« Le blog devient (trop) politique »

Telle est la phrase que Michel M. a entendu tout récemment, prononcée à quelques jours d’intervalle par deux personnes qui n’ont aucun autre lien entre elles, que celui de faire partie des âmes qui gravitent autour de celle du susnommé.

C’est Elena A. la première qui le fit remarquer à son homme en toute fin de semaine dernière, au détour d’une conversation quelconque. Ce fut ensuite le tour d’Adrien G-M.

(toujours de ce monde, si si si) de s’en épancher auprès de son ex logeur (pour plus de précision, se reporter au tome sixième de « Michel M. une existentielle vie » dans lequel il est montré à quel point Michel M., tout misanthrope qu’il s’annonce dans la rubrique « Civilité » du blog, est capable malgré tout d’héberger dans son bureau un âme errante…

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Lettre_a_Adrien_2… et cela jusqu’à ce que soit venu le temps d’un gros ras-le-bol devant une telle incapacité à être adulte) en ce mardi 7 décembre, qui ajouta même (dans un pitoyable réflexe charliesque), que Michel M. était décidément pro-Poutine, puisque faisant état de faits en faveur de la Russie qui n’étaient pas relayés ailleurs (dans les médias occidentaux, quoi). En entendant cela, le sang de l’auteur ne fit d’ailleurs qu’un tour, et le pauvre vieux bonhomme en fut quitte avec une volée de bois vert pas piquée des hannetons, que lui balança alors Michel M. (en aparté : après ce billet, un article sur la lamentable attitude des médias occidentaux quant à leur façon ultra partisane de « traiter » les nouvelles relatives à la Russie et, surtout, de son président), non mais OH !

Ainsi donc selon ces deux personnes (et probablement d’après quelques autres lecteurs du bouge itou), et en extrapolant un tantinet leurs propos, le michèlémisme se serait perdu dans les imbuvables méandres de la géopolitique. Ceci annoncé avec, bien évidemment, cette mauvaise foi que l’auteur rencontre systématiquement chez ses interlocuteurs qui se pensent informés, quand il leur révèle les actions provocatrices sans cesse réalisées par les pays dépendant de l’OTAN, ou bien ces grandes messes moscovites qui font état de preuve démontrant la fourberie des « alliés » de la coalition US cotre le DAESH (c’est un exemple des sujets traités ici, et dont cause presque au quotidien l’auteur à ses collègues) dans lesquelles sont conviées tout plein d’occidentaux : journalistes qui n’en piperont mot à leur retour dans leur salle de rédactions, politiques qui feront comme s’ils n’avaient rien vu ni entendu, les uns et les autres poursuivant impassiblment leur basses œuvres de russophobe propagande anglo-saxonne. Mais tout ceci est clairement expliqué en fin de billet par Gilbert D.

Certes, Michel M. a perdu l’innocence de ses débuts sariques, quand la déconne était l’unique moteur qui le mouvait. Puis, avec son départ de la banlieue pour atterrir à Paris intra muros, il en repris pour quelques années d’insouciance avec l’arrivée de cette sculpturale brune mie d’origine russe, Elena A., avec laquelle (et grâce à laquelle, surtout), il se mit à voyager. De quoi redonner à cette activité ô combien ludique d’une écriture parfois au limite de la graphomanie (trouille initiale de sa brune mie quand elle découvrit le blog des SAR, puis la version couchée sur papier d’icelui), un lustre culturel que les trois blogs qu’il avait jusqu’à présent tenus (deux pour les Sectis adorem rectum, un pour Michel M.) n’avaient jamais fait montre.

Aussi, qu’en cette fin d’année, particulièrement criante quant à la déliquescence de la civilisation, tout du mois occidentale puisque l’empire américain se montre de plus en plus chaotique (les blogs de réinformation indiqués dans la rubrique du même nom, sis sur la page d’accueil de michelm.fr, sont truffés d’articles l’expliquant, et toujours avec un argumentaire solidement étayé par des liens eux-mêmes probants, selon Michel M., évidement), avec un usage comme jamais vu de mensonges au plus haut niveau, de déni à l’encontre des faits dénoncés par la Russie qui confine à la gaminerie la plus ridicule pour un État qui s’est toujours voulu si exemplaire, qu’en cette fin d’année donc, Michel M. en soit rendu à exposer tant de billets piochés dans ses blogs de références ne devrait pas en étonner plus que cela, sapristi de bon sang ! Sans compter qu’il suffit au lecteur d’éviter tout billet dont le titre est balisé par le préfixe « Ré-info » pour se croire dans un monde sans violence, uniquement dévoué à la déconne et dans lequel règne sans partage l’anodin.

Histoire de corroborer ce qui précède, voici une vidéo bien comme les apprécie tout particulièrement Michel M., tant elles sont d’une confondante banalité donc éminemment michèlémienne.

Elena A., qui a la caméra embarquée fixée sur son guidon, se montre être une redoutable anguille
en se faufilant ainsi entre les bagnoles.

Cette fin de semaine, pas de bicyclette en vue car le fils prodigue Arthur se pointe jusqu’à dimanche. L’occasion pour la famille A. (Oleg, Gala, Elena et Arthur) et Michel M. de passer une (ou deux) nuitées à Criquetot L’esneval dans une véritable chaumière normande, chez un vieil ami de la brune mie de l’auteur, Émile C. Nul doute que des photos vont être prises et agrémenteront le blog, de quoi tenir jusqu’ l’année prochaine, qui sait ?

À bientôt.

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Ré-info – Censure médiatique : la société civile laissée dans une ignorance taillée sur mesure

Par Gilbert Doctorow – le 3 décembre 2015 – Source Une parole franche.

Alors qu’il est bon que la narrative [anti-]russe soit reproduite [sans discussion] dans les médias dominants, l’approche par une presse qui se veut indépendante entraîne une certaine confusion dans les rédactions sur la manière de traiter une actualité qui ne correspond pas à l’image d’une Russie ennemie de l’Occident…

Est ce vraiment étonnant que l’Américain, l’Anglais, le Belge ou le Français moyen, même bien éduqué, soit complètement perdu face aux événements internationaux qui entraînent aujourd’hui la communauté internationale au bord d’une guerre mondiale alors qu’il vient de lire son journal favori, que ce soit le New York Times, le Guardian, le Figaro ou le Soir et d’enchaîner sur le journal télévisé de la chaîne de télé d’État, d’Euronews ou de la BBC ?

Je prendrai un exemple frappant, cette semaine, pour vous montrer la réalité de cette censure qui touche autant les médias américains qu’européens quand un événement ne correspond pas à l’image de la Russie que les médias veulent montrer à leur audience. Le mercredi 2 décembre le ministre russe de la Défense a invité quelques centaines de journalistes et attachés militaires venant des différentes ambassades à Moscou à une conférence au cours de laquelle le ministre adjoint, Anatoly Antonov, a présenté des photos aériennes, prises d’avions et de satellites, prouvant l’existence d’une opération logistique d’envergure pour transporter illégalement le pétrole, de la partie de l’Irak et de la Syrie contrôlée par les djihadistes d’EI, par la frontière turque jusqu’à des raffineries locales pour l’usage domestique et jusqu’à des installations portuaires d’où il est envoyé par bateaux à des pays tiers. Les points stratégiques de cette opération ont été clairement identifiés. Vue l’échelle de cette opération, impliquant des milliers de camions en mouvement, le revenu de cette vente a dû atteindre les centaines de millions d’euros par an, voir plus d’un milliard, suffisant pour financer le recrutement de combattants et payer leur équipement militaire.

Le but de cette conférence était de montrer que la destruction de l’avion de chasse russe par les F16 turcs sur la frontière turco-syrienne, la semaine précédente, était un guet-apens visant à arrêter les bombardements russes sur ce trafic de pétrole si rentable mais aussi à tenter d’empêcher cette grande coalition en formation contre EI entre la Russie, la France et quelques autres membres de l’Otan. Alors que le président turc a prétendu qu’il démissionnerait si quelqu’un pouvait prouver sa complicité dans le financement du terrorisme grâce au trafic de pétrole, cette conférence a encore fait monter les enchères dans la confrontation Russie–Turquie.

Les télévisions russes ont largement couvert cette conférence extraordinaire, montrant entre autres les officiers de l’Otan photographiant les diaporamas présentés et prenant le maximum de notes possibles. Par contre, en Occident, la majorité des médias n’ont fait aucun papier sur cet événement. Pas un mot dans le New York Times, qui remplissait sa une de détails sur la tuerie de San Bernardino en Californie. Pas un mot non plus dans les médias allemands ou anglais qui étaient aussi occupés avec des nouvelles locales.

Les Français ont fait jeu à part sur ce coup, mais d’une manière significative. Juste après la conférence, le Figaro et Le Monde y ont consacré un petit article, en termes laconiques et vagues. Un article qui parlait d’allégations russes sur une éventuelle connexion entre la famille Erdogan et un trafic de pétrole, allégations qui n’auraient pas vraiment été prouvées lors de la conférence. Par contre ils n’ont donné aucune précision sur les données présentées et qui pourtant prouvent sans l’ombre d’un doute que les djihadistes profitent d’une chaîne logistique complète pour leur vaste trafic de pétrole sur tout le territoire qu’ils contrôlent en Syrie et à la frontière turc. Si ces preuves ne sont pas considérées comme irréfutables alors on peut se demander lesquelles le seraient.

Aucune des conférences organisées par les États Unis ou l’Otan n’a été mieux préparée et plus convaincante que celle présentée par le ministère russe de la Défense. On peut comparer avec ce que les États-Unis ont montré à la presse, pour impliquer les Russes et/ou leurs supporteurs locaux quand le MH 17 a été abattu au Donbass, qui n’allaient pas plus loin que quelques vidéos tirées des réseaux sociaux. Pourtant, ces preuves américaines ont été prises pour argent comptant par la presse occidentale alors que les preuves russes sont traitées d’allégations ou même la plupart du temps ignorées.

Pour poursuivre ma remarque, présentée il y a quelques jours, selon laquelle Euronews se rapprochait d’une présentation plus équilibrée envers la Russie, la chaîne a effectivement montré quelques images de la conférence du ministre de la Défense à Moscou. Mais, comme la presse française, elle a été avare en détails et a évité de donner la moindre idée sur la profondeur de la documentation exposée.

Dans son discours d’aujourd’hui à l’assemblée, Vladimir Poutine a ouvert et conclu son discours par quelques mots sur la dispute avec la Turquie à cause du tir sur l’avion russe en Syrie et à nouveau accusé le gouvernement en place en Turquie d’aider le terrorisme djihadiste en facilitant son trafic de pétrole. Cette partie du discours a été fidèlement retranscrite par le Figaro ainsi que par la Frankfurter Allgemeine Zeitung alors qu’ils n’avaient pas dit un mot sur la conférence pour les attachés militaire quelques jours avant. Alors qu’il est bon que la narrative russe soit reproduite dans les médias dominants, la vision d’une presse soi-disant indépendante entraîne une certaine confusion dans les rédactions sur la manière de traiter une actualité qui ne correspond pas à l’image d’une Russie ennemie de l’Occident et donne une image déformée qui rend perplexe quant au rapprochement actuel entre l’Union européenne et la Turquie à propos des réfugiés.

Pendant ce temps, autre scène autre scénario, nous voyons que dans les chancelleries des principales puissances européennes, les accusations russes contre la Turquie sont prises très au sérieux. Le Financial Times d’aujourd’hui et d’autres journaux anglais ont parlé du début des bombardements anglais sur la Syrie qui se sont effectués dans la foulée du vote de la Chambre des Communes et qui montrent que les Tornados de l’armée britannique visent spécifiquement les champs pétrolifères syriens. Il est donc apparemment devenu opportun, normal et juste pour les alliés américains de cibler les sources de financement d’EI, alors que c’est ce que font les russes depuis deux mois sous les railleries américaines prétendant qu’ils ne frappaient pas les bonnes cibles.

Gilbert Doctorow est un citoyen américain résidant de longue date à Bruxelles, il est  observateur des affaires russes depuis 1965. Il est diplômé de Harvard College (1967) et titulaire d’un doctorat d’histoire, avec mention, de l’Université Coloumbia (1975)

Traduit par Wayan, édité par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

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