Plus de répit pour Ripley

« Allez, le prochain billet sera  bien plus fréquentable, promis. » écrivait Michel M. pas plus tard que samedi soir… Certes, le présent l’est, puisque non ré-informatif et par conséquent non pénible pour les rétifs à la décortication des tenants et aboutissants des affaires du Nouvel ordre mondial, mais à quel prix ?

201508_L_adieu_à_RipleyUltime moment de bonheur pour Ripley, dimanche 9 août 2015,
quelques heures dans le parc de Sceaux.

Ce jour, aux alentours de dix-sept-heures cinquante, Ripley, la chienne qu’Elena A. a acquise en 2000, qui est née le 5 octobre de la même année et qui l’a donc accompagnée dans son existentielle vie durant près de quinze années, s’est endormie pour ne plus jamais se réveiller. Après une sérieuse première alerte qui vit Elena A. se décider à filer chez le vétérinaire, suite à deux particulièrement nauséabonds débordements style-genre de ceux qui donnent envie de tuer le responsable d’une telle ignominie, Ripley avait toutefois été sauvée par le professionnalisme de l’homme qui, comme tout bon toubib qui se respecte et qui préfère le plus longtemps possible préserver la vie plutôt que de tuer, avait filé un traitement (efficace, la preuve : de mai à août, la bête a (sur)vécu) afin de soulager « tout ça », la seconde (alerte, oui, il faut suivre les gars !) aura été fatale à l’animal. Le répit s’est tari.

La veille cependant, Ripley a été dignement fêtée (comme s’il s’agissait de son dernier jour, en fait), avec une longue sortie et, surtout, un sacré bain dans l’un des bassins peu profonds qui parsèment cette partie du parc…

201508_Sceaux+Olga01Les crocodiles (absents ce jour-là) auraient eu intérêt à bien se tenir, face à un tel esquif, bon sang !

…et qu’elle n’avait pas savourée depuis sacrément belle lurette !

Mais pour que la vie soit, il faut qu’elle rencontre la mort. C’est ainsi que l’incontinence, qui s’est brutalement déclarée en fin de semaine dernière, aura très rapidement eu raison de la (pourtant) si grande patience de la belle et brune mie de l’auteur. Après quatre ou cinq mictions répandues dans l’escalier en deux jours, ainsi que suite à une paralysie de plus en plus handicapante pour la bête et qui la faisait lourdement choir sur les marches, décision fut prise en ce lundi 10 août au matin, d’abréger cette existence de moins en moins digne, afin de libérer « tout le monde ».

Mais là où un sentimentalisme de très bas art en rend certains parfaitement ineptes (complètement cognés en fait !) jusqu’à en faire des tonnes pour un animal (pourquoi pas un mausolée pendant qu’ils y sont ?), Elena A. et Michel M. ont souhaité la plus grande intimité pour la cérémonie : alors que la vétérinaire leur proposait une incinération individuelle « et tout ça » un décisif « Niet, spasiba! » émis en chœur par la maitresse de la bête et l’amant d’icelle (l’amant d’Elena A. bien sûr, pas celui de Ripley !) lui fit écho.

Alors oui, évidemment coulèrent les larmes (ces deux-ci ne sont pas des cyborgs, pardi !), mais sans superfétatoire affectation style-genre hurlements obscènes, torsions des doigts, morsures des lèvres et tout le toutim propre à l’exubérante émotion affichée par tant de tarés, qui vénèrent bien plus leur chien en déshérence qu’un être humain qui crève de froid sous leurs yeux, allongé sur une bouche de métro par moins quinze !

Mais quand une décision a été murement prise, s’y tenir s’est s’assurer une prompte guérison.

201508_L_adieu_à_Ripley2Salut Ripley ! Tu sentais très mauvais, c’est sûr, mais tu étais tellement affectueuse…

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