Une fin d’année en pente douce

Mardi 29 décembre au soir
201512_Fin_d_année_en_pente_douce01En ce 31 décembre 2015, Michel M. s’en vient clôturer son exercice bloguiste de l’année par un ultime billet dont la teneur se situe pile-poil dans cette fumeuse veine de l’anodinerie la plus michèlémienne qui lui est si chère.

Afin d’en faire la démonstration sans plus attendre, il expose illico cet éprouvantable montage de deux horribles portraits de sa brune mie et de lui-même (éminemment sans intérêt d’où leur indéniable charme), alors que sa belle et lui-même passaient une soirée belgo-russo-française au restaurant « La Tablapizza«  de la Place Clichy, en compagnie de…

201512_Fin_d_année_en_pente_douce03Nadia & Patrick, (elle aussi originaire de Tashkent, tout comme les A., quand Patrick est Belge) venus de Lièges rencontrer la belle-même d’Elena A. ; Nadia & Oleg (son père et cousin de Gala A., donc), lui étant originaire de Omsk dans la Russie lointaine…

201512_Fin_d_année_en_pente_douce02…Lointaine et fichtrement glaciale : ce n’est pas là-bas qu’une COP21
aurait pu être organisée par l’ectoplasme François H., Ah ! Ah ! Ah !)

201512_Fin_d_année_en_pente_douce04…. Tout comme Gala, seconde épouse d’Oleg (un prénom décidément très courant parmi les relations d’Elena A., car avec celui-ci, Michel M. en connait désormais trois), elle aussi venue de ces inhospitaliers territoires jusqu’à Tashkent, où elle rencontra le père d’Elena et patati et patata, la vie et toussa.

Cette petite troupe se sustenta donc dans ce restaurant sans prétention aucune, mais au rapport qualité-prix tout à fait fréquentable (même que Michel M. a récupéré un bon de réduction de 5 euros à valoir sur une addition d’au moins 30 euros, ce qui est commercialement judicieux puisqu’il est quasiment assuré que l’auteur et sa brune mie y retourneront prochainement dument munis de cette ristourne, pardi !).

Au final, cette rencontre au demeurant très agréable, les belges étant des personnes dont, d’une part, le sens de l’hospitalité n’est plus à vanter et, d’autre part, dont la gentillesse et la bonhommie sont elles aussi universellement connues, vaudra à Elena A. et son homme une invitation pour Lièges (un périple qui pourrait prendre place au printemps prochain, qui sait ?) ainsi qu’à tous, une bonne petite soirée sans prétention mais à haute dose d’humanité bonhomme ce qui, par les troubles temps qui s’enhardissent à envahir le quotidien, n’est pas à négliger, bon sang de sacrebleu !

201512_Fin_d_année_en_pente_douce05Le retour du restaurant s’étant fait bien tôt (même en rentrant à pied pour Michel M. et sa muse),
un petit en-cas terminera sans problème aucun cette dure et longue journée de travail.

Mercredi 30 décembre
C’est un gros chantier qui attendait l’auteur ce jour-là, car bien que ne travaillant pas ni ce jour ni le lendemain (soit aujourd’hui jeudi 31), il s’était promis d’enfin rempoter la plante grimpante (dont le nom lui échappe) qui s’était mise à s’enrouler autour du lampadaire d’intérieur, au plus grand plaisir de Michel M. dont l’intérêt pour les plantes est (au moins) aussi développé que celui pour les animaux (un penchant que l’on retrouvait chez les nazis, semble-il, des gens qui devaient être un brin misanthropes sans doute, tout comme l’auteur mais qui n’est pas nazi lui-même, bien que pas vraiment porté sur la mansuétude à l’endroit de ses congénères humains).

201512_Fin_d_année_en_pente_douce06Il faudra sans doute quelques temps pour ce pot soit caché par la plante qu’il héberge…

Pourquoi ce chantier en plein hiver, après cinq années sans histoire avec ses plantes d’intérieures ? Parce que Michel M. avait du temps devant lui, et que le pot avait fini par ne plus être suffisamment grand pour l’importance qu’avait prise la plante. En outre, et bien qu’il s’en doutait un tantinet, la promiscuité entre les deux essences ne se faisait pas sans problème, sourtout  pour l’un des deux Spathiphyllums qui ainsi égayent son salon. En effet, en déplaçant la plante à ratiboiser il s’aperçut que la cohabitation de l’un de ces deux Spathiphyllums avec sa voisine était âpre, un peu à l’image de certaines de ces personnes venues d’on ne sait trop où, mais qui ont le status de « migrants » (en l’occurrence « immigrants » en vrai français) et qui montrent certaine propension à réclamer bien plus que ce que leur condition d’exilés est supposée leur octroyer… C’est d’ailleurs une chance que les plantes n’expriment pas de telles récriminations, saperlipopette de sacré nom ! De toute manière, elles le feraient que Michel M. ratiboiserait fissa leur prétentions, non mais ho !

Pour en revenir au chantier lui-même, il se déroula bien plus aisément que ne le crut Michel M. au moment de s’y atteler : le sol carrelé de sa cuisine fit parfaitement l’affaire, et c’est ainsi que cette histoire ne dura qu’une toute petite heure, nettoyage y compris, ce que l’auteur qualifie d’efficacité certaine (qui pourrait en douter, accessoirement, lui qui ne procrastine jamais afin d’avoir l’esprit le plus libre possible pour d’autres activités, pensées et tout le toutim qui agite un ciboulot comme le sien, c’est à dire en constante éruption, mmhm ?).

Jeudi 31 décembre
C’est en cours, et il ne se passera rien de particulier : Elena A. va venir en fin de journée retrouver son homme chez lui. Tous deux vont se faire un diner un peu amélioré, suivi d’une séance de grattouille de tignasse pour la belle brune, dont la chevelure s’apparenterait à l’un de ces fameux (fumeux ?) point « G » dont les femmes sont victimes, cette activité se déroulant exclusivement devant la téloche. Ce qui nécessite incontournablement la présence (en stock) d’un film à voir, car il est absolument hors de question que ces deux-ci se farcissent les abyssales çonneries style-genre « Super bêtisier de l’année », ou autres dégoulinantes de faux-culisme émissions de variétoches ultra convenues, dont ont le secret les télévisions du monde dorénavant (car elle aussi est plus que jamais mondialisée, puisque faisant partie de l’œuvre d’abrutissement des masses, bin tiens !).

Voici donc la façon dont va se dérouler cette saint-Sylvestre, date comme une autre dans leur existentielle vie à Elena A. et Michel M., l’une et l’autre n’étant pas secoués du tout par le passage d’une année à une autre.
La première, parce qu’étant d’origine russe (et, en l’occurrence, de culture orthodoxe), elle ne reconnait pas trop le calendrier grégorien et sa nouvelle année qui commence au 1er janvier, cela au profit de la tradition orthodoxe qui fait débuter cette même année le 6 de même mois.
Le second, car ces fêtes « obligatoires » l’ennuient désormais profondément : Noël est une fête pour les enfants, la famille, des valeurs que Michel M. comprend et accepte bien volontiers. En revanche, la Saint-Sylvestre est une fête pour la fête, ce qui n’est pas loin de représenter l’horreur même pour Michel M., décidément de moins en moins sociable, quand bien même est-il d’un naturel extraverti.

C’est l’année prochaine que les « hostilités » vont reprendre, avec ce périple carcassonnait du 8 au 10 janvier (avion+auto+hôtel) que l’auteur à programmé pour sa brune et lui depuis plus de deux mois. Et ça c’est youpi !

À l’année prochaine,la-dedans !

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Retour sur les lieux de son crime à Michel M. 3/3

Samedi 12 décembre 2015 à Criquetot l’Esneval, il fait beau et presque chaud (pour la région s’entend, car de là à se flanquer à l’eau, il y a (au moins) une combinaison thermique que Michel M. n’enfilera pas !). Ce sera donc la journée qui verra la réalisation de leur vœux à tous les cinq, c’est à dire se balader le long du front de mer, au pied des falaises normandes. Et c’est Émile C. qui va les y conduire, en passant par un endroit peu connu des touristes et qui permet d’arriver à d’Étretat par sa gauche (face à la mer).

201512_Etretat12aAprès un rassérénant petit-déjeuner, lui même précédé d’une nuit de campagne ô combien roborative…

201512_Etretat12… la troupe s’apprête à quitter la chaumière du père Émile C.

201512_Etretat14Voici la voie d’Antifer, le fameux accès si peu connu des vacanciers mais qui emprunté par moult autochtones, parmi lesquels des chasseurs : les parigos en croiseront trois groupes, juste avant d’emprunter le chemin. Il s’avérera en fait que la ville est inaccessible par cette voie à moins d’une grande marée basse, mais qu’importe : ils sont venus pour la nature, pas pour la ville, pardi !

En revanche, avant d’atteindre la plage et ses galets, une « petite » marche est de mise…

201512_Etretat12bDe quoi essouffler ce pauvre Émile C. qui, avec ses soixante dix balais passés et, jusqu’à récemment, sa pratique du tennis à « haut » niveau (à son âge, les tournois ne sont pas à la portée de tous, sacré vieux briscard !) a désormais du mal à se déplacer à un rythme jugé normal par la troupe.

201512_Etretat12c

201512_Etretat15L’accès à la plage est un peu long, certes…

201512_Etretat13… Mais le jeu en vaut indubitablement la chandelle !

201512_Etretat16Michel M. imagine que l’immense majorité des franciliens (habitant de la région de l’Île de France) qui se respecte, est allé au moins une fois à Étretat ou, tout du moins, sur la côte normande. Il est donc fort probable que ces photos leur paraitront éculées. Mais il ne faut pas tout ramener à soi : les visiteurs de ce blog sont susceptibles de « venir » d’horizon aussi divers et lointains que de toute partie de la planète, ou bien de la nébuleuse de l’Aigle…

201512_Nébuleuse-de-l'Aigleou encore…

201512_Galaxie_du_Sombrero…de la galaxie du Sombrero, qui sait ? Et ce n’est pas parce qu’aucun commentaire ne l’atteste que cela est du domaine de la pure utopie, mhmm ?

Enfin bref, l’auteur reprend le fil de sa narration. Mais après ces bouleversantes images venues des confins de l’univers seul un diaporama peut désormais rivaliser, aussi tartes puissent être les clichés qui vont y défiler : l’humanité est terrestre et, parfois même, tellement terre à terre que l’humilité doit être de mise afin de supporter son infinitésimale petitesse, sacré nom de celui qui n’existe pas !

Et c’est parti pour un diaporama musicalisé de trois minutes et quarante quatre secondes neuf centièmes.

201512_Etretat17Les A. et Michel M. s’éclipseront de l’orbite émilecéènne au retour de la promenade. Ils ne passeront pas par la case chaumière afin de prendre un dernier café/thé ou toute autre boisson souhaitée, au grand dam du père Émile C. qui se retrouvera donc seul dans sa grande maisons de campagne en ce samedi 12 décembre au soir.

Quand bien même l’adage dit « Jamais deux sans trois », Michel M. n’est pas assuré de revoir ce vieil homme au souffle court. D’une part, parce que l’existentielle vie que sa brune mie et lui-même mènent de concert risque bien de les écarter pour un long temps des côtes normandes, notamment pour cause de ras-le-bol car même s’il est certes aisé pour un parisien de filer sur la Manche (plus ou moins deux heures de route, c’est vraiment bonnard !) afin de se faire un mini séjour des plus romantiques, le côté rengaine de la chose devient lourd. D’autre part, parce que ledit Émile C. n’est plus tout jeune et que si le temps semble passer de plus en vite pour l’auteur, il est fort probable que cette impression soit encore plus vivace pour le vieil homme, pardi !

Afin de ne pas se quitter sur une note un tantinet triste, Michel M. propose une vidéo qui conte en image tout ce qui précède :

À bientôt là-dedans !

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Réinfo – « Le principal fléau de l’humanité n’est pas l’ignorance, mais le refus de savoir » – Simone de B.

Voici un article comme il n’en existe que rarement dans la presse occidentale, que ce soit par sa longueur ou par son contenu, pour l’excellente raison que ce contenu ne peut souffrir de contestation autre que les malhonnêtes mépris et déni, tel qu’ils sont régulièrement exposés par le président Barak H. O. et ses conseillers.

En outre, l’auteur est l’un des plus grands journalistes américains de ce siècle (et du précédent).

Michel M., qui est si souvent taxé d’anti-américanisme, donc de pro-poutinisme qui est son corollaire, aimerait tant que ceux-là mêmes qui n’ont que ces concepts (ô combien vaseux !) à la bouche dès qu’il tente de défendre les actions russes en Syrie face à celles des États-unis d’Amérique (et de leur pitoyables vassaux européens) cessent de cautionner l’atterrante propagande anglo-saxonne qui a cours depuis si longtemps…

Maintenant, et comme le dit si bien le titre de ce billet, c’est à eux et à eux seuls, en leur âme et conscience, de poursuivre sur la même voie… Ou sur cette autre voie qui mène à la vérité ou, tout au moins, à une version des faits et des causes des affaires de ce onde plus proche de la vérité que ce qui est donné à voir, lire et entendre par les médias institutionnalisés (puisque financés par l’État), même si ce terme (la vérité) est devenue d’une prétention aussi inouïe que l’est l’abrutissement des masses, ceci expliquant cela.

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“Échanges entre militaires” : les révélations de Seymour Hersh sur la Syrie

Seymour-M.-HershLe journaliste d’investigation Seymour Hersh livre ainsi un long article sur le partage du Renseignement américain  sur la guerre en Syrie.

Il est spécialisé dans les affaires militaires américaines et les services secrets. [Ne parvenant plus à se faire publier dans son propre pays, il collabore à la London Review of Books.] Il est à l’origine de nombreuses révélations comme le scandale de torture de Abu Ghraib ou encore le Massacre de Mỹ Lai au Viêt Nam pour lequel il obtient un Prix Pulitzer. Il est considéré par le monde universitaire comme un des meilleurs journalistes des États-Unis.

Source : London Review of Book, 12/2015. Traduction : Bluerider pour les-crises.fr

L’insistance de Barack Obama à réclamer le départ d’Assad – et à affirmer qu’il y a des groupes de rebelles modérés en Syrie capables de le renverser – a provoqué ces dernières années des dissensions feutrée, est même une opposition ouverte parmi les plus hauts fonctionnaires de l’État Major conjoint du Pentagone. Leurs critiques se sont concentrées sur ce qu’ils considèrent comme une obsession de l’administration sur le principal allié d’Assad, Vladimir Poutine. Selon eux, Obama est prisonnier d’une vision de la Russie et de la Chine digne de la guerre froide, et n’a pas ajusté son discours sur la Syrie, qui tiendrait compte du fait que tous deux partagent l’inquiétude de Washington, de voir le terrorisme se propager dans et au-delà de la Syrie. ; comme Washington, ils pensent que l’islamisme doit être stoppé.

La résistance de l’armée remonte à l’été 2013, lorsqu’un bulletin d’évaluation classé secret défense, rassemblé par l’Agence de Renseignement du Ministère de la Défense ( DIA) et les chefs d’États major interarmes, alors dirigés par le Général Martin Dempsey, prévoyait que la chute d’Assad allait mener au chaos et sans doute à la conquête de la Syrie par des extrémistes djihadistes, à l’image de ce qui était en train de se passer en Libye. Un exconseiller de l’État-Major interarmes me raconta que le document était une synthèse de sources diverses, élaborant un scenario à partir de signaux, de renseignements satellitaires et humains, et il voyait d’un mauvais œil l’entêtement de l’administration Obama à continuer de financer et d’armer les soi-disant groupes de rebelles modérés. À cette époque, la CIA complotait depuis plus d’un an avec ses alliés du Royaume Uni, d’Arabie Saoudite et du Qatar pour expédier des armes et des marchandises – dans le but de renverser Assad – à partir de la Libye, via la Turquie, jusqu’en Syrie.

Le nouveau Rapport estimatif pointait la Turquie comme obstacle majeur à la politique d’Obama en Syrie. Le document montrait, selon ce conseiller, « que ce qui avait débuté comme une opération secrète pour armer et soutenir les rebelles modérés luttant contre Assad, avait été approuvé par la Turquie, et s’était transformé en un programme technique, militaire et logistique à cheval sur la frontière pour toutes les forces d’opposition, y compris Jabhat al-Nusra et l’État Islamique. Les soi-disant rebelles modérés s’étaient évaporés, et l’Armée syrienne libre n’était qu’un mirage stationné sur une base aérienne en Turquie. Le constat était peu réjouissant: il n’y avait aucune opposition modérée viable face à Assad, et les USA armaient des extrémistes.

Le Lieutenant General Michael Flynn, directeur de la DIA entre 2012 et 2014, confirma que son agence avait envoyé un flux constant de mises en garde secrètes à l’Exécutif, quant aux conséquences catastrophiques d’un renversement d’Assad. Les jihadistes, précisait-il, contrôlaient toute l’opposition. La Turquie n’en faisait pas assez pour stopper l’infiltration de combattants étrangers et d’armes le long de sa frontière. Lynn m’avait confié « Si le public américain avait accès au flux de renseignements que nous avons transmis quotidiennement, au niveau le plus sensible, il exploserait de rage. » « Nous avons compris la stratégie à long terme de l’État Islamique (EI), et ses plans de campagne, et nous avons aussi discuté le fait que la Turquie regardait ailleurs lorsqu’il s’agissait d’aborder l’expansion de l’EI en Syrie. » Le rapport de la DIA fut repoussé avec force par l’administration Obama. « J’ai eu l’impression qu’ils ne voulaient tout simplement pas entendre la vérité. »

L’ex-conseiller ajouta « Notre politique visant à armer l’opposition à Assad était un échec, et avait même un impact négatif. » Les commandants interarmes étaient convaincus qu’Assad ne devait pas être remplacé par des fondamentalistes. La politique de l’Administration était contradictoire. Ils voulaient le départ d’Assad mais l’opposition était dominée par des extrémistes. Alors qui allait bien pouvoir le remplacer ? Dire qu’Assad doit partir c’est bien beau, mais si vous suivez l’idée jusqu’au bout, eh bien vous ne trouvez personne de meilleur. C’est la question du « personne n’est meilleur qu’Assad » que l’État-Major Interarmes (JCS) soulevait face à la politique d’Obama. Les Commandants du JCS sentaient qu’affronter directement la politique d’Obama n’aurait « aucune chance de succès ». C’est ainsi qu’à l’automne 2013 ils décidèrent de prendre des mesures contre les extrémistes sans passer par les canaux politiques, en fournissant des renseignements militaires aux autres nations, dans l’espoir bien compris qu’ils seraient transmis à l’armée syrienne et exploités contre l’ennemi commun, Jabhat al-Nosra et l’EI.

L’Allemagne, Israël et la Russie étaient en contact avec l’armée syrienne, et capables d’exercer une certaine influence sur les décisions d’Assad – C’est par leur intermédiaire que les renseignements américains seraient partagés. Chacun avait ses raisons de coopérer avec Assad : l’Allemagne redoutait ce qui pourrait se passer au sein de sa population de 6 millions de musulmans si l’EI s’étendait ; Israël se sentait concerné par la sécurité de ses frontières ; la Russie était alliée de longue date avec la Syrie, et s’inquiétait de la menace qui pesait sur son unique base en Méditerranée, à Tartous. « Nous n’avions pas la ferme intention de dévier de la ligne politique officielle d’Obama, mais partager nos évaluations de la situation au travers de relations d’armée à armée pouvait s’avérer plus productif. Il était clair qu’Assad avait besoin de renseignements tactiques plus précis et de conseils opérationnels. Les commandants en avaient déduit que si ces besoins étaient satisfaits, le combat contre le terrorisme en serait in fine renforcé. Obama n’était pas au courant, mais Obama ne sait pas toujours ce que fait l’État-Major dans chaque circonstance, et il en va ainsi de tous les Présidents. »

Lorsque le flux de renseignements débuta, l’Allemagne, Israël et la Russie commencèrent à transmettre les informations sur les déplacements et intentions des groupes de djihadistes radicaux à l’armée syrienne ; en échange, la Syrie a fourni des renseignements sur ses propres moyens et intentions. Il n’y avait pas de contact direct entre les USA et les forces armées syriennes ; en lieu et place, selon ce conseiller, « nous leur avons fourni du renseignement, y compris des analyses à plus long terme sur l’avenir de la Syrie, rassemblées par des contractants ou l’une de nos écoles militaires (1) – et ces pays pouvaient en faire ce qu’ils voulaient, y compris les partager avec Assad. Nous disions aux Allemands et aux autres : « tenez, voilà des informations particulièrement intéressantes, et nos intérêts se rejoignent. » Fin de la conversation. L’État-Major pouvait conclure que quelque chose de bénéfique en sortirait – mais c’était une action d’armée à armée, et non un quelconque complot sinistre des Commandants pour contourner Obama et soutenir Assad. C’était beaucoup plus subtil. Si Assad se maintient au pouvoir, ce ne sera pas parce que nous l’y avons maintenu, mais parce qu’il aura été suffisamment malin pour exploiter les renseignements et les conseils tactiques avisés que nous avons fournis aux autres. »

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L’histoire publique des relations entre les USA et la Syrie au cours des dernières décennies est celle d’une inimitié. Assad condamna les attaques du 11/9, mais s’opposa à la guerre d’Irak. George Bush a, de façon répétée, lié la Syrie aux 3 membres de « l’axe du mal » – Irak, Iran et Corée du Nord – tout au long de sa présidence. Les messages du département d’État rendus publics par Wikileaks montrent que l’administration Bush tenta de déstabiliser la Syrie et que ces efforts se sont poursuivis au cours des années Obama. En décembre 2006, William Roebuck, alors en poste à l’ambassade américaine à Damas, rendit un rapport qui analysait les failles du gouvernement Assad, et proposait une liste des méthodes « susceptibles d’augmenter la probabilité » d’opportunités de déstabilisation. Il recommandait que Washington travaille avec l’Arabie Saoudite et l’Egypte pour développer les tensions sectaires et se concentre sur la médiatisation « des efforts syriens contre les groupes extrémistes – les dissidents kurdes et les factions radicales sunnites – de façon à suggérer une situation de faiblesse, des signes d’instabilité, et un effet boomerang hors de contrôle » ; ainsi il apparaitrait nécessaire d’encourager l’isolement de la Syrie, au travers du soutien américain au « Front de Salut National en Syrie », dirigé par Abdul Halim Khaddam, un ex vice-président syrien dont le gouvernement, en exil à Riyad, était soutenu par les Saoudiens et les Frères Musulmans.

Un autre message transmis en 2006 montrait que l’ambassade avait dépensé 5 millions de dollars en financement de dissidents qui présentaient des candidats indépendants pour l’Assemblée Populaire ; les virements furent maintenus même lorsqu’il fut évident que les services secrets syriens étaient désormais au courant de ce qui se passait. Un message transmis en 2010 mettait en garde sur le financement d’un réseau télévisé aux mains de l’opposition syrienne à Londres, que le Gouvernement syrien interpréterait comme « un acte hostile mené sous couverture contre le régime ».

Mais il y a aussi une histoire parallèle de la coopération secrète entre la Syrie et les États-Unis au cours de la même période. Les deux pays ont collaboré contre Al Qaïda, leur ennemi commun. Un consultant de longue date au sein du Commandement conjoint des Opérations spéciales (Joint Special Operations Command ), déclara qu’ « à la suite du 11/9, Bachar fut extrémement utile pour nous pendant des années, tandis qu’en retour, selon moi, nous fûmes très discourtois, et particulièrement maladroits dans l’usage que nous fîmes de l’or qu’il mettait entre nos mains. Cette coopération silencieuse se poursuivit entre certains éléments, même après que [l’administration Bush] ait décidé de le diaboliser. » En 2002, Assad autorisa les services secrets syriens à divulguer les dossiers internes sur les activités des Frères Musulmans en Syrie et en Allemagne (2). Plus tard cette année là, les services secrets syriens déjouèrent une attaque d’Al Quaïda contre le quartier général de la Vème Flotte de l’US NAVY à Bahrein, et Assad donna son accord pour fournir à la CIA le nom d’un informateur vital d’Al Qaïda. En violation de cet accord, la CIA contacta directement cet informateur ; il rejeta l’approche, et rompit les relations avec ses interlocuteurs syriens. Toujours secrètement, Assad remis aussi aux mains des américains des membres de la famille de Saddam Hussein qui avaient trouvé refuge en Syrie, et – comme les alliés des USA la Jordanie, l’Egypte, la Thailande et ailleurs – fit torturer des suspects de terrorisme pour le compte de la CIA dans une prison damascène.

C’est cette histoire de coopération qui rendait plausible l’idée que Damas coopérerait en 2013 au nouveau protocole d’échange d’informations indirect avec les USA. Les Commandants interarmes firent savoir qu’en retour les USA souhaitaient 4 approbations : Assad devait retenir le Hesbollah d’attaquer Israël ; il devait reprendre les négociations avec Israël pour signer un accord sur le plateau du Golan ; il devait accepter la venue de conseillers militaires russes et d’autres pays ; et il devait s’engager à organiser de nouvelles élections ouvertes après la guerre qui intègrent un large éventail de sensibilités politiques. Le conseiller du JCS ajouta « Nous avions un feedback positif des Israéliens, qui étaient d’accord pour soutenir le projet, mais ils voulaient savoir quelle serait la réaction de l’Iran et de la Syrie ». « Les Syriens nous ont dit qu’Assad ne prendrait pas sa décision de façon unilatérale – il avait besoin du soutien de sa propre armée et de ses alliés alaouites. Le souci d’Assad était qu’Israël dise oui puis ne tienne pas ses promesses ». Un haut conseiller du Kremlin aux affaires du Moyen Orient m’a raconté que fin 2012, après avoir subit une série de revers sur le champ de bataille et des désertions au sein de l’armée, Assad s’était rapproché d’Israël via un contact à Moscou, et qu’il avait proposé de rouvrir les discussions sur le Plateau du Golan. Les Israéliens avaient rejeté l’offre. Mon interlocuteur me confia « Ils déclarèrent “Assad est un homme fini” » ; « Il est proche de la fin ». Il m’expliqua que les Turcs avaient tenu à Moscou le même discours. Cependant, à la mi-2013, les Syriens purent croire que le pire était derrière eux, et ils voulaient avoir l’assurance que les propositions d’aide des Américains et d’autres étaient sérieuses.

Au début des pourparlers, selon ce conseiller, les commandants interarmes essayèrent de déterminer les besoins d’Assad en signe de bonnes intentions. Sa réponse fut transmise par l’intermédiaire d’un ami d’Assad : « Apportez-lui la tête du Prince Bandar. » les membres de l’État-Major ne donnèrent pas suite. Bandar Ben Sultan avait servi les services secrets et la sécurité intérieure de l’Arabie Saoudite durant des décennies, et il avait passé plus de 20 années en tant qu’ambassadeur à Washington. Ces dernières années, il était connu pour vouloir la destitution d’Assad à tout prix. Alors qu’on le disait en mauvaise santé, il démissionna l’année dernière (3) en tant que directeur du Conseil de sécurité saoudien, mais l’Arabie Saoudite continue d’être le principal pourvoyeur de fonds à l’opposition syrienne, dont le montant est estimé à 700 millions de dollars par le Renseignement américain. En juillet 2013, les chefs d’État-Major interarmes découvrirent un moyen plus direct de démontrer le sérieux de leur proposition d’aide à Assad. A cette époque, le flux secret d’armes en provenance de Libye pour l’opposition syrienne via la Turquie, était en place depuis plus d’un an (il débuta peu de temps après la mort de Kadhafi le 20 octobre 2011). L’opération était en grande partie organisée depuis une annexe secrète de la CIA à Benghazi (4), avec l’aval du Département d’Etat. Le 11 septembre 2012, l’ambassadeur US en Libye Christopher Stevens fut tué durant une manifestation anti-américaine qui dégénéra en incendie du Consulat des USA à Benghazi ; des journalistes du Washington Post trouvèrent des copies de l’agenda de l’ambassadeur au milieu des ruines du bâtiment. Elles montraient que le 10 septembre, Stevens avait rencontré le chef des opérations de l’annexe de la CIA. Le jour suivant, peu avant de mourir, il avait rencontré un représentant de la Compagnie d’affrètement « Al-Marfa Shipping and Maritime Services », une société basée à Tripoli qui, selon ce conseiller, était connue de l’État-Major pour s’occuper de l’expédition d’armement.

À la fin de l’été 2013, le rapport de la DIA avait été largement diffusé, mais bien que de nombreux agents de la communauté du Renseignement aient été au courant de la domination de l’opposition syrienne par les extrémistes, l’armement fourni par la CIA continua d’affluer, ce qui constituait un problème permanent pour l’armée d’Assad. Les stocks et dépôts de Kadhafi étaient la source d’un marché international de l’armement, bien que les prix aient été élevés. (5) Le conseiller de l’État-Major interarmes déclara qu’ «Il n’y avait aucun moyen de stopper les expéditions d’armes qui avaient été approuvées par le Président. La solution passait par mettre la main au portefeuille. La CIA fut approchée par un représentant de l’État-Major qui suggéra que les arsenaux turques renfermaient des armes bien meilleur marché qui pouvaient se retrouver dans les mains des rebelles syriens en quelques jours, sans transfert maritime. » Mais la CIA ne fut pas la seule à en bénéficier. « Nous avons travaillé avec les Turcs en qui nous avions confiance et qui n’étaient pas loyaux avec Erdogan, et nous les avons sollicités pour expédier toutes les armes obsolètes de leurs arsenaux aux djihadistes en Syrie, y compris des carabines M1 qui n’avaient pas servi depuis la guerre de Corée, et des tonnes d’armes soviétiques. C’était un message qu’Assad pouvait interpréter comme “Nous avons la capacité d’endiguer la politique de notre Président en remontant sur ses traces. »

Le flux de renseignements en provenance des services US vers l’armée syrienne, et la détérioration de la qualité des armes fournies aux rebelles, marquèrent un tournant. L’armée syrienne avait subit de lourdes pertes au printemps 2013 lors de ses combats contre Jabhat al-Nosra (6) et d’autres groupes extrémistes, alors qu’elle ne parvenait pas à tenir la capitale provinciale Raqqa. Des raids sporadiques de l’armée syrienne et de l’aviation continuèrent pendant des mois sans grand succès, jusqu’à ce qu’elle décide de se retirer de Raqqa et d’autres zones difficiles à défendre ou peu peuplées au nord et à l’ouest, pour se concentrer sur la consolidation de la défense du bastion gouvernemental à Damas, et des zones densément peuplées reliant la capitale à Lattakié au nord-est. Mais alors que l’armée regagnait en force avec le soutien de l’État-Major, l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie augmentèrent leurs financements et armement de Jabhat al-Nosra et de l’EI, qui à la fin de 2013 avaient gagné un territoire énorme de part et d’autre de la frontière irako-syrienne. Les quelques rebelles non fondamentalistes qui restaient se retrouvèrent engagés dans des combats âpres – le plus souvent perdus – qui ciblaient les extrémistes. En janvier 2014, l’EI pris à la suite d’al-Nosra le contrôle de Raqqa et des zones tribales tout autour, et fit de la ville son quartier général. Assad contrôlait encore [un territoire occupé par] 80% de la population syrienne, mais il avait perdu des étendues considérables.

Les efforts de la CIA pour entrainer les forces rebelles modérées échouaient aussi lamentablement. Le conseiller expliqua : « Le camp d’entrainement était en Jordanie et sous le contrôle d’un groupe tribal syrien ». Certains de ceux qui avaient signés étaient suspectés d’appartenir à l’armée syrienne, à l’uniforme près. Cela était déjà arrivé, dans les pires moments de la guerre en Irak, lorsque des centaines de miliciens chiites se présentèrent à l’accueil des camps d’entrainement américains le temps d’enfiler de nouveaux uniformes, d’obtenir de nouvelles armes et de suivre quelques jours d’entrainement avant de disparaitre dans le désert. Un programme d’entrainement séparé, conçu par le Pentagone en Turquie, ne donna pas plus de résultats. Le Pentagone reconnu en septembre que seuls 4 ou 5 de ses recrues combattaient toujours l’EI ; quelques jours plus tard, 70 d’entre eux « firent défection » pour rejoindre Jabhat al-Nosra juste après avoir franchi la frontière syrienne.

En janvier 2014, désespéré par le manque de progrès, John Brennan, directeur de la CIA, convoqua les chefs des services secrets américains et sunnites de l’ensemble du Moyen Orient à une réunion secrète à Washington, dans le but de persuader l’Arabie Saoudite de cesser son soutien aux combattants extrémistes en Syrie. « Les Saoudiens nous déclarèrent qu’ils seraient heureux de nous écouter, et donc tout le monde s’assit autour d’une table à Washington pour écouter Brennan leur expliquer qu’ils devaient désormais prendre le même bateau que les modérés. Le message était que si tout le monde dans la région, cessait de soutenir al-Nosra et l’EI, leurs munitions et leur armement se tariraient, et les modérés l’emporteraient. » Le message de Brennan fut ignoré des Saoudiens, qui retournèrent chez eux pour relancer de plus belle leurs efforts en faveur des extrémistes et nous demander d’accroitre notre soutien technique. Et nous avons finalement accepté, et tout cela s’est terminé par le renforcement des extrémistes. »

Mais les Saoudiens étaient loin d’être le seul problème : le renseignement américain avait accumulé des interceptions et des informations de source humaine qui démontraient que le gouvernement Erdogan soutenait Jabhat al-Nosra depuis des années, et faisait de même à présent avec l’EI. « Nous pouvons gérer les Saoudiens » me disait le conseiller « Nous pouvons gérer les frères Musulmans. Vous pouvez argumenter que l’équilibre global du Moyen-Orient repose sur une forme de destruction certaine mutuellement partagée entre Israël et le reste du Moyen Orient, et que la Turquie peut déstabiliser cet équilibre – ce qui est le rêve d’Erdogan. Nous lui avons dit que nous voulions qu’il ferme le robinet des djihadistes étrangers qui se déversent en Turquie. Mais il rêve de grandeur – celle de restaurer l’Empire Ottoman – et il n’a pas réalisé jusqu’où pourrait le mener la réussite de ce projet. »

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L’une des constantes dans les affaires américaines depuis la chute de l’URSS a été d’entretenir des relations d’armée à armée avec la Russie. Après 1991, les USA ont dépensés des milliards de dollars pour aider la Russie à sécuriser son arsenal nucléaire, y compris lors d’une opération ultra secrète qui consistait à déplacer de l’uranium enrichi à des fins militaires depuis des dépôts non sécurisés au Kazakhstan. Ces programmes conjoints pour superviser la mise en sécurité de matériaux à usage militaire se sont poursuivis au cours des 20 années suivantes. Pendant la guerre menée par les États-Unis en Afghanistan, la Russie autorisa son survol par des transporteurs et des ravitailleurs américains, ainsi que le transit terrestre pour le flux d’armes, de munitions, d’eau et de nourriture dont la machine de guerre américain avait quotidiennement besoin. L’armée russe fournit des renseignements sur les déplacements d’Oussama Ben Laden, et aida les États-Unis à négocier le droit d’utiliser une base aérienne au Kirghizstan L’État-Major Interarmes a toujours été en contact avec ses homologues syriens, et les liens entre les deux armées sont opérationnels jusqu’au plus haut niveau. En août, quelques semaines avant sa retraite de chef de l’État-Major Interarmes, Dempsey fit une visite d’adieu au quartier général des forces de défense irlandaises à Dublin, et raconta à son auditoire qu’ils avaient mis un point d’honneur, lorsqu’il était en fonction, à garder le contact avec le chef de l’État-Major russe, le Général Valery Gerasimov. « En fait, je lui ai suggéré que nous ne terminions pas notre carrière comme nous l’avions commencée » a-t-il dit – celle d’un commandant de char en Allemagne de l’Ouest, et l’autre à l’Est.

Lorsqu’il s’agit de se confronter à l’EI, la Russie et les USA ont bien des choses à partager mutuellement. Beaucoup au sein de l’EI, de son commandement à la troupe, ont combattu pendant plus de 10 ans contre la Russie lors des 2 guerres de Tchétchénie à partir de 1994, et le gouvernement de Poutine est totalement investi dans le combat contre le terrorisme islamique. « La Russie connait les cadres de l’EI » m’a fait remarquer le conseiller, « et elle a accès à ses techniques opérationnelles, avec beaucoup d’informations à partager. » En échange, « Nous avons d’excellent formateurs qui ont des années d’expérience dans la formation de combattants étrangers, une expérience que la Russie n’a pas ». Le conseiller n’a toutefois pas évoqué ce dont les services secrets américains sont également capables : la capacité à obtenir des informations sur des cibles, souvent en les achetant pour de fortes sommes à des sources au sein même des milices rebelles.

Un ex-conseiller de la Maison Blanche pour les affaires étrangères m’a raconté qu’ « avant le 11-Septembre, Poutine avait l’habitude de nous dire : “nous vivons le même cauchemar dans des endroits différents“. Il voulait parler de ses problèmes avec le Califat tchétchène, et de nos premiers affrontements avec al-Qaïda. Ces jours derniers, après l’attentat contre l’A320 METROJET au dessus du Sinaï et les massacres de Paris et ailleurs [Beyrouth], il est difficile de ne pas conclure que nous avons bien les mêmes cauchemars provenant des mêmes endroits. »

Pourtant l’Administration Obama continue de condamner la Russie pour son soutien à Assad. Un haut diplomate retraité qui fut en poste à l’Ambassade de Moscou m’a exprimé de la sympathie pour le dilemme devant lequel se trouve Obama, en tant que chef de la coalition occidentale opposée à l’agression russe en Ukraine : « l’Ukraine est une question sérieuse, et Obama l’a abordée de façon ferme avec les sanctions. Mais notre politique vis-à-vis de la Russie est trop souvent erratique. En revanche, en Syrie, il ne s’agit pas de nous, il s’agit d’être sûrs que Bachar ne perde pas (7). En réalité, Poutine ne veut surtout pas voir le chaos syrien se répandre en Jordanie ou au Liban, comme cela s’est passé en Irak, et il ne veut pas voir la Syrie tomber aux mains de l’EI. L’intervention la plus contreproductive qu’Obama a faite, et cela a causé beaucoup de torts à nos efforts pour en finir avec ce conflit, a été de dire : « Assad doit partir en préalable à toute négociation. » Il a aussi fait écho à un point de vue adopté par certains au Pentagone, lorsqu’il a fait allusion à un facteur sous-jacent dans la décision russe de lancer des frappes aériennes en soutien à l’armée syrienne à partir du 30 septembre : le souhait de Poutine, d’éviter à Assad de subir le même sort que celui de Kadhafi. On lui avait rapporté que Poutine avait visionné 3 fois la vidéo de la mort atroce de Kadhafi, une vidéo qui le montre sodomisé avec une baïonnette. (8) Le Conseiller du JCS m’a lui aussi parlé d’un Rapport des services secrets US qui concluait que Poutine s’était ému du sort de Kadhafi : « Poutine s’en est voulu d’avoir laissé tomber Kadhafi, et de ne pas avoir joué un rôle clé en coulisses » lorsque la Coalition occidentale a fait pression à l’ONU pour être autorisée à entreprendre des frappes aériennes qui allaient détruire le Régime. « Poutine a pensé qu’à moins de s’engager, Bachar allait connaitre le même sort –mutilé- et qu’il allait assister à la destruction de ses alliés en Syrie. »

Dans un discours le 22 novembre, Obama a déclaré que « les cibles principales des frappes russes, ce sont l’opposition modérée ». C’est une ligne dont l’administration – ainsi que la plupart des médias grand public américains – n’a que rarement dévié. Les Russes insistent sur le fait qu’ils ciblent tous les groupes rebelles susceptibles de menacer la stabilité de la Syrie – y compris l’EI. Le Conseiller du Kremlin aux affaires étrangères m’a expliqué lors de notre entretien que la première passe de frappes russes visait à renforcer la sécurité autour d’une base aérienne russe à Lattakié, bastion alaouite. Le but stratégique, m’a-t-il expliqué, était d’établir un couloir libéré des djihadistes entre Damas et Lattakié ainsi que la base navale russe de Tartous, puis d’infléchir graduellement les bombardements vers le Sud et l’Est, en se concentrant davantage sur les territoires tenus par l’EI. Les Russes ont frappé l’EI dans et autour de Raqqa dès début octobre selon plusieurs comptes rendus ; en novembre, il y a eu d’autres frappes sur des positions de l’EI près de la ville historique de Palmyre, et dans la province d’Idlib, un bastion objet de féroces combats à la frontière turque.

Les incursions russes dans l’espace aérien turc ont débuté peu après le déclenchement des bombardements par Poutine, et l’armée de l’air russe a déployé des systèmes de brouillage électroniques qui interférent avec la couverture radar turque. Le message envoyé à l’armée de l’air turque, selon le conseiller du JCS, était « Nous allons faire voler nos avions là où nous voulons, quand nous le voulons, et brouiller vos radars. Alors pas d’embrouilles. Poutine faisait savoir aux Turcs à quoi ils devaient s’attendre. » L’agression russe fit place à des plaintes turques et des démentis russes, en même temps que l’armée de l’air turque intensifiait ses patrouilles à la frontière. Il n’y a eu aucun incident significatif jusqu’au 24 novembre, lorsque 2 F16 turcs, agissant apparemment selon des règles d’engagement plus musclées, descendirent un chasseur bombardier Su24M russe qui avait franchi la frontière pendant à peine 17 secondes. Dans les jours qui suivirent le crash du chasseur, Obama exprima son soutien à Erdogan, et après s’être entretenus en privé le 1er décembre, il déclara à la presse que son administration restait « particulièrement soucieuse de la sécurité et de la souveraineté de la Turquie. » Il déclara aussi que tant que la Russie demeurerait alliée avec Assad, « beaucoup de ressources russes allaient encore être dirigées contre des groupes d’opposition… que nous soutenons… donc je ne pense pas que nous devions nous bercer d’illusions, et que d’une façon ou d’une autre la Russie allait soudain concentrer ses frappes contre l’EI. Ce n’est pas ce qui se passe. Cela ne s’est jamais passé. Cela ne se passera pas de sitôt. »

Le conseiller au Kremlin pour les affaires du Moyen-Orient, tout comme le conseiller du JCS et de la DIA, évacue d’un revers de main la question des « modérés » qui ont le soutien d’Obama ; il ne voit en eux que des groupes d’extrémistes islamistes qui combattent aux côtés de Jabhat al-Nosra et de l’EI (« Pas la peine de jouer sur les mots et séparer les terroristes entre modérés et non modérés », a rappelé Poutine dans son discours du 22 octobre) (8). Les généraux américains les considèrent comme des miliciens épuisés qui ont été forcés de s’entendre avec Jabhat al-Nosra ou l’EI afin de survivre. À la fin 2014, Jürgen Todenhöfer, un journaliste allemand qui fut autorisé à passer 10 jours dans les territoires tenus par l’EI en Irak et en Syrie, a raconté sur CNN qu’à la direction de l’EI : « Ils rigolent tous un bon coup à propos de l’Armée Syrienne Libre (ASL). Ils ne les prennent pas au sérieux. Ils disent : “Les meilleurs vendeurs d’armes que nous ayons sont l’ASL. S’ils touchent une arme de bonne qualité, ils nous la revendent illico.” Non, ils ne les prenaient pas au sérieux. C’est Assad qu’ils prennent au sérieux. Ils prennent au sérieux les bombes, bien sûr. Mais ils n’ont peur de rien, et l’ASL ne joue aucun rôle. »

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La campagne de bombardement de Poutine a déclenché une série d’articles anti-russes dans la presse américaine. Le 25 octobre, le New York Times a rapporté, citant l’administration Obama, que des sous-marins et des navires espions russes opéraient de manière agressive à proximité des câbles sous-marins qui assurent le transfert de la majorité du trafic internet mondial – bien que, selon l’article qu’il fallait lire jusqu’au bout, le journaliste reconnaissait qu’il n’y avait « aucune preuve à cette heure » d’une tentative russe d’interférer avec ce trafic. Dix jours plus tôt, le Times publiait un résumé des intrusions de la Russie dans ses anciennes républiques soviétiques satellites, et décrivait le bombardement de la Syrie comme l’incarnation, « dans une certaine mesure, d’un retour aux ambitions militaires de la période soviétique ». Le reportage ne mentionnait pas que c’est à l’invitation de l’administration d’Assad que la Russie intervenait, ni que les États-Unis bombardaient eux-mêmes en territoire syrien depuis septembre de l’année précédente, sans l’accord de la Syrie. Un éditorial du mois d’octobre, dans le même journal, signé de Michael Mac Faul, ambassadeur américain en Russie de 2012 à 2014, déclarait que la campagne aérienne russe visait « tout le monde à l’exception de l’EI ». Les histoires anti-russes ne se calmèrent pas après le désastre de l’A320 METROJET abattu, revendiqué par l’EI. Très peu au sein du Gouvernement américain et des médias, se demandèrent pourquoi l’EI viserait un avion de ligne russe transportant 224 passagers et son équipage, si l’armée de l’air russe n’attaquait que les rebelles syriens « modérés ».

Et pendant ce temps, les sanctions économiques sont toujours en vigueur (9), pour ce qu’un grand nombre d’Américains considère être les crimes de guerre de Poutine en Ukraine, tout comme le sont les sanctions du Trésor américain contre la Syrie et contre ces américains qui font des affaires avec la Syrie. Le New York Times, dans un reportage de fin novembre sur les sanctions, a remis au goût du jour une insinuation ancienne et sans fondements, qui affirme que les actions du Trésor « mettent en relief un argument que l’Administration n’a cessé d’avancer à propos de M. Assad alors que le Trésor cherche à faire pression sur la Russie pour qu’elle cesse son soutien : que bien qu’il professe être en guerre contre les terroristes islamistes, il entretient une relation symbiotique avec l’EI qui lui a permis de prospérer alors qu’il se cramponne au pouvoir. »

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Les quatre piliers fondamentaux de la politique d’Obama en Syrie restent intacts à cette heure : l’insistance sur le fait qu’Assad doit partir ; qu’aucune coalition avec la Russie n’est possible contre l’EI; que la Turquie est un allié fiable dans la guerre contre le terrorisme ; et qu’il y a vraiment des forces d’opposition modérées significatives que les États-Unis doivent soutenir. Les attaques de Paris le 13 novembre ont fait 130 morts mais n’ont pas changé la ligne de conduite officielle de la Maison Blanche, bien que de nombreux leaders européens, y compris François Hollande, aient soutenu l’idée d’une plus grande coopération avec la Russie, et se soient mis d’accord pour mieux coordonner leurs actions avec son armée de l’air ; il y a eu aussi des discussions sur les modalités du retrait d’Assad : elles pourraient être plus flexibles. Le 24 novembre, Hollande s’est envolé pour Washington afin d’y discuter de la façon dont la France et les USA pouvaient collaborer plus étroitement dans leur combat contre l’EI. Lors d’une conférence de presse conjointe à la Maison Blanche, Obama a déclaré qu’Hollande et lui-même s’étaient mis d’accord sur le fait que les frappes russes contre l’opposition modérée ne faisaient que renforcer le régime d’Assad, dont la brutalité était à l’origine de la montée de l’EI. Hollande n’est pas allé aussi loin, mais il a déclaré que le processus diplomatique issu à Vienne conduirait « au départ d’Assad… un gouvernement d’unité est nécessaire. » La conférence de presse négligea l’impasse entre les deux hommes concernant Erdogan. Obama défendit le droit de la Turquie à défendre ses frontières, tandis qu’Hollande déclara que c’était « une question d’urgence » pour la Turquie de prendre des mesures contre les terroristes. Le conseiller du JCS m’a dit que l’un des principaux but de Hollande lors de son voyage à Washington était de persuader Obama de rejoindre l’UE dans une déclaration de guerre commune contre l’EI. Obama a répondu non. Les Européens ne se sont pas regroupés au sein de l’OTAN, dont la Turquie fait partie, pour une telle déclaration. « C’est la Turquie le problème », m’a confié le conseiller du JCS.

Assad, naturellement, n’accepte pas qu’un groupe de dirigeants étrangers veulent décider de son avenir. Imad Moustapha, actuel ambassadeur de Syrie en Chine, était le doyen de la faculté des sciences de l’Université de Damas, et un proche collaborateur d’Assad, lorsqu’il fut nommé en 2004 ambassadeur de Syrie à Washington, poste qu’il occupa pendant 7 ans. Mustapha est connu pour être resté proche d’Assad, et il est digne de confiance pour refléter ses pensées. Il m’a raconté que pour Assad, renoncer au pouvoir signifierait capituler au profit des « groupes terroristes armés », et que des Ministres dans un gouvernement d’Unité nationale – tel que celui proposé par les Européens- seraient considérés [par le peuple syrien], comme les otages des puissances étrangères qui les auraient nommés. Ces forces pourraient rappeler au nouveau Président « qu’il est facilement remplaçable, comme son prédécesseur… Assad a une dette envers son peuple : il ne peut quitter son poste parce que les ennemis historiques de la Syrie exigent son départ. »

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Moustapha a aussi impliqué la Chine, un allié d’Assad, qui a promis plus de 30 milliards de dollars pour la reconstruction de la Syrie après la guerre. La Chine aussi s’inquiète de l’EI. Il m’a expliqué que « La Chine apprécie la situation selon trois points de vue » : le droit international et la légitimité, le positionnement global de sa stratégie, et les activités des djihadistes Ouighours de la province extrême orientale du Xinjiang. Le Xinjiang est frontalier avec 8 nations – la Mongolie, la Russie, le Kazakhstan, le Kyrgyzstan, le Tajikistan, l’Afghanistan, le Pakistan et l’Inde – et, selon le point de vue chinois, ils servent de porte d’entrée au terrorisme en provenance du monde entier et au sein même du pays. De nombreux combattants Ouighours actuellement en Syrie sont connus pour être des membres du Mouvement Islamique de l’Est du Turkestan – une organisation séparatiste souvent violente qui cherche à établir un État islamique Ouighour dans le Xinjiang. « Le fait qu’ils aient été aidés par les services secrets turcs pour se rendre en Syrie depuis la Chine en passant par la Turquie a été à la source de tensions énormes entre services secrets chinois et turcs » selon Moustapha. « La Chine est inquiète du soutien de la Turquie envers les combattants Ouighours en Syrie, qui pourrait très bien s’étendre au Xinjkiang. Nous fournissons déjà des informations concernant ces terroristes et les routes qu’ils empruntent pour rejoindre la Syrie aux services secrets chinois. »

Les inquiétudes de Moustapha ont été répercutées par un analyste des questions de politique étrangère à Washington, qui a suivi de près le transit des djihadistes à travers la Turquie vers la Syrie. L’analyste, dont les points de vue sont recherchés de nombreux hauts fonctionnaires du Gouvernement, m’a confié qu’ « Erdogan a transporté des Ouighours vers la Syrie par des moyens de transport spéciaux tandis que son gouvernement s’agitait en faveur de leur combat en Chine. Les terroristes musulmans ouighours et birmans qui s’échappent par la Thailande se procurent d’une manière ou d’une autre des passeports turcs puis sont acheminés vers la Turquie d’où ils transitent vers la Syrie. » Il a ajouté qu’il existait ce qui ressemble à une autre « ratline» [NdT : route secrète] qui acheminait des Ouighours – les estimations vont de quelques centaines à quelques milliers – depuis la Chine via le Kazakhstan pour un éventuel transit par la Turquie vers le territoire de l’EI en Syrie. Il m’a confié que « Le renseignement américain n’est pas bien informé sur ces activités parce que les infiltrés qui ne sont pas satisfaits de la politique [américaine] , ne communiquent pas là-dessus avec eux. » Il a ajouté qu’ « il n’était pas certain que les officiels responsables de la politique syrienne au Département d’État et à la Maison Blanche obtenaient ces informations. » Le journal IHS-Jane’s Defence Weekly a estimé en octobre qu’au moins 5000 futurs combattants Ouighours étaient arrivés en Turquie depuis 2013, dont peut-être 2000 avaient fait mouvement vers la Syrie. Moustapha a déclaré qu’il détenait des informations selon lesquelles « au moins 860 combattants Ouighours se trouveraient en Syrie. »

Les inquiétudes croissantes de la Chine sur la question des Ouighours et ses liens avec la Syrie et l’EI sont un sujet d’étude constant de Christina Lin, une universitaire qui s’est intéressée aux questions chinoises il y a 10 ans alors qu’elle était en poste au Pentagone sous la direction de Donald Rumsfeld. « J’ai grandi à Taïwan, et je suis venue au Pentagone comme experte de la Chine. J’avais l’habitude de démoniser les Chinois en les traitant d’idéologues, et ils sont loin d’être parfaits. Mais au fil des années, alors que je les vois s’ouvrir et évoluer, j’ai commencé à changer de perspective. Je vois désormais la Chine comme un partenaire potentiel pour différents enjeux globaux, particulièrement au Moyen-Orient. Il y a beaucoup d’endroit – la Syrie en est un – où les États-Unis et la Chine doivent coopérer en matière de sécurité régionale et de contre-terrorisme. Il y a quelques semaines, la Chine et l’Inde, deux ennemis issus de la guerre froide qui se haïssent plus que la Chine et les États-Unis eux-mêmes, ont mené une série d’exercices conjoints de contre-terrorisme. Et aujourd’hui la Chine et la Russie souhaitent tous les deux coopérer en matière de terrorisme avec les États-Unis. » La Chine voit les choses de la façon suivante selon Lin : les militants Ouighours qui se sont rendus en Syrie sont entrainés par l’EI aux techniques de survie qui leur permettront de retourner en Chine lors de voyages secrets, afin de perpétrer des actes terroristes là-bàs. Lin a écrit dans un article paru en septembre « Si Assad échoue, les combattants djihadistes de la Tchétchènie russe, du Xinjiang chinois, et du Cachemire indien tourneront leurs yeux vers leurs fronts respectifs pour continuer le djihad, soutenus par une nouvelle base opérationnelle en Syrie, bien financée et au cœur du Moyen Orient. »

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Le général Dempsey et ses collègues du JCS ont gardé leur désapprobation en dehors des circuits bureaucratiques, et ont survécu à leur poste. Ce ne fut pas le cas du Général Michael Flynn. Patrick Lang, un colonel de l’US ARMY à la retraite qui a servi presque 10 ans en tant qu’officier en chef du Renseignement civil au Moyen Orient pour le compte de la DIA « Flynn a subit les foudres de la Maison Blanche en insistant sur la nécessité de dire la vérité sur la Syrie. Il a pensé que la vérité était la meilleure chose et ils l’ont débarqué. Il ne voulait pas se taire. Flynn m’a dit que ses problèmes allaient bien au-delà de la Syrie. ‘Je secouait le cocotier à la DIA – et pas seulement en déplaçant les transats sur le pont du Titanic. Je prônais une réforme radicale. Je sentais que le commandement civil (10) ne voulait pas en entendre parler. J’en ai souffert, mais je m’en suis accommodé. » Dans un entretien récent accordé au Spiegel, Flynn a été direct à propos de l’arrivée de la Russie dans le conflit syrien : « Nous devons travailler de façon constructive avec la Russie. Que nous le voulions ou non, la Russie a pris la décision d’être présente et d’intervenir militairement. Ils sont bien là, et cela a complètement changé la donne. Et vous ne pouvez pas dire que la Russie est mal intentionnée ; qu’ils doivent retourner chez eux ; cela ne se passera pas comme ça. Atterrissez ! »

Très peu au Congrès US partagent cette opinion. L’une des personalités qui fait exception se nomme Tulsi Gabbard, une démocrate de Hawaï, membre du « House Armed Services Comittee » ( Commission parlementaire des services armés) qui a effectué deux campagnes au Moyen-Orient en tant que major de la Garde Nationale. Dans un entretien sur CNN en octobre, elle a dit : « Les USA et la CIA devraient stopper cette guerre illégale et contre-productive qui vise à renverser le gouvernement syrien, et ils devraient rester concentrés sur le combat contre […] les groupes rebelles extrémistes. »

« Mais est-ce que cela ne vous préoccupe pas que le régime d’Assad ait été brutal, tuant au moins 200 000 et peut-être 300 000 membres de son propre peuple ? » lui demanda le journaliste.

Elle a répondu « Les choses qu’on raconte sur Assad en ce moment sont les mêmes que ce qui a été dit de Kadhafi, les mêmes que ce qu’on a dit de Saddam Hussein, et viennent des mêmes personnes qui défendaient l’idée de […] renverser ces régimes […] si cela arrive en Syrie […] nous finirons dans une situation de souffrances bien plus grandes, de persécutions des minorités religieuses et chrétiennes bien plus atroces en Syrie, et notre ennemi en sortira largement renforcé. »

« Donc ce que vous dites, c’est que l’implication militaire dans les airs de l’armée russe et au sol de l’armée iranienne – qu’en fait ils nous font une faveur ? »

« Ils travaillent à défaire notre ennemi commun », a-t-elle répondu.

Plus tard, Gabbard m’a confié que beaucoup de ses collègues au Congrès, tant Républicains que Démocrates, l’ont remerciée en privé de s’être exprimée publiquement. « Beaucoup de gens dans la population, et même au Congrès, ont besoin d’avoir des explications claires. Mais c’est difficile lorsqu’il y a autant de mensonges sur ce qui se passe. La vérité n’a pas éclaté. » C’est très inhabituel pour un politicien de mettre ainsi en cause la politique étrangère de son propre parti, enregistrée en direct. Pour quelqu’un « de l’intérieur », qui a accès aux renseignements les plus secrets, parler ouvertement et de façon critique peut interrompre brutalement votre carrière. Toute information dissidente peut se transmettre au travers d’une relation de confiance entre un journaliste et ceux qui le vivent de l’intérieur, mais cela se fait presqu’obligatoirement « sans signature ». Cependant, oui, la dissidence existe. Le Commandant du JSOC n’a pas pu cacher sa satisfaction lorsque je lui ai demandé son point de vue sur notre politique en Syrie. « La solution en Syrie est devant notre nez. Notre menace principale est l’EI, et nous tous – les États-Unis, la Russie et la Chine – devons travailler ensemble. Bachar restera dans ses fonctions et, une fois le pays stabilisé, il y aura des élections. Il n’y a pas d’autre option. »

Le fonctionnement du système indirect de communication avec Assad s’est interrompu avec la retraite de Dempsey en septembre dernier. Son remplaçant à la tête de l’Etat Major interarmes, le Général Joseph Dunford, a prêté serment devant la Commission sénatoriale des forces armées en juillet dernier, deux mois avant de prendre ses fonctions. « Si vous voulez parler d’une nation qui pourrait constituer une menace existentielle pour les États-Unis, je désignerais la Russie. Si vous observez son comportement, il est rien moins qu’alarmant. » En octobre, en tant que chef du JCS, Dunford a condamné les efforts russes pour bombarder [les djihadistes]. Il a déclaré à cette même commission que la Russie « ne combat pas l’EI », que l’Amérique doit « travailler avec ses partenaires turcs pour sécuriser la frontière nord de la Syrie » et que « nous devons faire tout ce que nous pouvons pour aider les forces d’opposition syriennes viables. – c’est-à-dire les « modérés » – à combattre les extrémistes. »

Obama dispose maintenant un Pentagone beaucoup plus conciliant. Il n’y aura plus de contestation indirecte de la part du commandement militaire, contre sa politique de dédain d’Assad et de soutien à Erdogan. Dempsey et ses associés sont déconcertés par l’entêtement d’Obama à défendre Erdogan, compte tenu du lourd dossier que la communauté américaine du Renseignement a accumulé contre lui – et des preuves qu’Obama, en privé, en accepte les conclusions. « Nous savons ce que vous faites avec les radicaux en Syrie », a déclaré le Président au chef du Renseignement d’Erdogan lors d’une réunion tendue à la Maison Blanche (comme je l’ai rapporté dans le LRB le 17 avril 2014).

Le JCS et la DIA ont constamment alerté Washington de la menace que constituent les djihadistes en Syrie, et de leur soutien par la Turquie. Le message n’a jamais été entendu. Pourquoi ?

Seymour Hersh

Source : London Review of Book, 12/2015 – Traduction : Bluerider pour les-crises.fr

Notes du traducteur
(1) NdT. Nous sommes en droit de nous demander quel est le but réel de ces « analyses » censées parvenir à l’État-Major de l’armée syrienne et à ses officiers ? Car ces militaires sont par ailleurs « sollicités » par les pétrodollars du Qatar et de l’Arabie Saoudite pour faire défection et rejoindre la rébellion dite « modérée ». En matière de marketing de guerre et de séduction des soldats et cadres des armées adverses, ni l’OTAN ni les USA n’ont rien inventé, et la ligne officielle reste « Assad must go ».

(2) NdT. Comment au vu de ce qui s’est passé ensuite, ne pas déceler dans ces révélations la trace d’un double jeu permanent des forces d’espionnage et militaires américaines sous l’influence du « camp des faucons néo-conservateurs » dont l’unique et irréversible but reste le renversement d’Assad ?

(3) NdT. Selon certaines sources, le Prince Bandar aurait été victime d’un attentat syrien en représailles d’un attentat saoudien à Damas ayant décimé le commandement des services secrets syriens. Il ne s’en est donc jamais remis malgré les dénégations des autorités saoudiennes et quelques apparitions rapportées en Europe après cet attentat.

(4) NdT. Une information en forme d’indice. Le plan de déstabilisation de la Libye est bien antérieur à la fausse révolution partie de Benghazi telle que vendue dans nos médias. Cette annexe de la CIA ne peut avoir été improvisée après le vote de la Résolution 1973.

(5) NdT. Et chacun de se demander qui peut bien acheter à des prix au dessus de ceux du marché ?

(6) NdT. Rappelez-vous Laurent Fabius « … sur le terrain, ils [al-Nosra] font du bon boulot » (mercredi 12 décembre 2012, Marrakech, Réunion des « amis du peuple syrien »). Rappelons, comme l’ont indiqué les Américains, que al-Nosra est un pseudonyme pour Al-Qaïda en Syrie.

(7) NdT. L’écart de doctrine entre Républicains et Démocrates est ténu : là où les Républicains agissent seuls, les Démocrates délèguent le sale boulot à des tiers.

(8) Rappelons que Robert Baer, ancien chef de région de la CIA pour le Moyen-Orient a déclaré en 2014 : “Les États-Unis ont été incapables d’identifier le moindre groupe syrien dit « modéré » lorsque la guerre civile a débuté. ”

(9) NdT. Rappelons ici que ces sanctions impactent bien plus en retour l’économie européenne que l’économie américaine.

(10) NdT. Rappel : En France, le commandement de la DGSE vient de passer des mains des militaires à celles de hauts-fonctionnaires sous la coupe du Quai d’Orsay.

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Il y a-t-il dans notre pays (et dans les pays européens d’une manière générale) UN seul journaliste suffisamment indépendant qui soit capable de balancer un tel pavé dans le si nauséabond marigot désinformationniste actuel ?

Bien à vous, chers lecteurs, en cette fin d’année qui ne laisse en aucun cas présager que la suivante puisse être meilleure !

À bientôt !

201512_Michel_M_soucieuxMichel M., décidément bien soucieux de la vérité, tellement bafouée par ceux qui sont supposés guider l’humanité vers son mieux, ou tout du moins, leur peuple…

Et son cul, c’est du poulet ??!

 

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Noël 2015 et toussa

201512_Noel4Cette (magnifique) photo a été prise (par Michel M.) samedi 26 décembre. Elle confirme cette idée d’un hiver français hollandais (lui-même consécutif à un automne déjà bien suave et mou), selon le dogme présidentiel (qui ne supporte aucune contestation) d’un réchauffement climatique, et comme l’a évoqué Michel M. il y a quelques jours. Mais ce qui importe ici, c’est que la michèlémienne brune mie Elena A. et son homme s’y soient trouvés, alors que tout autour trônait un calme serein…

201512_Noel5Outre la nature environnante, ces deux-là se sont mutuellement photographiés, des fois que l’absence de l’un pour l’autre (du dimanche soir au jeudi soir inclus) lui soit trop pénible. Ainsi pourra t-il / t-elle regarder ces clichés en sentant se serrer le cœur d’attendre le vendredi en fin de journée pour leurs retrouvailles. Mais le spectacle était indubitablement aussi ailleurs…

201512_Noel3Afin de parfaire la promenade, Elena A. et Michel M. ont fait quelques images animées de l’endroit, ce qui donne ce tout petit film (1mn 25′) bien reposant :

Un endroit idyllique, n’est-il pas ?

201512_Noel2Anecdote : sur le chemin de l’étang, tous deux sont passés devant une maison probablement micro-climatisée, car icelle arborait sur sa façade de splendides stalactites !

Ah ! oui, et pour Noël ?
Hé bien les parents d’Elena A. se sont pointés chez Michel M. et la soirée s’est déroulée très tranquillement, comme il se doit entre adultes consentants.

201512_Noel1Car cette fête étant essentiellement dédiée aux enfants, il n’y avait pas matière à faire les fous dans l’appartement michèlémien. D’ailleurs, les voisins se sont dit la même chose semble-t-il, car aucun son n’a filtré ni d’en haut, ni d’en bas, ni de droite ni de gauche heu non, de gauche ce n’est pas possible car c’est le mur Ouest. : il donne sur l’entrée de la cour. Enfin, même dans la rue, alors qu’Elena A. et Michel M. raccompagnaient sur une partie du parcours les parents de la première, ils ne rencontrèrent aucun fêtard. Il faut dire, aussi, qu’il était aux alentours de vingt-heures et des brouettes lorsque tous quatre étaient dehors, ceci expliquant sans doute cela…

Vivement le 2 janvier, que Michel M. puisse passer à autre chose, ces fêtes de fin d’année ne représentant pas/plus grand-chose pour lui depuis belle lurette, pardi !

À bientôt.

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Retour sur les lieux de son crime à Michel M. 2/3

201512_Etretat00Lors du précédent billet contant le premier soir d’une fin de semaine à la campagne, les lecteurs avaient quitté les trois premiers protagonistes de cette histoire le jeudi 10 décembre au soir, après le spectacle et les deux Irish coffees de Michel M., Arthur A. réintégrant l’appartement de ses grands-parents pendant que sa génitrice et son homme s’en retournaient dans celui de l’auteur.

Vendredi matin, départ de Paris aux alentours de dix heures en direction de la Normandie, en faisant un crochet par Levallois afin de cueillir les trois autres A. En effet, c’est bien là-bas que s’était déroulé le crime dont il est fait état dans le titre de ce billet. Aucune photo n’est évidemment à se mettre sous l’œil car Michel M. conduisant, l’idée d’un reportage à lancer pour tout déplacement michèlémien n’en est pas une de naturelle pour l’immense majorité des gens. Sa brune mie Elena A. ne dérogeant pas (pour UNE fois, bien sûr) à cette règle de la multitude, ce n’est donc qu’une fois arrivés dans la chaumière d’Émile C. que les clichés (et films) purent commencer à être thésaurisés par l’auteur.

Pour cette première journée, qui s’est essentiellement déroulée sous la pluie, à partir de Mantes-la-Jolie jusqu’à Criquetot L’esneval ; puis sous le toit de chaume de la maison d’Émile C. et, enfin et en début de soirée, à Étretat, car c’est bel et bien là que le crime en question a été commis, dans la nuit du 18 au 19 décembre 2010. Mais afin de ne pas refaire l’histoire, Michel M. invite ses lecteurs les plus dévots à son endroit à consulter les pages 22 à 35 du tome 9 des « Actes des SAR » : elles font la description du terreau dans lequel a éclos la graine qui avait été précédemment semé chez Nadine M. en ce samedi 5 décembre 2010 (à lire dans les pages 204 à 205 du tome huitième des « Actes des SAR »), lorsque l’auteur rencontra pour la toute première fois Elena A.

Sise en face de lui à la grande tablée dressée là, entourée d’un côté par le collèguami de l’auteur, Marc V. et de l’autre, par son fils Kévin M., il ne prêta pas d’attention particulière à cette pourtant indubitable ravissante brune, au visage si typiquement russe…

201512_Etretat02Première rencontre entre les futurs et durables transis d’amour, Elena A. et Michel M.
(déjà salement amoché par les « shots » de vodka, 17 au total en fin de soirée).

Michel M. précise (pour la n ième fois) qu’à cette époque, il estimait (tout du moins le croyait-il, pauvre innocent) en avoir fini avec la gent féminine, après presque trente années de vie commune subie entre les bras de deux de ses représentantes (les respectives génitrices de ses deux fils, Guillaume et le susnommé Kévin) : ne jamais dire « Fontaine je ne boirai pas (plus jamais) de ton eau ».

201512_Etretat03Mais l’auteur en revient au sujet de ce billet, la chaumière d’Émile C. (l’extérieure de la bicoque sera ultérieurement exposée) qui reçoit les cinq parigos en mal d’air pur.

201512_Etretat04Après quelques temps d’adaptation auprès de ses invités, le père Émile C. semble reprendre goût à la société humaine, lui dont la solitude donne à penser que sa simple évocation est une pensée effrayante. Il faut que Michel M. évoque ici un petit secret dont la révélation ne devrait toutefois pas porter à conséquence. Aux temps jadis de leur première rencontre à Émile C. à l’Elena A., et bien qu’icelle fut accompagnée de son mari d’alors, le vieux bonhomme fit clairement comprendre à la belle qu’elle ne lui était pas indifférente (qui ne tente rien n’a rien, n’est-il pas ?). Aussi, lorsque en ce vendredi 11 décembre 2015, soit plus ou moins dix années après ses premiers émois nés consécutivement à sa première rencontre avec Elena A., accessoirement tout le contraire de l’effet produit par la belle sur  Michel M. en pareille situation (ironie de l’existentielle vie des uns et d’autres, pardi !), l’Émile demanda à la belle s’il pouvait la prendre (en photo), icelle ne se fit pas prier…

201512_Etretat05Sacrée poseuse pour fieffé coquin.

201512_Etretat06Une chance pour les autres (enfin, de cette chance qui peut devenir calamité quand elle dure trop longtemps), Émile C. étant un grand voyageur, il n’hésite jamais à montrer à ses hôtes ses nombreux (et volumineux) albums photos. Mais ce genre d’activité trouvant rapidement ses limites, il fut décidé qu’un saut sur la côte serait le bienvenu, avant que la nuit ne tombe.

201512_Etretat07Au loin, tout au loin, ce sont bel et bien Gala, Oleg et Arthur A., ainsi que Michel M.

Hélas, le temps d’y accéder, c’est en effet la nuit qui accueillit en premier la petite troupe, délestée de l’Émile C. qui avait d’autres choses à faire. Après avoir vainement tenté la montée par les marches jusqu’à la Flèche blanche, obscurité oblige ainsi qu’Oleg A. n’étant plus très jeunes, Michel M. insista pour qu’iceux et Arthur A. aient une idée de l’endroit dans lequel il emmena Elena A. lors de ce fameux samedi 18 décembre 2010, ce lieu d’un crime qui n’exista pas en fait, puisque la première rencontre biblique eut lieu une semaine, elle-même ayant donné lieu à quelques scènes épiques qui firent les gorges chaudes des patrons de la brune mie de l’auteur : peut-être l’auteur narrera-t-il dans le détail la façon dont se déroula cette seconde rencontre, dans un premier temps en présence de Marc V. et d’autres personnages rencontrés à l’époque sur le blog des Sectis adorem rectum, puis dans l’intimité d’une clinique parisienne désertée de ses employés car il était bien tard…

Ce lieu tout à fait délicieux se nomme le Domaine Saint-Clair : jamais de sa vie Michel M. n’avait réservé une chambre dans un endroit aussi luxueux. À n’en pas douter, il devait avoir compris en son for intérieur, mais sans le savoir encore, qu’il avait dégotté là une sacrée représentante du sexe féminin, comme il l’écrivait alors avec une ironie non feinte. Après en avoir soupé des gonzesses, Elena A. se présentait à lui comme LA Femme de tous les dangers, outre son éclatante beauté qui en faisait déjà la plus belle qu’il n’ait jamais approchée de son existentielle vie. Mais autre chose était déjà en marche, car cette gourgandine-ci le séduisait aussi grâce à un esprit mu par une pertinence qu’il n’avait encore jamais rencontré chez une femme (et tant pis pour elles).

201512_Etretat08Les quatre A., de plus près.

201512_Etretat08Sur la route du domaine Saint-Clair, le Donjon, le centre ville d’Étretat :
à défaut de fraicheur de saison, les décorations rappellent la période festive en cours.

201512_Etretat10Ayè, tout le monde est installé dans l’un des salons de l’établissement. Celui-ci est le plus grand et fait office d’accueil aux arrivants. Il est fait constitué par un espace couvert par un toit de verre, qui autrefois séparait deux bâtisses, désormais communicante grâce à ce qui est devenu une vaste véranda. Les mines réjouies présentées là (le cas Oleg A. étant à mettre à part, icelui ayant besoin d’un aiguillon pour se mouvoir, se dévêtir enfin bref, pour toute action a entreprendre, un mystère pour Michel M. qui ne comprend pas comment ont peu être comme cela, car en aucun cas ne s’agit-il là d’une sénilité quelconque, que nenni, c’est dans la nature du père d’Elena A. d’avoir besoin d’une femme pour vivre, ni plus, ni moinsss) sont le reflet du contentement ressenti par tous d’être installés bien au chaud dans un endroit aussi cossu.

Le temps de prendre un verre (horriblement cher, mais quand on aime, hein…), la troupe s’en retourne chez Émile C. pour le repas du soir. Puis c’est la montée dans les chambres pour les invités, Émile C. ayant la sienne au rez-de-chaussée. Le souci dans des maisons aussi âgées, c’est qu’elles sont bien souvent très mal isolées. Aussi est-il préférable de ne pas se lancer dans certaines activités génératrices de « nuisances » à même de perturber le sommeil d’un vieil homme, qui plus est un tantinet épris de son invitée : Michel M. entama donc la lecture de ses sites de réinformation par le biais de son téléphotophone, en faisant partager à sa brune mie (qui de son côté n’était pas en reste, puisque bouquinant le dernier numéro de la revue « Conflits ») certaines théories non conspirationnistes bien évidemment qui y ont cours, car les véritables complots et conspirations sont le fait des États, c’est bien connu !

Ci-dessous, la vidéo de cette journée.

À bientôt pour la suite…

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