les soirs suivants).

201505_La_Triplette_d_Aix16Literies de Marc V. et de Michel M.

À bientôt là-dedans pour la suite de cette aventure…

* Puisqu’il parait, selon les propos d’Adrien G-M. qui fait lire à tout un tas de gens l’œuvre livresque de Michel M., que la littérature michèlémienne laisse à penser que les Sectis adorem rectum étaient une bande d’homosexuels, l’auteur se fait un malin plaisir à laisser penser que cela pourrait bien être le cas : gageons qu’avec cette nouvelle aventure en compagnie de Gilbert T., vénérable homme à la chevelure blanche encadré par deux espèces de michetons, l’impression sera encore plus tenace chez ces gens qui voient des homosexuels partout…

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