Le Lundi 16 et les jours d’après : un parisien dans un Paris en guerre

En ce dimanche 15 novembre au soir, après être rentré dans son appartement parisien suite d’une fin de semaine des plus plaisantes chez Elena A., Michel M. a frôlé les prémices d’un semblant de début de frisson, né consécutivement à l’impact des évènements de l’avant-veille (à retardement donc, ceci est à préciser tant sa brune mie et lui-même se sont épargnés les centaines de kilomètres de sirupeux flot et flux dispensés par les télochéradios qui endorment les gens (et devraient les faire vomir itou) aussi certainement qu’un fix d’héroïne, mais durablement). En effet, tard le soir et regardant par la fenêtre de sa cuisine exister la vie du dehors, il en vint à se demander de quelle façon il se rendrait à son travail ce lundi.

201511_Paris1108_0Le doute habite Michel M.

La solution la plus évidente était d’utiliser les transports en commun et, en l’occurrence, d’emprunter le métropolitain. Manque de bol, c’est l’image d’un tueur daeshisé à mort, les yeux rougis par sa foi et les mains pleines d’une Kalach’, l’arme parfaite car la plus fiable au monde, qui lui colla illico un trou dans la peau avec des piquants dans le bide et de la brume dans  quinquets. Le flippe allait-il s’installer Michel M., ce fier combattant de la servilité et autre ô combien anxiogène et décervelant Charlisme, cet egotico-ethnocentro-narcissico-léptique à tendance misanthrope et néanmoins très sociable ?

Mais c’est quand il s’imagina s’installer quelques jours chez sa reine brune, qu’il se dit qu’il fallait illico qu’il fila au lit avant de sombrer dans une paranoïa susceptible de lui flanquer une nausée à même de lui faire rendre son (très bon) yaourt nature Vrai personnalisé par une cuillère de miel des montagnes.

201511_Paris1108_2L’idée que son homme vienne s’installer chez elle ne serait-elle pas si agréable que cela
à envisager
pour Elena A. en fin de compte ?

Préférant s’éviter une telle déconvenue ainsi qu’étant adepte du précepte selon lequel « La nuit porte conseil », il s’endormit rapidement, ses voisinage et quartier étant d’un grand calme, à compter des vingt-deux / vingt-trois heures.

Lundi matin, douche prise, argent colloïdal et grand verre de lait-amande + lait-riz avalés, c’est sans hésitation que Michel M. s’en va prendre son métro de La Ligne 13, parait-il l’un des exemples mondiaux de ce qu’il ne faut pas faire en transports en communs souterrains, comme l’avait écrit il y a 7 ou 8 années (?) le magazine Marianne (pour la petite histoire, ce média a été effacé manu militari par l’auteur, lorsque sa conscience géopoliticienne s’est éveillée lors du Maïdan, avant, pendant et après), ce qui ajoute à l’impression cette connotation antique)), mais il n’est plus / pas le seul, comme en témoigne ce classement du mois d’août 2014 des pires métros du monde.

Le constat est détonnant : aucun militaire, aucun policier ne patrouille dans la rue. C’est rassurant (alors que c’est leur présence qui est supposée rassurer les parisiens et banlieusards, oui oui bien sûr). Sur le quai du métro, idem. De quoi permettre à la foule de tranquillement vaquer à ses activités pré-attentats. Car quand bien même l’esprit est-il toujours aux aguets, les doigts se sont remis à pianoter sur les écrans des téléphotophones comme mille et une fourmis qui viennent butiner le morceau de sucre préalablement humecté. Une telle attitude est-elle le signe d’une schizophrénie ordinaire propre à tout francilien empruntant les transports en commun (donc planquée par une agressivité à fleur de peau), ou celui d’une sévère trouille bleue hyper rentrée ? Seul l’avenir peut l’écrire…

Ainsi donc, malgré les prompts renforts diligentés par l’État, les forces de l’ordre augmentée sont invisibles, ce qui peut, tout à fait accessoirement, éviter l’anxiogènisme habituellement dispensé par les manipulateurs à l’œuvre aux commandes de ce pays, notamment par un premier ministre non avare de formules chocs style-genre icelle.

Michel M. fera juste observer que la France est en guerre contre la Syrie depuis un moment déjà, soit plus ou moins quatre années. Et ce n’est pas parce que l’agression française se passe de l’autre côté de la Méditerranée que le pays n’est pas en guerre chez lui, désolé M. Daniel C-B. (c’est quand son débranchement à ce vieux pédant ?), ça ne se passe pas comme cela, un conflit entre deux pays. Encore moins un conflit aussi illégal que celui-ci, car la France (et la coalition états-uniennes à laquelle elle a fait allégeance, obscène vénération à l’endroit de l’Oncle Sam oblige) n’a aucun droit de bombarder un pays souverain sans l’accord de l’ONU (ce qui est le cas de la Russie qui a été appelé par son allié Bachar al Assad, ce qui change tout, mais bon…). Aussi, que cette guerre finisse par déborder de ce côté-ci de la mer était inévitable.

Question à zéro balle : en quoi la vie des Française s’est-elle améliorée depuis que François H. s’amuse à la guerre en Syrie ? En quoi cette guerre nous concerne t-elle ? Michel M. pourrait évoquer l’ignominie Sarko-BHLhyène de Libye, mais tout a déjà été écrit à ce sujet (ne pas le savoir est devenu un acte délibéré de ne pas vouloir le savoir, ce qui correspond pile-poile à la définition même du charlisme, Ah ! Ah ! Ah !).

Alors bon, on s’habitue certes à tout, mais s’attendre à ce que l’État défende ses administrés est la moindre des choses, merdalors ! Le problème, c’est lorsque cet État fait des guerres un peu partout (normal quand on suit comme un petit chien façon Bichon les États-unis dans leur messianisme ultra prédateur-destructeur), il finit par en récolter les fruits, pardi !

Arrivé dans le quartier un tantinet bourge (VII ème) qui abrite son employeur, toujours ni CRS, ni policiers et ni soldats : sapristi, mais où sont-ils donc ? Une réponse donnée par l’un des collègues de l’auteur vient de tomber (mercredi 18) dans l’escarcelle michèlémienne. Alors qu’icelui allait récupérer hier soir son fils cadet qui est apprenti au Plaza-Athénée, il constata la différence de traitement fait au peuple, suivant que l’on demeure (ou circule) dans un quartier populo ou huppé. Alors que du côté des restaurants ciblés et sis au croisement des rues de Charonne et de Faidherbe, il y avait grand foule venue là pour se recueillir, il ne vit pas un képi ni un treillis pour (éventuellement) protéger tous ces gens, en revanche arrivé du côté de l’avenue Montaigne, c’est un barrage de police qui l’oblige à s’arrêter. Eh oui les gars, pour approcher la haute société (c’est à dire la quintessence de ce qu’il faudrait sauver de l’humanité en cas de coup dur, n’est-ce pas), il faut montrer patte blanche ! C’est ainsi qu’avant d’avoir le droit de s’engager dans la rue où se situe l’un des plus célèbrissimes hôtel-restaurant cinq étoiles de la capitale française, il est demandé à tout conducteur d’auto d’exhiber ses papiers face à des forces de l’ordre armées jusqu’aux dents, alors qu’aucun attroupement n’est à « gérer » par les forces de l’ordre : selon que vous serez puissant ou misérable, l’État vous jugera digne d’être sauvé ou abandonné (hardie paraphrase de « Les animaux malades de la Peste » de Jean de la Fontaine).

Ceci dit, Michel M. ne sous-entends certainement pas que les forces de l’ordre fassent mal leur boulot, que nenni. D’une part, parce qu’elles obéissent aux ordres (ça c’est imparable) et, d’autre part, parce qu’elles ont été réduites depuis une dizaine d’années par les précédents présidents français, préoccupés qu’ils ont l’obligation de ne l’être (car eux aussi sont des employés comme les autres, et qui obéissent à leurs maîtres) que par les contingences économiques, et cela depuis un sacré bout de temps désormais. Ce qui, indubitablement, exclue le bien être du peuple de leur pensée / devoir. Cette population qui, bêlement, continue de compter sur ces menteurs, spolieurs et tueurs pour la protéger.

Voici donc où en sont les choses de son existentielle vie à Michel M., en ce qui concerne les attentats. Car pour le reste, rien n’a changé depuis ce vendredi 13 novembre 2015.

201511_Paris1108_3Et lui alors, entre les immigrants et les attentats, a-t-il toujours de quoi roupiller ?

Vivement la suite de cette histoire du XXIème siècle qui, depuis septembre 2001, a pris un sacré coup d’accélérateur, à même peut-être (et c’est un michèlémien vœu pieux, mais il ne doit pas être le seul à l’espérer) lui permettant peut-être (à l’Histoire) de basculer dans une autre aventure, un autre monde, puisque multipolaire…

À bientôt.

   Envoyer l'article en PDF   

Laisser un commentaire