Beaugency, oh oui ! 1/2

Une heure quarante minutes de route pour une destination de fin de semaine dite « de charme », voilà de quoi donner des idées à ces deux-là qui n’auront pas fait grand chose de cet ordre lors d’un été qui s’y serait pourtant prêté au plus haut point, du fait d’une remarquable météorologie qui placera probablement cette saison estivale 2015 parmi l’une des plus chaudes jamais constatées (et dûment commentées par les spécialistes de la science météorologique*).

20150829_Beaugency01Arrivée devant la porte de la magnifique bâtisse, ancienne abbaye devenue « hôtel de charme », il s’avère que la réception d’icelui n’ouvre qu’à compter de 15 heures. Qu’à cela ne tienne : l’auto est garée sur le parking de l’édifice, et le paysage alentour est éminemment alléchant…

20150829_Beaugency02Plutôt que d’attendre devant la porte, quand bien même la terrasse est ombragée et sur laquelle souffle un doux zéphyr consécutif à la présence, tout prêt de là, de la Loire (déjà visible sur ces premiers clichés), Elena A. qui s’est avisée de la présence de hamacs dans les parages (elle en est si friande), file vers eux afin de profiter de cette heure d’attente. Il semble malheureusement que ceux-ci ne soient pas domestiqués. C’est ainsi que, telle une cavalière qui choit de son canasson en mal de liberté, et suite à de rudes ruades, la brune mie de l’auteur s’en vient s’étaler les quatre fers en l’air sous l’objectif parfaitement dénué de moquerie du téléphotophone de son homme. Aucun mal à déplorer, juste un bonheur supplémentaire devant ce caprice de la vie qui se déroule sous un resplendissant soleil noyé dans un océan de ciel dénué de nuée. Mais c’est aussi (et surtout) à l’extérieur de l’ancienne abbaye que tout est à voir…

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20150829_Beaugency05Après avoir tenté une promenade sur la berge droite de la Loire, c’est finalement sous la salvatrice ombre de platanes (au moins) tricentenaires que ces deux fieffés bourlingueurs se mettent à l’abri d’un cagnard de toute première bourre. Seconde image, il est quatorze heures cinquante huit, c’est temps de s’en retourner vers le Grand Hôtel de l’Abbaye afin de prendre possession de la chambre. Le château (ô combien médiéval) de Beaugency a fière allure, n’est-il pas ?

20150829_Beaugency07Cette carte murale du monde tel qu’il était recensé au XIVème siècle qui est exposée à l’œil du client venu s’acquitter-là du rituel hôtelier, donne le ton : on n’est pas là pour rigoler, ni pour frimer ou faire dans le modernisme et tout le saint-frusquin d’une époque ô combien matérialiste mais qui, au bout d’un compte à rebours sacrément entamé, ne laissera pas grand chose de grandiose derrière elle, tout du moins dans le domaine de la spiritualité en tout cas, Ah ! Ah ! Ah !
La bâtisse est grandiose (le pognon qu’il a fallu mettre là-dedans pour en faire un hôtel ne se compte certainement pas en salaires michèlémiens Hi ! Hi ! Hi !) et le mobilier idoine, comme en témoigne ces gigantesques fauteuils qui sembleraient avoir été conçus pour une clientèle de géants, et qui sont sis dans un salon que surplombe la mezzanine menant à la chambre…

20150829_Beaugency08…des deux voyageurs du bout d’eux-mêmes. Aussi, bien que les Teutons et autres Nordiques soient d’une taille moyenne supérieure à celle des Français (pas difficile ceci dit), et outre le fait que ni les uns ni les autres ne se sont longuement invités en France, ce mobilier doit bien dater d’une époque bien ancienne, lors de laquelle rencontrer des géants n’était pas incongru, tout du moins du côté du Nord de Gaïa.

En revanche, obtenir cette chambre aura été la démonstration que l’étoile de Michel M. a une fois de plus brillé. L’auteur ne se rappelle pas s’il a précédemment fait allusion à cette affaire d’une étoile qui lui serait comme un ange gardien (pffllll, quelle çonnerie !), mais le fait est que le nombre de fois où, par exemple, il a bénéficié d’une chance inouïe pour se garer dans des endroits hyper bondés (avec pour témoin Elena A. qui pourrait le certifier style, genre et façon « Croix de bois, crois de fer, si je mens je vais en enfer ! ») pourrait en troubler plus d’un. Mais pas l’auteur, qui imagine plus volontiers que c’est grâce à « sa façon de voir les choses de son existentielle vie » (le michèlémisme) qu’il peut se dire qu’il est chanceux (à la mesure de celui qui voit  son verre à moitié plein quand son voisin le verra à moitié vide).
Toujours est-il, qu’arrivé à la réception de l’hôtel, il lui est répondu qu’il n’y a pas de chambre réservée au nom de Michel M. !!! Icelui le certifie néanmoins avec deux courriels à l’appui, qu’il peut exhiber sous le nez de l’impertinent :

20150829_Beaugency_ReservationLe gars ne le lui demandera pas, sachant pertinemment que la merde vient de « chez lui », et certainement pas de ce client pétri de bonne foi, puisque passé par un site de réservation en ligne, pardi ! Sa défense consistera donc assez rapidement à balancer sa collègue (absente, puisque on est samedi) qui « aura sans doute effacé le mél » (pauvre conne de gourde, bin tiens !). Il s’agit d’un jeune barbu portant col de chemise ouverte qui laisse entrevoir une pilosité certaine ainsi qu’un magnifique crucifix de couleur or. Mais le personnage est mu par une nonchalance non moins certaine (à la limite du létargisme) qui lui confère ce côté mou propre au métro-sexualisme (un peu trop) développé (c’est à dire aux franges du G de l’LGBTisme très con et sensuel, qui a pignon sur rue désormais). Michel M. ne pense pas que cette croix ostentatoire l’absout pour cette attitude de tête à claques, mais toujours est-il que le gars va s’en sortir par une magistrale pirouette (ainsi que grâce à la michèlémienne étoile, donc) en lançant un : « je vais vous donner la chambre économique, c’est la seule qui nous reste (!!!), pour un prix moindre que votre réservation, mais avec le même service (cad. peti-dej inclus, ni plus, ni moinsss) ». Pas de problème pour Michel M., qui a pigé que cette unique chambre était faite pour sa brune mie et lui-même (qui plus est à un moindre coût, ce qui est toujours bon à prendre, n’est-ce pas ?).

20150829_Beaugency09Il s’agit donc de la chambre n°19, et qui porte le nom d’un sacré déconneur tout de même, hein ?!!

20150829_Beaugency10En médaillon, un aperçu de la qualité du papier-peint, qui a fortement impressionné Elena A.

Michel M. est un train de chercher les coordonnées du site de réservation en ligne afin de lui faire entendre de quel bois il se chauffe, non mais oh !, HÉ ! Seulement, après quelques secondes d’échanges aimables bien que fermes de la part de l’auteur, il appert que le fautif est l’hôtel lui-même et rien que lui. La preuve en est que la correspondante de weekendesk demande à Michel M. d’attendre quelques instants, le temps pour elle de contacter ledit établissement. Quelques minutes plus tard, l’affaire est entendue (comme le révèlera la suite, précédemment développée ci-dessus : ce que l’on appelle une narration non linéaire et qui, en outre, risque bien de faire perdre à Michel M. quelques uns de ses déjà rares lecteurs, Uh ! Uh ! Uh !).

Voici donc les deux visiteurs posés, l’auto est garée jusqu’à la fin du (bref) séjour, LE bagage est en lieu sûr, tous deux peuvent dès lors s’aventurer dans la ville…

20150829_Beaugency11Enfin, c’est l’heure du repos du guerrier. En effet, il s’agit là d’une coutume michèlémienne, et cela depuis ses premières affres aventuresques vietnamiennes…

20150829_Beaugency_(Vietnam_201007-08)Michel M., un certain lundi 19 juillet 2010 à l’aéroport de Saïgon (ex Hô-Chi-Minh-ville), déjà…

…depuis toutes ces années de transports de toute sorte, de périples tous plus formateurs les uns que les autres, que de s’assoir à une terrasse de café afin d’y siroter une bonne vieille grosse mousse des familles, le plus souvent de la Leffe, mais la Grimbergen ou l’Affligem sont évidemment tolérées, le temps d’assimiler ce qui s’est produit précédemment (et quelle que soit la teneur de ce qui s’est produit précédemment, bien entendu).

La visite de Beaugency peut dorénavant commencer.

* Une science de moins en moins exacte, si Michel M. se fie à son professionnalisme personnel (datant de plus ou moins quarante-cinq ans environ) d’observateur patenté du ciel et du temps qui en découle, alors que les calculateurs utilisés par cette matière scientifique sont les plus balèzes de l’univers mondial dans son ensemble tout entier en général.

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