La Triplette d’Aix : retour tranquilliste (et mousse toujours)

201505_3Calissons_macaron_900Au matin, c’est le rangement qui prend toute la place : Marc V. lave la vaisselle pendant que Gilbert T. l’essuie et que Michel M., en bon inspecteur des travaux finis, se radine pour constater la propreté des lieux une fois le chantier terminé ainsi que pour regretter que cette ultime bouteille de rouquin ne fusse descendue avant leur départ…

201505_La_Triplette_d_Aix56En fait non : cette boutanche contient un breuvage des plus douteux car offert par le voisin Georges, icelui étant aussi pointu en aïoli que douteux en pinard…
Après avoir absolument souhaité que La Triplette d’Aix s’empoisonne avec un douteux rosé mousseux, ce sont deux autres vins « bizarres » qu’il a proposés aux trois compagnons. L’auteur ne se souvient pas de ce qu’il est advenu de ces deux premières bouteilles mais cette troisième (curieusement ouverte) sera en tout cas très probablement restée dans l’appartement gilbertien. De quoi se lancer dans la conception d’une mer à vinaigre lors du retour de ce C.G.T. en Aix (et en régaler Marc V. et Michel M. lors d’une hypothétique prochaine visite en ce lieu de délices existentiellement vivants).

Les sacs sont prêts de la veille, le déménagement est promptement mené. Les hommes s’en vont ensuite acheter des calissons (enfin !), qui pour ses collègues, qui pour sa brune mie et qui pour lui-même, dans l’une des meilleures fabrique du consentement heu de calissons du monde universel entier en général (au moins !) sise en Aix centre, la maison Léonard Parli, pardi !

201505_La_Triplette_d_Aix57Michel M. s’en est retourné le premier à la bagnole, le Citroën Picasso risquant de gêner les autochtones du fait qu’elle était garée devant une auto-école. Aussi, malgré son « 17 » dument signalé sur la plaque minéralogique, ce qui lui a certainement évité bien des déconvenues qu’il aurait bien pu rencontrer s’il arborait un moche « 95 » ou, pire encore, un tonitruant « 75 », les parisiens étant aussi appréciés en province que les provinciaux en Paris, selon ce dogme qui veut que tout étranger est un emmerdeur en puissance, il préféra ne pas laisser trop longtemps la SARmobile sans surveillance. Ce qui lui permit de réaliser ce très beau cliché exposant deux hommes à l’élégance certaine, qui pensent à leurs êtres chers. La maison Parli est discernable derrière Gilbert T.,

201505_La_Triplette_d_Aix_Maison_Parlimais plus encore ci-dessus (photo du net). Ces menus achats faits, il est temps de prendre la route pour l’étape du jour, c’est à dire L’Isle sur la Sorgue où les attendent Patrick & MariJo S., tous deux ex collègues de la Triplette, du temps où ils étaient en « activité » comme on dit : la retraite c’est, comme tout le monde le sent bien grâce aux dires des uns et des autres, une mise au rebut style-genre vieux clou dont on se sépare. Certes, avec moult regret, larmes, cris et tout le toutim de la sincère sincérité que les gens expriment immanquablement dans un tel cas de figure, mais ce qui n’est pas le cas de Michel M. et de ses compagnons, car lorsque le premier a annoncé la couleur dès le début du séjour : « Nous ferons un arrêt chez les S. au retour »., les seconds ont acquiescés avec enthousiasme.

Une petite heure plus tard, les voici chez les susdits S.

201505_La_Triplette_d_Aix59Comme on peut le voir, l’accueil est des plus chaleureux. Et ce n’est pas Gilbert T., trônant là comme un Maître de cérémonie lors d’un banquet familial à la petite semaine, qui dira le contraire : à peine ces cinq-ci attablés que les bouteilles de Leffe se multipliaient comme par miracle ! Un miracle qui ne doit rien à celui qui n’existe pas, mais bien plus à la diligence de Patrick S., un homme dont la passion pour la mousse est aussi connue que celle que d’aucuns ont pour sa putative mère (à celui qui n’existe pas, oui oui) : ce que Michel M. conçoit comme étant l’évidente preuve d’un humanisme chevillé au corps chez Patrick S. : indubitablement, son épouse doit bien avoir à l’esprit qu’une aussi grande bonté d’âme se rencontre rarissimement chez un homme. En effet, un type d’une telle trempe mériterait tout à fait sa pompe à mousse, saperlipopette de bon sang ! Seulement voilà et comme si souvent constaté par Marc V. et Michel M., ces deux baroudeurs de l’aventurisme du bout de soi-même, ce qu’homme souhaite, femme refuse (ou conditionne). Qu’importe, ces deux-ci sont suffisamment osmosiques pour ne pas aller leur chercher des poux dans la tête, Ah ! Ah ! Ah ! Mais c’est l’heure de reprendre le chemin du retour sur la capitale…

201505_La_Triplette_d_Aix60La gestuelle qui est de mise sur ce cliché et innocente : en aucun cas ne doit-elle être assimilée
à une horriblement nauséabonde Quenelle ©, par la sainte mule de celui qui n’existe pas !

…qu’ils atteindront en soirée bien avancée puisqu’il sera près de vingt deux heures lorsque La Triplette d’Aix se séparera définitivement en bas de chez Michel M., bouclant ainsi la boucle de ce périple qui aura eu un début, un accomplissement et une fin parmi les plus aboutis que les Sectis adorem rectum auront rencontrés depuis leur balbutiant premier voyage, puissamment hétérosexuel (et laïc) ce qui était alors l’une des conditions sine qua non pour qu’un VSAR (Voyage des Sectis adorem rectum) soit digne de ce nom étant que seuls des représentants du sexe masculin y participent (« entre couilles », en français courant).

201505_La_Triplette_d_Aix61Un principe qui sera (comme de bien entendu, mais de façon exceptionnelle) mis de côté lors d’un fameux voyage à Vichy, second du nom, pour lequel Marc V. et Michel M. embarquèrent dans leur SARmobile trois représentantes du sexe féminin de première bourre. Ça, c’est de l’aventure du bout de soi-même qui en impose, n’est-il point ? À noter que Anne B. (à droite sur le cliché) est décédée une ou deux années après ce voyage éminemment initiatique que tous les cinq vécurent alors. Tout à fait accessoirement et sans vouloir plomber l’ambiance toute festive et guillerette qui règne ici, il faut tout de même savoir que l’aventure sarique aura laissée sur le carreau trois de ses protagonistes, et cela en à peine cinq année d’existence : l’Aventure humaine du bout de soi-même (AHBSM) est totale, parfois même jusqu’à ce que mort s’en suive.

Amen.
Ite, missa est.

À suivre, l’ultime chapitre de cette narration, constituée d’un épi(pi)*logue qui exposera la créativité des M. & M., née consécutivement à ce délicieux voyage en terre provençale…

* Quoi de plus indiqué après un pro(cto)logue ?

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