Vraiment pas de quoi pavoiser avec les Charlies

D’une messe communautaire à une autre, avec inversion complète de la cause chérie à la clef.
Alors qu’en tout début d’année les Français les plus dociles (ils sont pléthore) étaient conviés à une grande messe communautaire afin de fêter la liberté d’expression (de la presse), en cette fin de même année, c’est la fin de cette liberté d’expression tout court que les mêmes Charlies sont dorénavant appelés à cautionner, car la France renonce officiellement à la Convention européenne des droits de l’homme.

D’un drapeau français à l’autre, avec inversion de la signification quand on s’y réfère.
Avant le 13 novembre 2015, parler du drapeau français et faire état du respect qu’il pouvait inspirer, faisait systématiquement passer la personne agissant ainsi pour réactionnaire, fasciste, nationaliste, (et plus si affinité).

Ainsi faudrait-il cautionner sans moufter les recommandations d’un gouvernement qui a fait la démonstration de son incurie et de son absolu cynisme, qui donne à voir à la véritable communauté internationale (la vraie, pas celle dont nous rabâchent à longueur de propagande les médias et qui ne correspond qu’aux pays occidentaux) qu’il est plus que jamais « hors-sol » avec cette assourdissante impunité (doublée d’une immoralité à toute épreuve) qui lui sert de paravent ? Désolé les gars, mais c’est sans moi. Cette équipe de socialauds ne mérite certainement pas que Michel M. se prosterne devant les dépouilles de toutes ces personnes tuées par d’autres salauds armés et formés par les premiers, cela parce que François H. le demande.

Honte à lui, honte à ces messieurs-dames les ministres, honte à ces hommes et femmes politiques qui ne veulent surtout pas quitter la table où ils se goinfrent à longueur de mandat sur le dos de leurs électeurs.

Un recueillement sincère n’a certainement besoin d’être vécu en troupeau, ni d’être télédiffusé ou imposé par ceux-là mêmes dont la responsabilité vis à vis de ces attentats est aussi clairement engagée.

201511_MichelM_NiDieuNiMaitreMichel M. en voie de singulière radicalisation.

Bonjour chez vous.

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InterLune

Mercredi 25 novembre 2015

2015125_InterLune » …tard le soir et regardant par la fenêtre de sa cuisine exister la vie du dehors… « 

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Malin plaisir michélèmien : le magazine « Marianne » pris en défaut de fauconnerie avancée

Michel M. l’a à plusieurs reprises narré dans son blog : durant de longues années, il a été un abonné de la version papier de l’hebdomadaire « Marianne » (et de son ancêtre « L’Évènement du jeudi » dans les années 90) qui se piquait alors, en susss de faire lire une version « iconoclaste » des affaires de ce monde, d’avoir une vision autre de la société française, de la politique française, enfin bref, des Français tout court (car en ces temps ancestraux, Michel M. était encore etho-centré franco-européen) : de l’atypisme de première bourre, comparativement aux refrains serinés soir après soir, jour après jour, semaine après semaine, etc., par les collègues de la presse papier. À le lire, l’hebdomadaire « Marianne » augmentait régulièrement ses ventes quand tous les autres périclitaient. Mais à lire ceci, c’est une autre partition qui se fait lire…

Bref, les chiffres d’un côté, le contenu de l’autre. Michel M. a interrompu son abonnement papier. D’une part, suite à différents incidents survenus sur le forum de la version numérique de Marianne, style-genre censures à répétition sur les fils de discussion, alors que michelm faisait partie des plus corrects (et humains, si si) parmi les intervenants du bouge (son départ, qu’il annonça, lui valut de tels témoignages d’ « amitié »). Et, d’autre part, suite au décalage (qui finit par devenir véritable abîme) entre ce qu’il lisait dans le magazine, et ce qui était diffusé par les sites de ré-information qui commençaient singulièrement à lui sembler dissonant avec ce que « sa bible » narrait des choses et de leur cause. Il faut préciser que  parallèlement / simultanément à cela, au sein même de l’équipe de Marianne, des changements de personnes (mais pas que) ont fini par modifier la ligne éditoriale du média. Qui devint alors de plus en plus en phase avec ses potes de la presse hebdomadaire, quand bien même en prétendant toujours être en marge de la bien-pensance et tout ça.

Le divorce se consomma donc dans un premier temps avec la version numérique, notamment à cause de l’intolérance dont fit de plus en plus preuve la soit-disant « sous-traitance » du forum. Puis, son corollaire, par un désabonnement complet avec demande de cessation des prélèvements trimestriels opérés par le média. Dès lors, Michel M. put définitivement se donner à ses choix pleinement assumés de ne plus se farcir le ciboulot avec des mensonges, omissions et autres falsifications de l’information opérées par TOUS les médias institutionnels sans exception, et dont Marianne fait allègrement partie comme démontrés ici (valeurs 2013) : Marianne subventionnée à hauteur 1 533 731 euros, plus 1 349 814 euros de compensation tarif postal. Cela tombe dès lors sous le sens : si Marianne se montre trop virulent à l’encontre de l’État, icelui fermera le robinet, pardi (ce qui explique que le Monde Diplomatique ne se trouve pas dans cette liste, quand ben même ce média ait, lui aussi, fini par sembler à l’auteur parfois frileux, notamment vis à vis de la Russie face à l’Occident, très probablement un restant d’extrême-gauchisme à la noix) !

Bref, à ce compte-là, l’intro va finir par être plus longue que le billet que Michel M. souhaite faire partager, saperlipopette de crottes de bique ! Voici donc sans plus attendre l’objet en question. L’auteur leur en souhaite bonne lecture à ses putatifs visiteurs.

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« Avec nous, ou avec les terroristes » : les éditorialistes-faucons sont de retour

par Colin Brunel,
Les voix dissidentes sont-elles encore audibles ? Question que l’on peut légitimement se poser au regard de l’assaut mené par certains éditorialistes et chroniqueurs, depuis les attentats de vendredi soir, contre celles et ceux qui n’adhèrent pas pleinement à la rhétorique de « l’union nationale ».
Au-delà de l’évidente condamnation de ces actes ignobles et de l’expression de la solidarité avec les victimes et leurs proches, certaines organisations et certains individus ont tenté de faire entendre une voix discordante, refusant de s’identifier de manière acritique à la politique française, qu’elle soit étrangère ou intérieure.

Ces voix discordantes ont-elles raison ? Là n’est pas la question. Il s’agit plutôt de savoir si elles ont le droit de s’exprimer dans l’espace public et, singulièrement, dans l’espace médiatique. Nous estimons que oui, car rien ne saurait justifier l’interruption du débat démocratique, a fortiori dans un moment où une population sous le choc a envie, et besoin, de réfléchir et de comprendre.

Or de toute évidence, certains considèrent qu’il est urgent de faire taire ces voix dissonantes. Mais comme ils ne peuvent aller jusqu’à demander qu’on les interdise de s’exprimer, ils ont choisi de les attaquer de front, en maniant caricatures, amalgames, voire mensonges, afin de les délégitimer.

« Crétins »

Cela a commencé dans la nuit du 13 au 14 novembre, avec un éditorial signé Joseph Macé-Scaron, publié sur le site de Marianne avant d’être repris (et parfois reformulé) dans la version papier du magazine. Extrait :

Et l’on voit déjà les cortèges des crétins des deux bords d’extrême gauche et d’extrême droite s’avancer vers nous. « Ce sont vos guerres, ce sont nos morts » clament les premiers. Comme si la lutte contre les fous de Daesh et ses métastases en Afrique étaient une affaire de guerre coloniale. Décidemment (sic), jusqu’au bout, ils n’auront rien compris.

Au-delà du classique amalgame entre les-extrêmes-qui-se-touchent, on ne pourra manquer de relever la finesse argumentative du directeur de la rédaction de Marianne (« crétins », « rien compris »), plagiaire avéré qui s’autorise, du haut de sa superbe, à jeter le discrédit sur ceux dont il ne partage pas l’avis.

Quelques heures plus tard, toujours sur le site de Marianne, c’est Thibaut Pézerat qui prend la relève, dans un article [1], entendant dénoncer « les commentaires politiques les plus obscènes » : « D’un côté du front, les appels au calme, à l’union nationale, les messages de solidarité. De l’autre, ceux qui soufflent sur les braises encore chaudes, éparpillées ça et là à Paris, à Saint-Denis ».

Et le journaliste, à l’instar de son patron, d’amalgamer sans gêne « extrême-droite » et « extrême-gauche », et de regrouper sous le même label (« vautours ») un Philippe de Villiers parlant de la « mosquéisation de la France » (sic) un Lionnel Luca évoquant « un pays en voie de libanisation » et les positions de Lutte Ouvrière (LO) et du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA).

Ces deux organisations ont certes publié, après les attentats, des communiqués de presse [2] dans lesquels elles établissent un lien entre les interventions militaires françaises au Moyen-Orient et les attentats de Paris, exprimant leur refus de joindre leurs voix au concert de « l’union nationale », tout en condamnant fermement les attentats.

Mais Thibaut Pézerat n’a pas peur du ridicule, puisqu’il s’en prend à la « complaisance de l’extrême-gauche à l’égard de l’horreur islamiste  » tout en citant un communiqué du NPA qui dénonce la « barbarie abjecte en plein Paris » [3]. On ne peut que conseiller au journaliste d’ouvrir un dictionnaire et de se renseigner sur le sens des mots « barbarie », « abjecte », et « complaisance ». Cela lui évitera peut-être, à l’avenir, les calomnies [4].

Toujours dans Marianne, Jack Dion caricature une nouvelle fois les propos de ce qu’il nomme « la brigade islamo-gauchiste » [5]. D’après sa lecture, pour « eux » (le NPA, « des associations, des syndicats et des partis de gauche », Julien Salingue…), « la France et les djihadistes sont ainsi renvoyés dos à dos, l’une étant jugée aussi responsable du bain de sang que les seconds. » Et son raisonnement va même plus loin : « cette sphère islamo-gauchiste (…) se refuse à toute condamnation explicite du djihadisme et (…) assimile toute condamnation de l’intégrisme à une forme de haine à l’égard des musulmans. » Pourtant, si l’on excepte un extrait tronqué du communiqué officiel du NPA, Jack Dion ne se base sur rien d’autre que quelques idées reçues pour appuyer son analyse.

« Ils excusent les tueurs »

Dans son édition du 15 novembre, Ouest-France, sous la plume de Michel Urvoy, entonne le même refrain : « l’extrême-gauche, en toute impunité, légitime le bain de sang en plaçant au même niveau la violence faite aux terroristes et la violence que les terroristes nous infligent ». On notera au passage cette petite originalité : selon Michel Urvoy, dénoncer les violences subies par les peuples du Moyen-Orient équivaut à dénoncer « la violence faite aux terroristes ». Tous terroristes ?

Et on notera aussi ce cran supplémentaire franchi dans « l’abjection », avec cet intertitre : « ils excusent les tueurs » [6].

Le 15 novembre toujours, Benoît Rayski, sur le site atlantico.fr, s’essaie à l’humour méprisant, lui qui n’en est pas dépourvu, s’étant déclaré par le passé à la fois « islamophobe de droite » et « islamophobe de gauche ». Un titre à rallonge (« Oui, le carnage de Paris était prévisible ! Et le NPA et Lutte ouvrière sont là pour nous révéler que c’est Hollande, Sarkozy, Le Pen et la bourgeoisie qui ont tout préparé… »), un surtitre particulièrement drôle (« Crétins de tous les pays, unissez-vous »), et quelques formules tout en légèreté (« [ils considèrent] que le Coran est un nouveau Manifeste communiste », « Évidement (sic) qu’ils sont tordus, qu’ils sont grotesques et pitoyables »)… Tout est bon pour faire passer LO et le NPA pour des « crétins » complotistes et intégristes. Et on ne pourra manquer de relever cette déclaration de Benoît Rayski, qui en dit probablement plus sur son auteur que sur ses cibles : « Pendant longtemps, ils ont eu de la choucroute dans la tête. Ils l’ont remplacée par du couscous ».

Oui. « Du couscous ». Misère…

Dans un « billet » publié le 16 novembre, Gérard Biard, rédacteur en chef de Charlie Hebdo, ne fait pas dans la métaphore culinaire et raciste, mais n’y va pas non plus par quatre chemins, comme en témoigne le titre qu’il a choisi :

Le NPA, selon Gérard Biard, considèrerait que les attentats sont « une juste réponse à la lutte contre Daech en Syrie ». Et d’évoquer « la complaisance dégueulasse d’une certaine extrême-gauche à l’égard du terrorisme islamiste ». « Juste réponse » ? « Complaisance » ? « Amis de Daech » ? On se demande bien où le rédacteur en chef de Charlie Hebdo est allé chercher de telles calomnies, et s’il se rend compte que George W. Bush, avec sa vision binaire du monde (« avec nous, ou avec les terroristes »), pourrait lui réclamer des royalties.

« C’est notre faute si l’on nous tue »

Le bal s’est poursuivi le 16 novembre avec un éditorial de Caroline Fourest sur France Culture, dont le titre se suffirait presque à lui-même : «Nos morts, notre légitime défense». On y apprend, originalité suprême, ceci :
 » Comme au moment du 11 janvier [2015], les Français se sentent largement unis et solidaires après une attaque aussi lâche et aussi monstrueuse. Mais on entend déjà des voix discordantes. Par esprit retors, ou rebelle, à moins que ce ne soit le syndrome de Stockholm, vous en trouverez toujours pour donner raison aux assassins. (…) C’est la faute à notre intervention en Syrie. À nos guerres extérieures contre l’islam politique, selon Michel Onfray et le NPA. À notre islamophobie et à notre loi sur les signes religieux à l’école publique, selon les groupes victimaires habituels et le Guardian. C’est donc notre faute si l’on nous tue. »

À quel moment les groupes et individus ciblés par Caroline Fourest ont-ils prétendu que les victimes des attentats étaient responsables de leur sort ? Aucun ! Ils ont même affirmé le contraire, en reprenant notamment le slogan « vos guerres, nos morts ». Mais l’éditorialiste de France Culture, adepte des raccourcis et des amalgames, ne s’encombre pas de nuances. Dans « le monde selon Caroline Fourest » (c’est le titre de la chronique), il n’existe que deux couleurs : le noir et le blanc. Et tous ceux qui ne sont pas d’accord avec elle sont, forcément, dans le camp du terrorisme.

Sous la plume de Maurice Szafran (ancien directeur de « Marianne », note de Michel M.), dans Challenges, c’est le point de vue de Michel Onfray qui est réduit à de ridicules simplifications. Le titre ? « Quand Michel Onfray trouve bien des excuses à l’État islamique », publié en « réponse » à une interview de Michel Onfray dans Le Point [7], au cours de laquelle Michel Onfray tente notamment de « mettre en perspective » les attentats en évoquant « les conditions qui ont rendu possible ce qui advient ». Mais essayer de comprendre, d’analyser les causes, revient pour Maurice Szafran à « excuser » les actes, et « in fine, à déresponsabiliser leurs crimes. » Le jugement de l’éditorialiste est sans appel : « L’accablement, la tristesse, et parfois même la gerbe, vous saisissent. » Rien de moins.

Les « islamo-gauchistes », les « amis de Daech » ou encore les « crétins », sont en fait, selon Franz-Olivier Giesbert des « marxo-pétainistes ». L’éditorialiste du Point développe sa réflexion (19 novembre 2015) : « En état de soumission devant l’ennemi, ils se prononcent contre toute mesure « sécuritaire » et tentent de terroriser tous ceux qui sortent des clous. » Drôle de vision des choses, quand on voit la difficulté que peuvent avoir certains à exprimer un point de vue dissonant… Puis, pour rendre complète son analyse, Giesbert ajoute que « ces maîtres-censeurs [sont] (…) les meilleurs alliés de Marine Le Pen. » Nous avions compris.

***
Choqués, révoltés, meurtris par les attentats ? Nous le sommes toutes et tous. Cela doit-il nous interdire de réfléchir ? Non. On peut évidemment ne pas partager les positions des organisations et des personnalités incriminées par les éditorialistes cités, et même considérer qu’elles sont à contretemps du deuil des familles et des proches des victimes, mais rien n’autorise à les balayer d’un revers de manche en ayant recours au mensonge et à la diffamation. À moins de penser que lorsque des attentats sont commis par des individus se réclamant de l’islam, toute réflexion et toute discussion doivent être suspendues. Ce qui est éminemment problématique, a fortiori lorsque des décisions politiques d’ampleur sont prises dans la foulée des attentats.

Or, réfléchir, comprendre, expliquer, ce n’est pas justifier. Il serait temps que certains le comprennent pour ne pas répéter éternellement les mêmes erreurs en faisant régner une terreur intellectuelle qui, sous couvert de défense de la liberté, tend à ruiner encore un peu plus les conditions élémentaires du débat démocratique.

Colin Brunel

Pas si facile de se préférer éveillé dans un monde qui voit autant de saletés (raccourcis – mensonges par omission – travestissements des évènements – etc.) déblatérées par tous ces sapeurs, à la façon d’une cinquième colonne qui diffuse La Vérité d’État. Ça l’est plus, si l’on ne se résout pas à atteindre ses télé et radio (pour commencer). Mais en temps normal, cette extinction se fait naturellement tant ce qu’on rencontre dans ces médias est terrible d’abrutissement.

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Ré-info : un attentat, selon que vous êtes occidental ou… étranger

Guernica

par Miroslav Lazanski

Ce qui frappe, à propos des attentats de Paris, vu de l’extérieur de la zone Otan, c’est d’abord l’incroyable racisme des populations atlantistes sur celles du reste du monde. Européens de l’Ouest et États-uniens considèrent que leur vie est infiniment plus estimable que celles des autres humains. Peu importe donc les 4 millions de morts musulmans de leurs guerres ou les 224 Russes de l’Airbus détruit au Sinaï, nous sommes priés de ne pleurer que les 130 victimes françaises.

Réseau Voltaire | Belgrade (Serbie)

Paris à midi et la « Marseillaise ». Le réveil est très douloureux et désagréable. En avril 1937, le bombardement de Guernica a été un choc pour tout le monde, c’était la première fois que la population civile était la cible d’avions qui volaient si haut qu’ils étaient à peine visibles. Jusque-là, en temps de guerre, c’était une armée contre une autre. Il y avait bien sûr des tueries, mais on respectait la règle selon laquelle la population civile devait rester protégée. Cet honneur militaire a été remplacé par l’impudence d’un monde dans lequel c’est uniquement le soldat qui est protégé et dans lequel ce sont uniquement les civils qui sont en même temps otages et victimes.

Belgrade a été bombardé en 1999 pour soi-disant protéger les Droits de l’homme au Kosovo. À ce que je sache, les soldats ne sont pas morts à Valmy pour protéger des Droits de l’homme, mais pour protéger les frontières nationales. Tous ceux qui ont perdu le sens de la défense des frontières, ont perdu la raison.

Le jour où l’Europe a abandonné, au nom de la supra souveraineté, les frontières entre les États qui la composent et les a remplacé par la politique, et quand elle a accepté à ce qu’une ville européenne —Belgrade— pour la première fois depuis 1945, soit bombardée, elle a sombré dans le chaos et la folie. Parce que la guerre en Europe en 1999, la guerre contre la Serbie, était menée au nom d’une Europe supranationale. C’est une idiotie sanguinaire à laquelle pourraient apporter des réponses adéquates uniquement l’ironie de Swift ou l’humour de Voltaire.

Et maintenant, comme par miracle, tout le monde en Europe est surpris par la tragédie de Paris. La chancelière Merkel, de noir vêtue, déclare sa solidarité. Obama déclare qu’ils sont tous solidaires dans la tristesse avec la France. Et ils devraient l’être. Mais, où était la solidarité avec la Russie pour Beslan, le théâtre de Moscou ou maintenant pour l’avion de ligne abattu avec des touristes au-dessus de Sinaï ? Est-ce que les Européens ont manifesté pour présenter leurs condoléances pour les touristes russes morts ? Est-ce qu’un bâtiment a été décoré avec les couleurs du drapeau russe ? Il n’en est rien, ou du moins, pas autant qu’aujourd’hui, lors du deuil pour la France. Je ne voudrais pas mesurer la quantité de la tristesse internationale, c’est un travail délicat, mais je suis émerveillé par cette ambiance d’hyper sécurité qui règne depuis très longtemps en Occident. Un peu comme le culte du corps éternellement jeune qui n’a pas le droit de vieillir, un rêve infantile d’immortalité ou d’omnipotence, tout ça sous une couche d’un insupportable puritanisme.

« La France est en guerre », disent maintenant les hommes politiques français. Ne me dites pas que les bombardements de la Libye en 2011 étaient une fête pour enfants, ou alors l’intervention dans les conflits en Syrie ? Est-ce que l’élite française flotte dangereusement depuis longtemps dans un monde irréel ? Si vous lancez des bombes sur les autres, loin de votre territoire, vous devez vous attendre à ce que l’adversaire —ou le partenaire dans le crime— vous réponde de temps à autre. Puisque l’adversaire ne dispose pas d’avions, ni de sous-marins, il répondra avec les moyens du bord —le terrorisme. Et puisque les civils sont la cible la plus facile à atteindre, ils frapperont sur eux. Puisque les civils sont aussi des électeurs.

Des appels, des déclarations et des communiqués sur la nécessité d’une lutte commune contre le terrorisme ne sont d’aucune aide. D’abord parce que tous les politiques devraient se mettre d’accord sur ce qu’est le terrorisme. Puisque ce n’est pas possible, car le terrorisme est pour certains une stratégie auxiliaire, il se produira un autre Paris. Ailleurs. Puisque les terroristes sont financés par 40 États…

Traduction : Svetlana Maksovic
Source : Politika (Serbie)

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Prises d’otage de 170 personnes au Mali par 2 (ou 3) personnes qui ne revendiquent rien

21 novembre 2015

Prises d’otage de 170 personnes au Mali par 2 (ou 3) personnes qui ne revendiquent rien

Des prises d’otage sans aucune revendication, les terroristes commencent à nous y habituer. Cette dernière au Mali a tout de même fait au moins 18 morts et plusieurs blessés ! Que s’est-il passé dans la capitale malienne ce matin du Vendredi 20/11. En gros, deux (ou trois) personnes décident de prendre en otage 140 clients d’un hôtel de Bamako avec les 30 employés présents, et se font descendre après une intervention rapide (la plus rapide de l’Histoire du monde). Que pourraient bien revendiquer deux personnes qui savent que, de toute manière, ils ne s’en sortiront pas vivants ? Et, en effet, après une action éclair des groupes d’intervention français et américain, cent fois plus rapides pour réagir à des situations se déroulant à des milliers de kilomètres de Paris que dans le 11ème arrondissement, les deux preneurs d’otages ont eu ce qu’ils s’attendaient à avoir.

Il y a eu 22 morts (les chiffres varient) et plusieurs blessés, mais au moins, les agresseurs ont été éliminés. Dégâts collatéraux. Ailleurs qu’en Europe, c’est un chiffre qui, apparemment, a été considéré comme acceptable, surtout en Afrique, à part peut-être pour BFM TV qui relevait : «  Trois otages ont été tués, dont un blanc  ». Mais le plus important, ce n’est ni la prise d’otage, qui n’a aucun sens, ni l’intervention du GIGN et des Américains, mais la revendication de l’attaque sur Twitter par le groupe armé «Mourabitoune», une filiale d’Al-Qaïda, qui sévit dans le Sahel. Voilà sur quoi devra désormais plancher le monde. Les médias insistent là-dessus : ce qu’il faut retenir, c’est que Al-Qaïda a encore frappé, et qu’il faudra venger, d’une manière ou d’une autre, les morts de Bamako. Au Mali. Oui au Mali, car c’est là que cela s’est passé, et c’est là qu’il faudra aller punir les coupables. Tout le monde sait où se trouvent les chefs d’Al-Qaïda, mais, peu importe, ce sera au Mali qu’il faudra envoyer les troupes qui éradiqueront les forces du mal. Quand il y a eu des attentats à Paris, il n’est venu à l’idée de personne d’envoyer des troupes guerroyer en France, mais bon, on sait que les situations ne sont jamais comparables.

Ça tombe bien. Les Allemands et d’autres copains en Europe avaient déjà décidé d’aller jeter un coup d’œil en Afrique, pour « donner un petit coup de main » à la mission française dans ces contrées. La prise d’otage au Mali prouve bien que leur initiative était amplement justifiée, voir prémonitoire. Maintenant que les évènements leur ont donné raison, il n’y a plus qu’à accélérer le déploiement des troupes qui viendront protéger les Maliens qui, pour la plupart d’entre eux, n’avaient jamais entendu parler ou n’avaient qu’une vague idée, avant ce Vendredi, des terribles « Mourabitoune », capables à deux (ou trois) seulement, de contrôler 140 clients d’un hôtel enfermés dans leurs chambres, en plus du personnel dispersé dans tout l’hôtel.

Quel que soit ce que diront les analystes, la prise d’otages au Mali illustre au moins une chose : ceux qu’on nomme Al-Qaïda, Daesh ou autres, n’ont besoin d’aucune raison pour s’attaquer à un pays. Les médias (et Daesh) disaient que Paris avait été attaqué à cause des interventions françaises en Syrie, bien que la France ne soit intervenue que très peu. D’autres, dont le premier ministre Valls, disent que les terroristes ont visé Paris pour s’en prendre au mode de vie des Français, une sorte de French Way of Life. Est-ce aussi valable pour les Maliens ? En tout cas, il n’est pas sûr que l’on verra des pancartes « JE SUIS BAMAKO ».

Avic – Réseau International

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Une semaine après : Paris en pente douce

201511_Paris_la_nuit_Elena_veloL’Assemblée nationale, 19 novembre 2015

  • S’étant préservé depuis ces huit derniers jours du tombereau de friture qui s’est écoulé sans arrêt de l’ensemble des médias institutionnalisés par voie de radio-télé-presse écrite ;
  • ayant en outre été quelque peu éloigné de ses sites de ré-information depuis le début de semaine en ce qui concerne Michel M., pour cause de « surmenage »,

les « témoignages » de la collégiale de la cafétéria sont les uniques informations relatives à cette semaine post attentatoire à la « démocratie » française qui auront permis à Michel M. de entendre la façon dont les Français ont réagi suite au massacre du vendredi 13 (130 morts répertoriés ce samedi 21). Enfin, parmi les moins Charlie d’entre eux toutefois, car à force de fréquenter l’auteur, même les plus convaincus* que La Vérité d’État dispensée par le biais des supports institutionnels ci-dessus évoqués est fiable rentrent la tête dans leurs épaules devant la véhémence michèlémienne ré-informative.
En effet, tel un rouleau-compresseur, les éructations de l’auteur écrasent les maigres arguments que les plus combatifs pourraient émettre (qui ne sont juste, la plupart du temps, que des points de vue – images de France glanés ça et là au gré de « journaux » télévisés (+ radio et presse papier) qui ne donnent que l’avis dominant à l’Ouest, le plus souvent sans aucune preuve de ce qu’ils avancent, le niveau zéro de l’information, n’est-il pas ?). Il faut préciser qu’à force d’avoir lu depuis bientôt deux années des milliers de pages ré-informatives, il est devenu impossible à qui que ce soit de faire prendre à Michel M. des vessies pour des lanternes, Ah ! Ah ! Ah ! En outre, l’avantage de s’être si intensément frotté à cette contre propagande permet d’éviter de s’arrêter à des « nouvelles » aussi passionnantes que de savoir s’ « «il y avait-il ou non une femme parmi les tueurs » (exemple en cours de l’occupation des cerveaux moutonnistes par les médias).

Mais de tout ceci, les quelques trois pelés et deux tondus qui fréquentent l’endroit en sont convaincus. Aussi, fi de discours, place aux images que la brune mie de Michel M. a récoltées lors de ses pérégrinations dans les rues de la capitale.

Ci-dessous : Place de la République dans la nuit du 17 au 18, puis le Marché de Noël des Champs-Élysées, le jeudi 19 au soir.

À bientôt là-dedans (ça bruisse bien dans les sites alternatifs, mais le couvercle de la propagande continue de fait son office : les Charlie qui sont toujours convaincus que le gouvernement fait bien son travail (1, 2 et 3) et ils continuent comme un seul ruminant à gentiment brûler des bougies, à faire des minutes de silence et à vouloir être protégés par des mesures d’exception, youpi !

201505_Benjamin_F* Enfin bon, le convictionisme auquel il est ici fait allusion, est à la mesure de celui qui est supposé mouvoir les élus. C’est à dire rien de plus qu’un postulat, un dogme devenu à force de mille et une compromissions, scandales, mensonges, trucages de toutes sortes, véritable conte que l’on raconte aux abrutis qui continuent à cautionner ces menteurs-voleurs-tueurs en votant pour eux, à chaque fois qu’on le leur demande. Braves cautions d’un système qui a pourtant fait depuis tellement belle lurette la démonstration que ceux qui s’en prévalent sont corrompus absolument !

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