Un hiver hollandais

201512_Coccinelle_d'hiverCliché pris par Elena A. ce jour, le mardi 22 décembre 2015. Aux meilleures heures de la journée, la température avoisine les 13 degrés centigrades. Elle peut sans conteste monter à bien plus pour peu que l’on soit à l’abri du vent et sous le soleil. Avec un vent de Sud durable depuis plusieurs semaines, selon les observations michélèmiennes qui, comme tout assidu lecteur le sait depuis belle lurette, est un météorologue rentré pour cause d’incompatibilité de « caractère », la douceur aura été de mise depuis le début de l’automne.

Incompatibilité, entre les matières qu’il lui fallait étudier pour en être un patenté (de météorologiste) et qui sont les maths, la physique et la chimie (quel cauchemar !), et son ciboulot qui l’a toujours conduit vers le monde littéraire, porté par sa logorrhée. La dichotomie entre ses aspirations et ses possibilités a toutefois cessé depuis une petite dizaine d’années. Reste que depuis ses 7 ans, Michel M. n’a eu de cesse de mater le ciel afin de prévoir le temps, jusqu’à en pourrir un peu la vie de ses mère et sœurs avec ses indications, puis contre indications, elles-même battues en brèche par de nouvelles indications, style-genre : « C’est sûr, il va pleuvoir », « Ah ! Bin non, minçalors, le nuage est parti ailleurs », « Ayè, l’orage arrive, ouêêê… », etc, le tout en quelques heures, et pendant que le gynécée avait d’autres chattes à fouetter !

Malgré ce rédhibitoire handicap et cheminement existentiel aidant, il comprit assez rapidement qu’il n’avait pas besoin d’être météorologue diplômé pour se faire plaisir en jouant les prévisionnistes de bas-art. De bas-art, certes, mais pas trop par rapport aux spécialistes de la téloches*, pour sûr (Ah ! Ah ! Ah ! Les pros du temps qu’il va faire !). Mais, en ce qui concerne son environnement, depuis toutes ses années d’observation (près de quarante ans tout de même !), il a indubitablement acquis une « base de données » à même de lui permettre de conseiller à sa brune mie de prendre son vélo (ou pas) pour aller bosser (c’est un exemple, hein, car il n’y a pas qu’elle dans sa vie, tout de même, ho !).

D’un autre côté, la météorologie étant un impondérable sur lequel l’être lambda n’a aucune prise (car il n’y a que les gouvernants de ce monde, parait-il, qui ont ce pouvoir de faire changer les choses, afin que ça ne se mette pas à trop déconner, là-haut. Enfin, si tant est que l’on adhère à la doxa actuelle selon laquelle ce climat déconnant serait le fait d’un réchauffement dû à l’humanité (et rien qu’à elle, gare à la sédition en l’occurrence !)), perdre son temps à cela est un luxe que seul les oisifs, les nantis, les fonctionnaires (Quelle bande de feignants !) enfin bref, ceux qui n’ont pas la tête dans le guidon parce qu’ils ont faim…
Heu, mais qu’est-ce qu’il raconte là, le Michel M. ? Mais nan idiot, ils ont la tête dans le guidon parce qu’ils ont (volontairement) été, et le sont plus que jamais, écrasés par les sombres prévisions déversées, avant-pendant-après LA Cop21 (il n’y a pas eu seule une chaine de téloche que Michel M. ait survolée qui n’ait pas diffusée des émissions alarmistes, estampillées « Réchauffement climatique » en rouge clignotant, au moment de LA Cop21 ; à noter que ça a relégué le shoaïsme ambiant durant deux ou trois semaines, mais gageons qu’icelui a illico repris ses droits) à longueur de médias qui prennent bien soin, éhontée propagande oblige, de grossir jusqu’au ridicule le trait (écouter la conférence pointée ci-dessus est roboratif à souhait).

En outre, et c’est bien le pire dans cette époque, c’est que l’ « information » ainsi « mondialisée » est devenu un incessant brouhaha, qui finit par rendre sourd, muet et aveugle ceux qui s’y abreuvent. Enfin, ils entendent aussi clairement les commentaires qu’ils voient parfaitement les images attenantes, le tout étant asséné avec une redoutable régularité par ces sources de mort cérébrale que sont ces médias. Mais c’est comme une litanie : à la longue, ça devient un bruit de fond, et plus rien n’est si grave, au fond… Seule l’émotion de l’instant comptant.

Il en est très probablement ainsi de cette satanée grande messe écologiquement correcte de COP21 : avant et pendant, c’était jusqu’à plus soif. Mais, une fois l’évènement passé, de quoi vont bien pouvoir se souvenir ces pauvres gens très concernés par ce ciel qui pourrait leur tomber sur la tête ?
Bah, c’est comme pour les attentats du 13 novembre : ils n’en garderont que de l’émotion, rien que de l’émotion. Aucune réflexion individuelle, face à cette avalanche de sensiblerie imposée par un gouvernement au travers de ses extensions médiatiques. Aucune analyse ou tentative de chercher s’il n’existe pas un autre discours, une version alternative sur ce sujet du climat (ni sur celui des attentats par exemple mais, en ce domaine, les ministres et leur président veillent, et c’est donc l’état d’urgence prévaut : il serait même bon qu’il s’éternise pour, in fine, en finir avec des élections qui n’intéressent d’ailleurs même plus la moitié des Français, c’est dire !).

Alors oui, qu’est-ce qui reste dans la tête des moutons, après avoir été sevrés de cette mélasse obligatoire des mauvaises nouvelles climatiques : la signature d’un accord claironné comme étant « Historique » (enfin, pas (éventuellement) signé avant le mois d’avril 2016) qui ne changera surtout pas le mode de vie de tout à chacun… Car, justement, la vie continue, et comme la pluie suit le beau temps, le chaud précède le froid, etc.

C’est ainsi qu’en ce 22 décembre 2015, une coccinelle est venue se poser sur le bras d’Elena A. alors qu’elle se penchait d’une fenêtre de son bureau. Et c’est ainsi, aussi, que cet hiver durablement doux met de l’eau au moulin de la théorie d’un réchauffement de l’ectoplasmique président François H., probablement l’un des pires chefs de gouvernement de la période post-seconde guerre mondiale que le pays ait connu, selon l’avis de l’auteur bien entendu, ou tout du moins depuis qu’il a compris ce que devait être le rôle de président d’un pays, car il semble toutefois que, du côté de la population et cela, grâce aux attentats…

201512_Popularité_FHheu grâce à sa gouvernance, pardon, la moitié de la population soit contente de son boulot (atterrant, non ? Enfin, il faut voir quelle est la source, tout de même, Ah ! Ah  Ah !).

Et puis quoi ?

BoNjOuR ChEz VoUs !

* À leur décharge, ils n’ont que trois minutes pour expliquer la météo d’un pays quand Michel M. n’a qu’un bout de sa région comme territoire. En revanche, sur les sites de prévisions, icelles sont toujours incroyablement mauvaises.

PDF24    Envoyer l'article en PDF   

Avant la deuxième partie de « Retour sur les lieux de son crime », deux ou trois bricoles de son existentielle vie à Michel M.

La Triplette d’Aix (réunie pour la dernière fois ?)
20151216_La_Triplette2 [1280x768]
Les lecteurs s’en souviennent qui ont lu les aventures de ces trois-ci (cette aventure du bout de soi-même vécue par les trois hommes est téléchargeable ici) au cours du printemps dernier en la ville d’Aix en Provence, quand ce C.G.T.* avait offert l’hospitalité à ses deux nervis de la chose puissamment hétérosexuelles et laïque (article n°24 des statuts de la Société discrète Sectis adorem rectum car, SAR un jour, SAR toujours !), le temps de deux nuitées en son appartement 3 pièces-cuisine sis au pied de la Tour d’Aygosie.

Hé bien ce vénérable auguste (une érudition telle, toute tournée vers les histoires d’alcôves et autres jeu de boules plus au moins crédibles narrés par Gilbert T., est sans doute aucun le fait d’un esprit supérieurement spiritualiste, sapristi de bon sang !) avait, cette fois, invité les deux « jeunes » patentés esthètes de la vérité de soi (versus la fausseté de la pose, si répandue alentour) dans le restaurant d’entreprise qui jouxte la cantoche**, profitant en cela de la proposition faite par l’estaminet d’un exquis repas de Noël à 36 balles, sans le vin. Mais la bouteille la plus chère étant cédée pour 20 balles, c’était l’assurance pour l’hôte Gilbert T. de faire bombance pour pas cher, qui plus est en compagnie de deux convives parmi les plus fins que l’on puisse rencontrer sur la place de Paris (et surtout pas vus à la téloche, preuve de leurs discrétion et valeur, pardi !).

20151216_La_Triplette1 [1280x768]Il est probable (et comme en témoigne cette photo), que Michel M. parvint le temps d’une seconde ou deux, de ramener à la raison son collègami Gilbert T. qui, à force d’un compulsif anecdotivisme, en est même parvenu à lasser Pascal P. Celui-ci lui reprochant désormais son incapacité à tenir une conversation structurée (analyse par ailleurs déjà faite depuis belle lurette par Marc V. & Michel M.).

201410_Cafétéria_le_retourLa Bande de la cafèt’ en réduit : de gauche à droite, Marc V., Marcel L., Pascal P. et Patrice P.

Un Pascal P. pourtant doté d’une aussi grande patience qu’est monumentale sa délicatesse. Et qui, par le fait, ne dit jamais de mal de qui que ce soit. Enfin, excepté des emmerdeurs qui peuvent graviter autour de lui, ou bien du personnel politique qui se montre en ces temps particulièrement troubles d’une couardise, d’une rouerie et d’une amoralité inouïes. Mais de ceux-là, il est évident à tous que l’unique façon de les évoquer, et cela à moins d’être un Charlie de première bourre, ne peut se faire qu’en ressentant un insondable dégoût à leur endroit.

Enfin bon, le fait est que ce repas à trois, entre personnes dotées de ciboulots particulièrement bien remplis, se déroula dans un esprit éminemment bon enfant et, surtout, fut agrémenté de mets d’un exquis raffinement. Entre autres ce pigeon (Michel M. n’en avait jusqu’alors jamais dégusté, avant qu’il n’invita dans ce même restaurant ses brune mie et « beau-fils ») issu d’une région de France dont l’auteur a oublié le nom : une image valant mieux que bien des mots, Michel M. devrait ultérieurement exposer ce menu de Noël (par lui maquetté à la façon d’un marque-page, accessoirement).

Et pourquoi ce « (réunie pour la dernière fois ?) » ? Parce que ce C.G.T. s’en va quitter sa « vie active » à la mi-janvier de l’année prochaine. Certes, du fait qu’il réside à proximité de son futur ex travail, il a prévenu ses convives qu’il serait très souvent dans les parages. Mais Michel M. sait pertinemment que tous ceux qui partent à la retraite annoncent cette sorte d’éternel retour. Mais dans les faits, et ce serait dans l’ordre naturel des choses que cela n’étonnerait pas l’auteur, ils finissent tous par disparaitre (de la vie de l’auteur, pas de la surface de la planète, quoi que certains de ces retraités se soient retrouvés kaput, six mois à peine leur départ, bon sang !). Sans compter que lorsque ces désormais anciens collègues se radinent, ils tombent quasiment à coup sûr comme une mouche dans un bol de lait. Ce qui fait qu’au bout de trois ou quatre passages, seuls les plus demandeurs (un service par-ci, un pot par-là) continuent de perturber les ex collègues en pleine activité dans la ruche.
Bien évidemment, aucune de ces personnes de la cafétéria ne souhaite pareille issue à leur conteur d’histoire d’alcôve préféré, ce C.G.T. pour ne pas le nommer, mais en tout cas, si une chose est bien acquise, c’est qu’à compter du 15 janvier 2016 au soir, Tonton Gigi (autre michèlémienne appellation de ce dorénavant soulant C.G.T.) ne sera plus de la bande de la cafét’ du matin…

201503_La_collégialeLe noyau dur de la bande de la cafét’ (à l’exclusion de Patrice P., et de Michel M., cliché oblige) :
Pascal P., Marcel L., Gilbert T., Steeve B., Marc V. et Alain C.

Vernissage à la galerie Russkyi Mir, mercredi 16 décembre
201512_Russkiy-Mir1C’est un ami Russe d’Elena A. (étonnant, non ?) qui lui a proposé cette sortie parisienne après boulot.

L’exposition est tout à fait passionnante, puisqu’il s’agit de sculpture faite à partir d’os et de défenses de Mammouths ! Il faut dire qu’en Russie, ces vestiges d’un passé bien lointain sont rejetés par la terre. Soit naturellement, soit sous l’action des orpailleurs. L’avantage de travailler cette matière, c’est que les bestiaux qui la fournissent ayant disparu depuis quelques millénaires, leur ivoire n’est pas interdite à la vente en France.

201512_Russkiy-Mir2Ci-dessus, quelques pièces photographiées par Michel M. Seulement, comme il y avait, d’une part, une photographe professionnelle en plein travail sur place, icelui n’a pas souhaité la gêner. D’autre part, il était aussi présent pour simplement regarder et…

201512_Russkiy-Mir3…acheter quelques breloques (c’est leur nom officielle russe) : qui pour sa brune mie, qui pour lui-même, puis pour Arthur A. et Kévin M. ! Ci-dessus, en haut, la sculpture porte-clef de Michel M., puis celle d’Arthur (de dos et de face). Anecdote : Michel M. est le premier acquéreur de l’exposition (pas difficile, puisqu’il s’agissait de son vernissage), scène dument couchée sur photo par la pro : parait-il que ces clichés devraient figurer sur le site, un jour… Mais l’auteur fit encore plus fort, puisqu’il y est retourné hier après-midi pour acheter le porte-clefs de ses « beau-fils » et fils cadet !

201512_Russkiy-Mir4Les trois artistes du soir et Elena A.

Elena A. semble, quant à elle être, parfaitement digne d’attention aussi. Notamment, de la part d’hommes qui ne devraient pas hésiter bien longtemps avant de lui proposer de la retrouver quelque part dans la soirée…

201512_Russkiy-Mir5Seulement la belle n’ayant d’yeux que pour son homme, la présence de Michel M. sera comme une muraille de France érigée face à la prédation envisagée par (au minimum) les deux Russe ci-dessus clairement concupiscents (l’homme au chapeau est un artiste russe très connu sur la place de Paris (il est à ce propos visible sur l’une des photographies du site)). Que l’auteur ressente une certaine fierté devant cet effet produit par Elena A. n’est un mystère pour personne. Tout comme celle ressentie à son endroit par sa brune mie n’en est un pour personne non plus. Et lorsque cet état de faits est accompagné d’une sérénité que seul peut apporter l’absolue confiance en sa moitié, l’effet est destructeur pour tout prétendant : les regards que s’échangent les êtres épris sont aussi décourageants pour le prédateur qu’un mur de trente mètre de haut pour un Palestinien désirant voir le monde par-delà Israël.
Aussi, lorsque Michel M. dit qu’il est probablement l’un des hommes les plus heureux de cette époque, en aucun cas ne peut-il mentir, pardi ! Et ce « Retour sur les lieux de son crime » n’est pas venu là de façon anodine : le 4 décembre 2015, c’était l’anniversaire de leur rencontre, à sa mie et à lui-même. À défaut de l’un de ces courts séjours annuels en hôtellerie de luxe qu’organisent depuis cinq années désormais Michel M. (séjour remis au 8 janvier à Carcassonne, pour cause de venue d’Arthur A.), ce fut toutefois comme un pèlerinage en bonne et due forme sur les premiers émois de ces deux-là qui se fit du côté de Criquetot-l’Esneval.

Mais chaque chose en son temps.

TMF du mois de novembre 2015
Stats201511
Bonne performance pour les visiteurs du blog. Ceux-ci sont en effet parvenus à faire oublier les piètres résultats des deux derniers mois en hissant ce TMF à la neuvième place de tous les TMF de tous blogs confondus tenus par Michel M. (de tous les temps du monde universel etc.) jamais enregistrés (depuis mars 2007, quoi..).

Longues vie aux lecteurs de michelm.fr, qu’ils soient femmes, hommes, neutres (c’est beau, le progrès, la modernité et toussa) ou même bots : la période des fêtes de fin d’année est propice au développement d’une grande mansuétude chez Michel M., mais cela ne durera évidemment pas.

Et voici qu’avec ce troisième thème de ce billet, Michel M. est fin prêt pour entamer la rédaction de la seconde partie de ce désormais fameux « Retour sur les lieux de son crime ». Maintenant, annoncer une date de sortie pour ce futur billet « aéré » est un exercice périlleux auquel ne se risquera pas l’auteur.

À bientôt !

* Cher Gilbert T.
** Celui-là même où Michel M. invité, une semaine plus tôt, sa brune mie et le fils d’icelle

_________________________________________________________________________

Ré-info, car le combat contre l’obscurantisme est infini.

201512_Logo_E&R

White Power

Libération, porte-étendard de la Gaule ?

Massacré par une clause de cession et un plan de départs, l’effectif de Libération, passé de 250 salariés en 2014 à 180 aujourd’hui, a fondu comme neige au soleil. Comme ses ventes en kiosques : 89 754 exemplaires en novembre 2014, contre seulement 78 831 en octobre 2015. Soit, concrètement, deux fois moins que le nombre de visiteurs uniques quotidiens du site Égalité & Réconciliation…

Bien sûr, le site Internet de Libé a en grande partie supplanté l’édition papier, mais le symbole est là. Au passage, liberation.fr ne casse pas non plus la baraque, puisqu’il est classé 85ème site de France par Alexa, score franchement mauvais pour un média de cette renommée, jouissant d’une telle masse salariale et doté de plusieurs millions d’euros de subventions annuelles. En comparaison, Le Figaro et Le Monde se tirent la bourre sous la barre des 20 premiers sites français.

Le passage au numérique n’explique pas à lui seul l’écroulement des ventes en kiosque. Et d’une manière générale, la « conjoncture » économico-technologique n’explique pas, seule, la déconfiture des grands médias : ceux-ci sont d’abord laminés par leurs propres contradictions idéologiques. Leur inépuisable capacité à mentir a généré la défiance de plus en plus large et radicale d’un public avide d’information. Le mensonge, c’est d’abord la désinformation directe ; on pense par exemple au traitement du conflit syrien, cas d’école de bobard généralisé au service du pouvoir. Mais c’est aussi la manipulation qui consiste à tenter de dissimuler à ses lecteurs sa véritable nature de collaborateur. Un quotidien menteur, c’est ainsi, par exemple, Libération qui continue de se dire à gauche quand il est racheté par le milliardaire israélien et sioniste Patrick Drahi, dont on pourra consulter la biographie extensive par Faits & Documents pour mesurer à quel point les intérêts qu’il défend sont étrangers à la gauche bien comprise. Laurent Joffrin, lui, n’y voit aucun problème. Mieux : le social-traître saisit l’occasion du déménagement pour se tailler un costume de Résistant… Rions un peu avec Laurent en attendant la mort de Libération :

« Libération est “un village gaulois” au sein d’Altice Média, a déclaré Laurent Joffrin, cogérant et directeur de la publication du quotidien, à quelques jours du déménagement du journal dans les locaux du groupe de Patrick Drahi, dans le IXe arrondissement de Paris [1]. »

Laurent Joffrin et Abraracourcix, même combat ? Le décryptage de la métaphore gauloise s’annonce glissant… Joffrin a-t-il voulu faire rire toute la France en prétendant lutter contre le grand Capital, en l’occurrence le grand Drahi ? Las, a-t-il voulu mettre fin à sa propre carrière en évoquant discrètement la lutte des Palestiniens, qui, bien qu’écrasés par la puissance de leur ennemi, résistent encore et toujours aux compatriotes envahisseurs de M. Drahi ?

Trève de perplexité, la photo de groupe de l’équipe de Libé, prise à la veille du changement de locaux et reproduite ci-dessous, va dissiper tout questionnement. Cette allusion à la Gaule, c’était une moranerie : après Nadine, Joffrin nous fait à son tour le coup de la race blanche !

On plaisante. Mais pas tant que ça. Ce cliché tristement éloquent, parfaitement symbolique, révèle de façon éclatante cette autodestruction de la « gauche » par le mensonge bobo. Un mensonge qui consiste ici à promouvoir en long, en large, en travers, dans toutes les colonnes et sur toutes les manchettes du quotidien depuis des décennies l’idéologie du métissage, de la « diversité », de l’importation massive de « chances pour la France » quand, dans le même temps, on évite soi-même soigneusement les chocs culturels et autres violences mondialistes, bien à l’abri dans une équipe à la blancheur éclatante :

 

JPEG - 220.7 ko
Les promoteurs de la diversité

Notes

[1] http://lexpansion.lexpress.fr/actualites/1/actualite-economique/liberation-un-village-gaulois-au-sein-d-altice-selon-joffrin_1745577.html

Indubitablement, ces organes de presse ô combien institutionnels car financés par l’État font preuve au quotidien de leur complet (et si complaisant) asservissement à la propagande américanoccidentale. Celle-là même qui réduit à l’état de mélasse la faculté de réflexion que tout à chacun, d’entre les êtres humains, est supposé être à la naissance.

Aussi, quelque soit le média que l’on pointera du doigt pour son œuvre de nivellement désinformant / déculturant, Michel M. se refusera toujours à exempter ses auditeurs/lecteurs/spectateurs, quant à leur absence d’esprit critique, leur manque de désir de savoir s’il n’existerait pas, en d’autres lieux, une version différente des faits.

« Le principal fléau de l’humanité n’est pas l’ignorance, mais le refus de savoir. »
Simone de B.

PDF24    Envoyer l'article en PDF   

Politinterlude

201511_logo Le_Grand_SoirLe PS va-t-il changer de nom ?
Le Parti solférinien va-t-il changer de nom, comme Valls l’avait suggéré naguère et comme la rumeur court après la déculottée des régionales ?

Si oui, que choisir ?

Parti Républicain (PR) ? C’est trop proche du parti de Sarkozy (LR) et la confusion est déjà politiquement assez grande entre leurs pratiques.
Parti de Gauche (PG) ? C’est déjà pris et, en plus, ça serait un mensonge trop évident.
Parti Anti-Finance ? Pour revenir aux sources du Bourget ? Le PAF, dont les rigolos diront qu’il recrute les empafés ? Oublions ça.
Parti Démocrate ? C’est mieux, mais les initiales, hein, les initiales…

Théophraste R.

signature-mm-cavaliere-n6Bonjour chez vous !

PDF24    Envoyer l'article en PDF   

Retour sur les lieux de son crime à Michel M. 1/3

201512_Michel_M_&_cie_au_cafeAvec le retour en France du fils prodigue Arthur A. (pour quatre journées), c’est à une extraordinaire débauche d’affects spéciaux auxquels se sont adonnés ces trois-ci.

Ainsi de sa génitrice (et, depuis cinq années révolues désormais, brune mie de l’auteur), qui avait tenu à ce que cet ultime passage de son rejeton en cette finissante année 2015 en France (autrefois terre d’asile de tout être en rupture de contrées « anti-démocratiques », mais devenue, depuis, paillasson pour les mêmes, et cela suite à l’activité de différents « présidents » et autres « dirigeants » nommés ministres (une pléthore de taupes en vérité), tous issus du messianisme états-unien (médiocre verso du mouvement des lumières européen, au demeurant)), se déroule (l’ultime passage de son fils Arthur A. en France*) sous les meilleurs auspices.

C’est donc avec l’aval de son homme (et c’est à cela que l’on reconnait la quintessence d’une relation couplesque) qu’elle réserva trois places pour l’un des spectacles encore accessibles en Paris intra muros malgré l’« état de guerre » dans lequel se trouve le pays qui, lui-même, implique un « État d’urgence » avec sécurisation optimum à la clef. À ce propos, Michel M. (et tous les parisiens au minimum) se sent sans coup férir vachement bien protégé par ceux-là mêmes qui ont armé les terroristes, youpi !

Mais avant de préciser au lecteur la façon avec laquelle Elena A. a honoré la présence de son rejeton en France, Michel M. va faire connaître au monde universel dans son ensemble tout entier en général, la manière dont il a lui-même accueilli Arthur A.

201512_Michel_M_au_restau« Il faut arrêter de croire les médias institutionnalisés, puisque financés par l’État, sous peine de n’être qu’un (servile) Charlie* », et patati et patata. Le problème, c’est qu’avec ou sans pinard, Michel M. peut partir en vrille de la sorte, dès qu’il s’agit des « affaires du monde »…

En effet, disposant à toute proximité de son bureau d’un restaurant réputé parmi l’un des meilleurs du cosmos, tout du moins dans son rapport qualité/prix, il n’hésita pas une seconde (témoignage de sa remarquable générosité, en l’occurrence) d’y réserver une table pour sa brune mie, le fils d’icelle et lui-même.

Et cest ainsi que, consécutivement au déjeuner absolument inouï quant aux mets proposés, et dont les intitulés sont aussi poétiques qu’est exquise leur délicatesse…

201512_Michel_M_au_restau2… à l’image de ce que laisse suggérer cette superbe animation donnant à voir (en couleur, ce gilet est tellement beau!) un Michel M. qui arbore un air pour le moins complice (ce gars-ci ne laisse jamais rien au hasard, quand bien même** icelui (Michel M., pas le hasard, ah ! ah ! ah !) puisse-t-il se laisser aller à quelque débordement violemment réactionniste, comme évoqué plus haut)),

201512_Arthur_A_au_restauArthur A., heureux convive (et invité), prêt pour siroter un rhum vieux JM.

les deux invités prirent (provisoirement) congé de Michel M., icelui ayant à honorer de sa présence les heures de présence imparties à sa (dure) journée de labeur.

C’est aux alentours des vingt-et-une heures que tous trois se retrouvent devant le théâtre La Bruyère, lieu dans lequel se produisent les trois esthètes de « Chanson plus biofluorée »

AFFICHE 25 B_LA BRUYERE… car c’est bel et bien la soirée spectaculaire à laquelle Elena A. convie deux de ses hommes*** (après accord circonspect de Michel M., qui a décliné d’autres propositions énumérées par sa brune et dont il taira les noms par décence : il ajoutera simplement que c’était parfois du lourd, du très lourd même…) en ce jeudi 10 décembre.

Hé bien, que les lecteurs apprennent que la michèlémienne circonspection se dissoudra très rapidement à peine la scène illuminée. Car ces trois bonshommes (plus très jeunes au demeurant : 25 ans de scène ça use, mine de rien) ont su éviter ce que Michel M. exècre, à savoir certaines facilités propres aux artistes de ce XXIème siècle ô combien auto-censeur, qui se vautrent dans un puant surjeux, dans de la pose style-genre « vu à la téloche », ou encore blagues à zéro euros vingts centimes et ultra balisées par moult gestes qui sont là pour bien faire comprendre que « c’est de l’humour, les gars » (à l’instar des « Oups ! » et autres index-majeur croisés bien en évidence, etc., qui tuent l’humour aussi certainement qu’un mercenaire rémunéré par la CIA mitraillant les parisiens, un soir de novembre 2015), des fois qu’on puisse leur coller un procès au cul pour crime de lèse correction ! Parmi les amuseurs qui n’ont pas respecté cette règle de l’absolue correctionnisme, Michel M. citera bien évidemment M. M’Bala M’Bala Dieudonné, mais aussi un certain Patrick Timsit, disparu quelques temps des médias, histoire de (re)faire allégeance à sa manière…

Sans superfétatoire commentaire, indubitablement.

Bref : « Chanson + biofluorée » est un spectacle à recommander aux Français, dotés d’une certaine culture « gauloise », toutefois, puisqu’il y est fait allusion à des chansons d’un répertoire que les moins de… 20, 30, 40 ans (?) ne peuvent a priori pas connaître. De plus, et Arthur A. en aura été le témoin, les références qui cisèlent le propos entendu là sont chantées avec une telle rapidité d’exécution qu’il faut, pour un étranger, une sacrée connaissance de la langue française pour ne serait-ce que capter les jeux de mots balancés là par ces trois comiques professionnels !

Car ces gars-là ont pris pour habitude de détourner les chansons du répertoire franchouillard, ceci afin de servir au mieux leur spectacle. Michel M., qui est d’un genre éminemment coincé, tout du moins en ce qui concerne la variétoche de son pays, a reçu 5/5 le spectacle ici offert : sans dec’, c’est d’un exquis raffinement (bien que l’on baigne tout de même, mais parfois seulement, dans un esprit très cabaret, façon parigot…).

Détournement certes, mais le final sera de toute beauté : reprendre « La Javanaise » du génial Serge G. (unique chanson de la représentation respectée dans son intégrité pour le coup), dans une telle osmose avec le public c’est du grand art : chapô, les artistes !

201512_Michel_M_&_cie_au_cafe2Aussi, histoire de ne pas jurer avec ce qui précéda, la soirée de ces trois spectateurs se conclura par un double pot (avec, par exemple, deux Irish Coffee pour l’auteur : à circonstance exceptionnelle, boisson sophistiquée pardi !), en attendant le départ du lendemain pour…

Et c’est à suivre, bien sûr et youpi !

* Comme l’auteur l’a déjà souligné à l’attention des lecteurs les moins pourvus d’un ciboulot digne de l’appellation (donc assurément mus par le charlisme le plus obscurantiste), dans le cadre d’une lecture « simplifiée » de ses élucubrations, il suffit dans un premier temps d’éviter les textes mis entre parenthèses. Puis, si la lecture leur a semblé roborative, ces mêmes visiteurs peuvent tenter une lecture in extenso des billets michèlémiens. Seulement, qu’iceux prennent bien garde au possible déraillement…

** Ne rien laisser au hasard ne signifie pas « péter plus haut que son anu(s) », mais avoir anticipé les conséquences de ses actes pour ne pas avoir en subir les conséquences, malgré soi.

*** Le troisième n’étant autre que son géniteur, Oleg don Alaferdon, préfaceur du tome huitième de « Michel M., une existentielle vie ».

PDF24    Envoyer l'article en PDF   

« Le blog devient (trop) politique »

Telle est la phrase que Michel M. a entendu tout récemment, prononcée à quelques jours d’intervalle par deux personnes qui n’ont aucun autre lien entre elles, que celui de faire partie des âmes qui gravitent autour de celle du susnommé.

C’est Elena A. la première qui le fit remarquer à son homme en toute fin de semaine dernière, au détour d’une conversation quelconque. Ce fut ensuite le tour d’Adrien G-M.

(toujours de ce monde, si si si) de s’en épancher auprès de son ex logeur (pour plus de précision, se reporter au tome sixième de « Michel M. une existentielle vie » dans lequel il est montré à quel point Michel M., tout misanthrope qu’il s’annonce dans la rubrique « Civilité » du blog, est capable malgré tout d’héberger dans son bureau un âme errante…

2012_11_Congrès_des_maires

Lettre_a_Adrien_2… et cela jusqu’à ce que soit venu le temps d’un gros ras-le-bol devant une telle incapacité à être adulte) en ce mardi 7 décembre, qui ajouta même (dans un pitoyable réflexe charliesque), que Michel M. était décidément pro-Poutine, puisque faisant état de faits en faveur de la Russie qui n’étaient pas relayés ailleurs (dans les médias occidentaux, quoi). En entendant cela, le sang de l’auteur ne fit d’ailleurs qu’un tour, et le pauvre vieux bonhomme en fut quitte avec une volée de bois vert pas piquée des hannetons, que lui balança alors Michel M. (en aparté : après ce billet, un article sur la lamentable attitude des médias occidentaux quant à leur façon ultra partisane de « traiter » les nouvelles relatives à la Russie et, surtout, de son président), non mais OH !

Ainsi donc selon ces deux personnes (et probablement d’après quelques autres lecteurs du bouge itou), et en extrapolant un tantinet leurs propos, le michèlémisme se serait perdu dans les imbuvables méandres de la géopolitique. Ceci annoncé avec, bien évidemment, cette mauvaise foi que l’auteur rencontre systématiquement chez ses interlocuteurs qui se pensent informés, quand il leur révèle les actions provocatrices sans cesse réalisées par les pays dépendant de l’OTAN, ou bien ces grandes messes moscovites qui font état de preuve démontrant la fourberie des « alliés » de la coalition US cotre le DAESH (c’est un exemple des sujets traités ici, et dont cause presque au quotidien l’auteur à ses collègues) dans lesquelles sont conviées tout plein d’occidentaux : journalistes qui n’en piperont mot à leur retour dans leur salle de rédactions, politiques qui feront comme s’ils n’avaient rien vu ni entendu, les uns et les autres poursuivant impassiblment leur basses œuvres de russophobe propagande anglo-saxonne. Mais tout ceci est clairement expliqué en fin de billet par Gilbert D.

Certes, Michel M. a perdu l’innocence de ses débuts sariques, quand la déconne était l’unique moteur qui le mouvait. Puis, avec son départ de la banlieue pour atterrir à Paris intra muros, il en repris pour quelques années d’insouciance avec l’arrivée de cette sculpturale brune mie d’origine russe, Elena A., avec laquelle (et grâce à laquelle, surtout), il se mit à voyager. De quoi redonner à cette activité ô combien ludique d’une écriture parfois au limite de la graphomanie (trouille initiale de sa brune mie quand elle découvrit le blog des SAR, puis la version couchée sur papier d’icelui), un lustre culturel que les trois blogs qu’il avait jusqu’à présent tenus (deux pour les Sectis adorem rectum, un pour Michel M.) n’avaient jamais fait montre.

Aussi, qu’en cette fin d’année, particulièrement criante quant à la déliquescence de la civilisation, tout du mois occidentale puisque l’empire américain se montre de plus en plus chaotique (les blogs de réinformation indiqués dans la rubrique du même nom, sis sur la page d’accueil de michelm.fr, sont truffés d’articles l’expliquant, et toujours avec un argumentaire solidement étayé par des liens eux-mêmes probants, selon Michel M., évidement), avec un usage comme jamais vu de mensonges au plus haut niveau, de déni à l’encontre des faits dénoncés par la Russie qui confine à la gaminerie la plus ridicule pour un État qui s’est toujours voulu si exemplaire, qu’en cette fin d’année donc, Michel M. en soit rendu à exposer tant de billets piochés dans ses blogs de références ne devrait pas en étonner plus que cela, sapristi de bon sang ! Sans compter qu’il suffit au lecteur d’éviter tout billet dont le titre est balisé par le préfixe « Ré-info » pour se croire dans un monde sans violence, uniquement dévoué à la déconne et dans lequel règne sans partage l’anodin.

Histoire de corroborer ce qui précède, voici une vidéo bien comme les apprécie tout particulièrement Michel M., tant elles sont d’une confondante banalité donc éminemment michèlémienne.

Elena A., qui a la caméra embarquée fixée sur son guidon, se montre être une redoutable anguille
en se faufilant ainsi entre les bagnoles.

Cette fin de semaine, pas de bicyclette en vue car le fils prodigue Arthur se pointe jusqu’à dimanche. L’occasion pour la famille A. (Oleg, Gala, Elena et Arthur) et Michel M. de passer une (ou deux) nuitées à Criquetot L’esneval dans une véritable chaumière normande, chez un vieil ami de la brune mie de l’auteur, Émile C. Nul doute que des photos vont être prises et agrémenteront le blog, de quoi tenir jusqu’ l’année prochaine, qui sait ?

À bientôt.

_______________________________________________________________________

Ré-info – Censure médiatique : la société civile laissée dans une ignorance taillée sur mesure

Par Gilbert Doctorow – le 3 décembre 2015 – Source Une parole franche.

Alors qu’il est bon que la narrative [anti-]russe soit reproduite [sans discussion] dans les médias dominants, l’approche par une presse qui se veut indépendante entraîne une certaine confusion dans les rédactions sur la manière de traiter une actualité qui ne correspond pas à l’image d’une Russie ennemie de l’Occident…

Est ce vraiment étonnant que l’Américain, l’Anglais, le Belge ou le Français moyen, même bien éduqué, soit complètement perdu face aux événements internationaux qui entraînent aujourd’hui la communauté internationale au bord d’une guerre mondiale alors qu’il vient de lire son journal favori, que ce soit le New York Times, le Guardian, le Figaro ou le Soir et d’enchaîner sur le journal télévisé de la chaîne de télé d’État, d’Euronews ou de la BBC ?

Je prendrai un exemple frappant, cette semaine, pour vous montrer la réalité de cette censure qui touche autant les médias américains qu’européens quand un événement ne correspond pas à l’image de la Russie que les médias veulent montrer à leur audience. Le mercredi 2 décembre le ministre russe de la Défense a invité quelques centaines de journalistes et attachés militaires venant des différentes ambassades à Moscou à une conférence au cours de laquelle le ministre adjoint, Anatoly Antonov, a présenté des photos aériennes, prises d’avions et de satellites, prouvant l’existence d’une opération logistique d’envergure pour transporter illégalement le pétrole, de la partie de l’Irak et de la Syrie contrôlée par les djihadistes d’EI, par la frontière turque jusqu’à des raffineries locales pour l’usage domestique et jusqu’à des installations portuaires d’où il est envoyé par bateaux à des pays tiers. Les points stratégiques de cette opération ont été clairement identifiés. Vue l’échelle de cette opération, impliquant des milliers de camions en mouvement, le revenu de cette vente a dû atteindre les centaines de millions d’euros par an, voir plus d’un milliard, suffisant pour financer le recrutement de combattants et payer leur équipement militaire.

Le but de cette conférence était de montrer que la destruction de l’avion de chasse russe par les F16 turcs sur la frontière turco-syrienne, la semaine précédente, était un guet-apens visant à arrêter les bombardements russes sur ce trafic de pétrole si rentable mais aussi à tenter d’empêcher cette grande coalition en formation contre EI entre la Russie, la France et quelques autres membres de l’Otan. Alors que le président turc a prétendu qu’il démissionnerait si quelqu’un pouvait prouver sa complicité dans le financement du terrorisme grâce au trafic de pétrole, cette conférence a encore fait monter les enchères dans la confrontation Russie–Turquie.

Les télévisions russes ont largement couvert cette conférence extraordinaire, montrant entre autres les officiers de l’Otan photographiant les diaporamas présentés et prenant le maximum de notes possibles. Par contre, en Occident, la majorité des médias n’ont fait aucun papier sur cet événement. Pas un mot dans le New York Times, qui remplissait sa une de détails sur la tuerie de San Bernardino en Californie. Pas un mot non plus dans les médias allemands ou anglais qui étaient aussi occupés avec des nouvelles locales.

Les Français ont fait jeu à part sur ce coup, mais d’une manière significative. Juste après la conférence, le Figaro et Le Monde y ont consacré un petit article, en termes laconiques et vagues. Un article qui parlait d’allégations russes sur une éventuelle connexion entre la famille Erdogan et un trafic de pétrole, allégations qui n’auraient pas vraiment été prouvées lors de la conférence. Par contre ils n’ont donné aucune précision sur les données présentées et qui pourtant prouvent sans l’ombre d’un doute que les djihadistes profitent d’une chaîne logistique complète pour leur vaste trafic de pétrole sur tout le territoire qu’ils contrôlent en Syrie et à la frontière turc. Si ces preuves ne sont pas considérées comme irréfutables alors on peut se demander lesquelles le seraient.

Aucune des conférences organisées par les États Unis ou l’Otan n’a été mieux préparée et plus convaincante que celle présentée par le ministère russe de la Défense. On peut comparer avec ce que les États-Unis ont montré à la presse, pour impliquer les Russes et/ou leurs supporteurs locaux quand le MH 17 a été abattu au Donbass, qui n’allaient pas plus loin que quelques vidéos tirées des réseaux sociaux. Pourtant, ces preuves américaines ont été prises pour argent comptant par la presse occidentale alors que les preuves russes sont traitées d’allégations ou même la plupart du temps ignorées.

Pour poursuivre ma remarque, présentée il y a quelques jours, selon laquelle Euronews se rapprochait d’une présentation plus équilibrée envers la Russie, la chaîne a effectivement montré quelques images de la conférence du ministre de la Défense à Moscou. Mais, comme la presse française, elle a été avare en détails et a évité de donner la moindre idée sur la profondeur de la documentation exposée.

Dans son discours d’aujourd’hui à l’assemblée, Vladimir Poutine a ouvert et conclu son discours par quelques mots sur la dispute avec la Turquie à cause du tir sur l’avion russe en Syrie et à nouveau accusé le gouvernement en place en Turquie d’aider le terrorisme djihadiste en facilitant son trafic de pétrole. Cette partie du discours a été fidèlement retranscrite par le Figaro ainsi que par la Frankfurter Allgemeine Zeitung alors qu’ils n’avaient pas dit un mot sur la conférence pour les attachés militaire quelques jours avant. Alors qu’il est bon que la narrative russe soit reproduite dans les médias dominants, la vision d’une presse soi-disant indépendante entraîne une certaine confusion dans les rédactions sur la manière de traiter une actualité qui ne correspond pas à l’image d’une Russie ennemie de l’Occident et donne une image déformée qui rend perplexe quant au rapprochement actuel entre l’Union européenne et la Turquie à propos des réfugiés.

Pendant ce temps, autre scène autre scénario, nous voyons que dans les chancelleries des principales puissances européennes, les accusations russes contre la Turquie sont prises très au sérieux. Le Financial Times d’aujourd’hui et d’autres journaux anglais ont parlé du début des bombardements anglais sur la Syrie qui se sont effectués dans la foulée du vote de la Chambre des Communes et qui montrent que les Tornados de l’armée britannique visent spécifiquement les champs pétrolifères syriens. Il est donc apparemment devenu opportun, normal et juste pour les alliés américains de cibler les sources de financement d’EI, alors que c’est ce que font les russes depuis deux mois sous les railleries américaines prétendant qu’ils ne frappaient pas les bonnes cibles.

Gilbert Doctorow est un citoyen américain résidant de longue date à Bruxelles, il est  observateur des affaires russes depuis 1965. Il est diplômé de Harvard College (1967) et titulaire d’un doctorat d’histoire, avec mention, de l’Université Coloumbia (1975)

Traduit par Wayan, édité par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

PDF24    Envoyer l'article en PDF