Un saut dans le golfe du Morbihan pour Elena A. & Michel M. 3/3

Dimanche 19 juin : Larmor Baden
201606_Morbihan25François B. et son aînée Marine font visiter leur toujours nouvelle région à ses deux hôtes. Il y a une année, la famille B. demeurait en Bresse, et c’est pour Mathilde que le déracinement fur le plus douloureux. Elle qui était habituée à vivre dans une ancienne ferme en « pleine nature », entourée d’animaux plus ou moins domestiques (veaux, vaches, chats, etc), se retrouver « coincée » dans une maison de ville récente posée sur un terrain clôturé par un grillage aura été une expérience redoutable, de celles qui forgent une personnalité et lui donne sa colorisation dépressive ou combattive !

L’endroit est tout à fait charmant, et un estaminet hautement touristique s’est bien évidemment installé juste en face du gué. Pour la petite histoire, l’île sise de l’autre côté de ce gué qui est recouvert à chaque marée, île de Berder, est devenue propriété du groupe Giboire qui envisage d’y ouvrir un hôtel de luxe : autant dire que ce havre de paix va dégager fissa pour que les rutilants 4X4 et autres berlines puissent parvenir sur l’île sans risquer ce genre de désagrément.

201606_Morbihan26Les algues sur ces rochers sont comme une chevelure de côte, quand Elena doit se battre contre la sienne qui lui balaye le visage et passe devant ses yeux du fait d’un air marin assez soutenu. Du côté de « la mer », la montée ne se fait pas à la vitesse d’un cheval au galop comme le dit la légende du Mont Saint-Michel mais, toutefois, on peut gager qu’à chaque marré haute il y a des cons qui, s’estimant plus fort que la nature, se retrouvent coincés sur l’île, AH ! AH ! AH

Rien de tel qu’une petite vidéo pour s’imprégner au mieux de l’atmosphère si bien décrite par l’auteur.

201606_Morbihan27Dernière étape avant que François B. ne dépose ses deux amis à la gare de Vannes avec cette ultime regard jeté sur le golf du Morbihan qui est en train de se remplir, éternel mouvement de la vie. Astronomique en l’occurrence, puisque c’est essentiellement la Lune qui est responsable des marées des mers et océans terrestres.

Le drame
François B. et Michel M. se quitteront moins copains qu’à l’arrivée du second, suite à une discussion sur la pédagogie Montessori qui a lieu la veille. En effet, et après que son homme lui en ai causé puisque c’est le domaine dans lequel officie professionnellement François B., Elena A. s’est plongée dans l’étude du sujet, comme à chaque fois qu’elle découvre quelque chose. Elle apprit donc que cette personne, Maria Montessori, qui se targue d’avoir créé une pédagogie très bénéfique à l’enfant, s’était débarrassé de son enfant (qu’elle avait certes eu jeune, à 16 ans) en le fichant dans une ferme. Les raisons d’un tel « abandon » sont de celles que l’on peut comprendre du fait de l’époque, de l’âge de la personne et de la position sociale de la femme au début du XXème siècle.

Cependant, Michel M. fut interloqué lorsqu’il vit son ami de trente ans se raidir lorsque Elena évoqua cette anecdote. Puis, d’un primo raidissement, l’expert montessoriste est passé à une franche vexation : « Bon. Hé bien Elena, si c’est pour parler comme ça de Montessori, je préfère qu’on change de sujet ! ». Le choc fut « violent » pour les deux invités, mais ni l’un ni l’autre ne marquèrent le coup tant était surprenante cette réaction. D’autant plus surprenante qu’elle venait d’une personne qui se montrait jusqu’alors si sûre d’elle, si fière de cette pédagogie qui est devenue sa raison de vivre.

La nuit portant conseil il était clair pour Michel M., au matin, que ce comportement s’apparentait à celui d’une personne sectaire, qui ne supporte pas qu’on la contredise sur certains sujets. Il eût été tellement plus intelligent de simplement répondre qu’en effet, cette histoire n’était guère flatteuse pour Maria Montessori, mais que nous avions tous des cadavres dans nos placards et toussa : monter sur ses grands chevaux comme le fit François B. laissa pour le reste du séjour Elena A. et Michel M. sur leurs réserves.

Rebelote le lendemain, lors d’une anodine discussion sur le comportement ô combien capricieux de Gérard D.
François B. tenait le discours selon lequel ce type n’était pas sympa et qu’il abusait des pauvres personnes chargées par production de lui être agréables. L’exemple fourni par François B. en était la preuve flagrante. En effet, voyant une belle paire de chaussures aux pieds de de son « écuyer » du moment, la star internationale française exigea d’avoir la même. L’écuyer dut se plier sur le champ au caprice ainsi exprimé, et les lui ramener au plus vite. Michel M. rétorqua illico que personne n’était obligé d’accéder à de tels caprices. François B. répondit que c’était ça ou la porte pour le pauvre abusé. « Mais, c’est à la production d’envoyer balader le Gérard D. et de couvrir son employé ; c’est donc la prod’ qui est a blâmer, pas la star » répondit Michel M., dont le ton était hélas monté un peu trop vite  (séquelle probable de cette nuit de sommeil-conseil du comportement de la veille de son ami de trente ans, mais pas que), François B. sembla étonné par la véhémence dont faisait preuve son ami. Trop tard, la crispation était bel et bien là  : « Non, c’est comme pour hier soir : quand on aborde un sujet, il faut aller au fond ! ».

Cette phrase scella la rencontre entre les deux hommes qui se terminera donc sur une note certaine d’amertume. Mais le fait est que le « gurutisme » qui pouvait fort bien expliquer cette attitude intolérante (un comble en l’occurrence !) de la part de François B., adepte absolu de cette pédagogie qui est devenue son travail à temps plein depuis tant d’années, leur était restée dans leur tête, à Elena A. et Michel M.

Qu’importe, l’amitié supporte ou ne supporte pas ce genre d’incident de parcours. Mais s’il y a une chose sûre, désormais, c’est qu’Elena A. n’a plus aucune envie de retourner chez les B. (ni en Bretagne d’ailleurs, à cause d’un climat bien trop frais à son goût). Déjà que le climat la freinait mais là, s’il lui faut en plus se cogner un gars qui ne supporte pas la contradiction, autant de pas s’y exposer, pardi ! Seulement, l’auteur aussi est échaudé. Aussi va-t-il laisser du temps au temps et, tranquillement, regarder de quoi cette relation sera faite par la suite.

En attendant, François B. est mu par un projet majeur dans son existence : il porte « à lui seul » l’ouverture d’une école Montessori dans le centre de vacances de la ville de Vannes. Après mille et unes vicissitudes, de celles qui sont encore plus inévitables dans le social et le scolaire que dans d’autres domaines professionnels, c’est à la rentrée de septembre de cette année que l’école ouvre. À cinquante balais, voilà de quoi commencer d’une très belle façon une nouvelle existence.
Et s’il fallait qu’icelle implique certains changements dans le relationnel, acquis durant les quarante neuf précédentes, ce serait peut-être un tribu inévitable à payer…

201606_Morbihan28Comme un mauvais présage, voici le ciel (Ouest-Nord-Ouest) d’Île de France qui se forma lorsqu’ils arrivèrent chez la brune mie de l’Auteur. Toutefois, Michel M. n’étant pas superstitieux (bien qu’attentif aux signes que la vie, dans son immense neutralité, envoie à qui sait les comprendre), ni n’étant dépendant des personnes qui lui sont chères (ou pas), il gardera de ce périple les impressions qui se dégagent des trois billets qu’il en aura composés : espace, paysages et océan.

201606_Morbihan99Ni plus, ni moinssss

Le voyage en Russie approche : départ le 22 juillet pour Moscou.
Dans un premier temps, quelques jours dans la capitale, notamment chez un couple d’amis des parents d’Elena A., Alexandre & Lydia R. qui possèdent (tout à fait accessoirement :-D) un appartement dans le centre de Moscou.

Lors de cette étape moscovite, Elena A. et Michel M. retrouveront Oleg & Svetlana A….

201607_SvetOlegSvetlana & Oleg A. au Sri-Lanka en janvier 2015 (extraordinaire périple narré dans le bouge).

…avec lesquels ils partiront en direction de la Crimée, véhiculé par l’automobile des deux ci-dessus.

À suivre et youpi !

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